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Tragédie Adnane: Ce que vous ne savez pas!

L’assassinat du petit Adnane a semé la consternation au Maroc. Le débat sur l’application de la peine de mort a refait surface. Bon nombre d’internautes ont  appelé la justice à l’appliquer au présumé meurtrier de Adnane.
Rappelons que la Chambre criminelle de la Cour d’appel de Tanger avait ouvert, mardi 3 novembre courant, le procès du présumé assassin du petit Adnane.
L’audience a dû être reportée au 17 novembre, puis au 11 décembre prochain, faute d’avocats présents à cette première audience consacrée notamment à la consultation du dossier pour défendre le principal accusé, A.H,  un jeune de 24 ans et ses trois complices.
Devant l’ampleur de cette affaire très commentée sur les réseaux sociaux, aucun membre du barreau de Tanger n’a, pour le moment, accepté d’assurer sa défense. Personne ne souhaite voir son nom associé à celui de l’accusé.
En pareil cas, le tribunal désigne d’office  un avocat dans le cadre de l’assistance judiciaire conformément aux dispositions de la loi.
C’est le juge d’instruction qui a décidé de reporter son interrogatoire de deux semaines. Un report notamment justifié par la détérioration de l’état psychique des parents  de la victime, toujours sous le choc.
Dans un reportage  détaillé, notre confrère national «Telquel » dévoile de nouvelles révélations de l’enquête déclenchée à la suite de ce crime sordide ayant coûté la vie au petit Adnane. Nous en rapportons, à peu près fidèlement,  quelques passages.
L’hebdomadaire rapporte qu’avant d’être déféré devant le juge d’instruction, A. H. a été entendu par le Parquet général. Il est poursuivi pour “homicide volontaire sur un mineur”, avec “attentat à la pudeur”.
Ses trois colocataires dont deux frères, sont poursuivis pour « dissimulation d’un crime commis”, et pour “non-dénonciation des faits après avoir reconnu leur ami sur les séquences vidéo largement diffusées dans le cadre des procédures d’investigation ». Les quatre suspects qui sont originaires de Ksar El Kebir, étaient salariés dans la zone industrielle de Tanger.

Filmé à son insu

Signée par le juge d’instruction près la Cour d’appel de Tanger, l’ordonnance de renvoi de l’affaire devant la Chambre criminelle,  indique que le principal accusé était responsable qualité chez l’équipementier automobile Valeo. Le jeune homme a été interpellé dans la nuit du vendredi 11 septembre, soit quatre jours après la disparition d’Adnane Bouchouf, 11 ans. La famille du mineur avait, en effet, avisé les services de police de cette disparition le lundi 7 septembre. C’était avant que les recherches et investigations ne révèlent le caractère criminel de l’affaire.
Les avancées réalisées durant les premières heures suivant la disparition du mineur se sont avérées capitales. Les enregistrements des caméras de surveillance installées par différents commerces de l’avenue Martil, là où l’enfant a été aperçu une dernière fois, donneront les premières pistes de recherche. En parallèle, les diagnostics menés par la police judiciaire, appuyée par les services de la Direction générale de la Surveillance du Territoire (DGST), ont abouti à l’identification du suspect A.H, qui ne résidait qu’à quelques pâtés de maisons du domicile de sa jeune victime.
Interrogé par la police, l’intéressé nie, dans un premier temps, tout rapport avec le jeune garçon. Il a même invité les enquêteurs à inspecter la maison qu’il loue avec trois autres personnes, afin de vérifier la validité de ses déclarations. Mais après avoir confronté A.H. par les vidéos le montrant aux côtés du mineur, il finit par admettre que c’était bien lui qui l’avait attiré à son domicile.

Discrétion avortée

L’instruction menée par le juge Salaheddine Khattabi souligne que, dans l’après-midi du lundi 7 septembre, le principal accusé A .H  a quitté son lieu de travail vers 14 h 30. Il s’est ensuite dirigé vers son domicile pour changer ses habits avant d’aller retirer la somme de 1100 dirhams au guichet de son agence bancaire. C’est dans la rue qu’il croise le jeune Adnane.
L’enquête policière dévoile qu’au début, il l’a suivi de loin, jusqu’à ce qu’il entre dans la boulangerie de l’autre côté de la rue principale. Il s’est approché en lui demandant de le guider vers une crèche proche de son domicile, afin de l’y attirer et abuser sexuellement de lui sans éveiller les doutes des passants, ainsi que celles du mineur”.

L’enfant résiste  à son agresseur

A.H. persuade alors l’enfant qui finit par l’accompagner jusqu’à son domicile. Fait frappant, le suspect ne s’est pas directement rendu à la maison, mais a dépassé de quelques mètres l’enfant, afin de s’assurer que la rue était libre de passants, et donc de potentiels témoins.
Une fois à l’intérieur de la maison, l’enfant comprend les intentions de son agresseur et lui résiste fortement  en essayant de se débarrasser de son emprise, en criant et en demandant de l’aide. Sa tête heurte un pilier en béton de la maison ; son front saigne et sa force s’affaiblit. Cela ne décide pas l’agresseur à lâcher le garçon. Dans la tourmente, le mineur propose désespérément à son impitoyable  agresseur  le billet de 20 dirhams qu’il avait reçu  de son père pour acheter un médicament pour sa sœur, nourrisson.
Rien n’arrive à calmer le bourreau.

Le criminel étouffe le garçon

Le compte-rendu de la police de Bni Makada est poignant : Après avoir terminé (sa sale besogne), A. H. entend frapper à la porte extérieure de la maison ;  il porte sur ses épaules sa jeune victime presque inconsciente et respirant avec difficulté.  Sur la terrasse de la maison, le criminel  enveloppe la tête du jeune garçon dans un sac en plastique puis l’étouffe violemment  en lui serrant le cou avec ses deux mains jusqu’à ce qu’il meurt.

Il camoufle le cadavre de l’enfant avant de l’enterrer

Après s’être assuré de la mort du jeune garçon, l’assassin   enveloppe le corps dans des nattes et le laisse sur la terrasse, hors de la vue de ses colocataires, en attendant le moment  de s’en débarrasser. Il nettoie le sol pour effacer les traces de son abominable crime qu’il ne révèlera pas à ses colocataires.
Tard dans la nuit du lundi 7 septembre, le meurtrier décide d’enterrer secrètement le corps. Il creuse ainsi un profond trou longitudinal  le long d’une clôture, à proximité d’un jardin public non loin de chez lui.
Ensuite, A.H. retourne chez lui vers 4 heures du matin, monte discrètement  à la terrasse, et charge sur ses épaules  le petit cadavre dépouillé de ses vêtements. En descendant l’escalier, il perd l’équilibre à deux reprises et fait tomber le cadavre. Enfin, le criminel parvient à la tombe qu’il préparée et y enterre le défunt Adnane.
En début de matinée, A.H rejoint son travail, comme d’habitude
Dans la soirée de mardi soir, soit 24 heures après le drame, le suspect parcoure les réseaux sociaux. La nouvelle de la disparition du mineur fait déjà le tour des médias. A. H se rend alors  compte que son visage apparaissait dans des vidéos, alors qu’il était en compagnie de l’enfant. Il est pris de panique et tente de changer de physionomie. Il accourt chez le coiffeur et se fait raser  les cheveux et la barbe.
Cela ne servira finalement  pas à grand-chose…

Où commence la complicité ?

A.H. n’informe, évidemment,  pas  ses trois colocataires du crime qu’il a commis. Il va simplement leur demander de garder son identité secrète, au cas où ils seraient amenés appelés à l’identifier sur les vidéos.
Afin de brouiller les pistes, l’accusé envoie un SMS au père de l’enfant disparu, exigeant de lui une rançon d’un million de dirhams. A.H. écrira délibérément quelques mots en dialecte égyptien afin de semer la confusion et le doute sur son identité dans l’objectif de tenter de détourner le cours de l’enquête.
L’instruction est toujours en cours en ce qui concerne les trois supposés complice du criminel, afin de définir avec exactitude le degré de leur complicité.
En attendant, les frères A.B. et M.B., en plus de H.K. sont poursuivis en état d’arrestation.

Autopsie et  aveux sans détours

La police fait un excellent travail, partant des vidéos.
L’accusé finit par craquer et avoue les faits tels qu’ils se sont déroulés. Tout au long de l’instruction préliminaire, il avoue sans détour avoir violé et tué le jeune Adnan.
Le rapport médico-légal corrobore les faits  en confirmant qu’Adnane était mort asphyxié, dans le cadre d’une agression sexuelle. Le médecin légiste relève des traces d’agression physique sur le cadavre exhumé du petit Adnane, ainsi que des traces de l’ADN de l’agresseur au niveau des ongles. Un signe irréfutable de résistance de l’enfant à son agresseur.

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