Lu pour vous dans La Nouvelle Tribune: Que cherche l’Algérie ?

Depuis plusieurs semaines, une situation passablement délétère prévaut entre deux pays voisins, l’Algérie et le Maroc. Cela se traduit par une stratégie de la tension, savamment graduée, mise en place et appliquée par le pouvoir algérien.
En effet, après le rappel des ambassadeurs, la rupture des relations diplomatiques décidée par Alger et la fermeture de l’espace aérien de notre voisin aux aéronefs marocains, on a le sentiment que les deux États, par la volonté expressément affichée du régime du président Tebboune, sont en route vers un inconnu lourd de menaces…
Que cherche l’Algérie, sinon à instaurer un climat de tensions dont personne ne peut prédire quand ni comment il retomberait de lui-même ? Une rapide évaluation de chacune des conjonctures prévalent dans l’un et l’autre pays, permet de comprendre sinon d’expliquer ce que cache le jeu d’Alger.
Le Royaume du Maroc a, durant les derniers mois, réalisé des gains diplomatiques substantiels sur le plan de la préservation de son unité nationale et la défense de ses intérêts stratégiques supérieurs. L’une des avancées emblématiques, n’est autre bien évidemment, que la reconnaissance par les États-Unis d’Amérique de la marocanité du Oued Eddahab et de la Saguiat El Hamra. Une reconnaissance que nos adversaires, quels qu’ils soient, n’ont pu digérer.
Le second acquis, aussi paradoxal que cela puisse paraître, n’est autre que le déclenchement de la crise hispano-marocaine, laquelle crise, soyons-en certains, sera fort probablement résolue dans les semaines à venir, à l’avantage mutuel et réciproque de Rabat et de Madrid. Cette crise est un acquis dans la mesure où, la défiance née de manœuvres hispano-algériennes, s’est finalement retournée contre ses instigateurs.
Troisième élément qui entre dans ce spectre global des avancées du Maroc, la tenue d’élections générales locales, régionales et législatives, avec un taux de participation relativement correct des citoyens, dans le calme et la stabilité, et qui a abouti à l’érection d’une majorité parlementaire et donc gouvernementale forte et homogène.
Désormais, le Royaume dispose d’un exécutif crédible, déterminé et dont la compétence ne tardera certainement pas à s’afficher aux yeux de tous. Malgré la persistance de la pandémie, et grâce aux résultats probants obtenus durant les campagnes de vaccination au Covid 19, les prémisses d’un redressement économique sont réelles, tandis que les objectifs sociaux déterminés par les orientations royales, paraissent de plus en plus réalisables.
Tout ceci ne saurait être ignoré par nos voisins de l’Est qui suivent avec attention et depuis fort longtemps les évolutions intérieures marocaines. Or, le tableau que l’Algérie présente quant à elle, parait beaucoup plus sombre et pétrit de dangerosités. Une crise économique et sociale gravissime, une fronde populaire qui n’en finit pas depuis le déclenchement du Hirak, des échéances électorales boycottées par les électeurs, et un pouvoir qui cache à peine sa nature de dictature militaire, voilà l’état des lieux du côté algérien.
L’Histoire nous enseigne que les régimes en crise ont toujours cherché des boucs émissaires pour cacher leurs erreurs et leurs défaillances. C’est lorsque les choses vont mal sur le plan intérieur que l’on sort le vieil épouvantail de l’ennemi extérieur. Ce qui parait être aujourd’hui, la ligne directrice de la politique officielle algérienne.
Il serait, terriblement dommageable pour les deux peuples et les deux pays, que le pouvoir algérien continue sur cette lancée jusqu’à des aventures extrêmes. Les galonnés d’Alger devraient se remémorer les enseignements de la crise des Malouines, en 1982, lorsque la junte militaire argentine paya très cher le prix de ses calculs erronés au profit d’un soulèvement populaire qui rétablira la démocratie en Argentine.

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