Qui va reprendre les rênes de Bank Al-Maghrib après Abdellatif Jouahri ? Avec la fin
de 2025 et ce début 2026, cette question s’impose avec insistance dans les cercles
économiques et institutionnels. Après plus de vingt-deux ans à la tête de la Banque
centrale, Abdellatif Jouahri s’apprête à quitter ses fonctions, laissant derrière lui une
institution reconnue pour sa stabilité, son indépendance et sa résistance aux pressions
conjoncturelles.

Durant plus de deux décennies, le gouverneur sortant a piloté la politique monétaire
marocaine dans des contextes souvent délicats : crises financières internationales, chocs
inflationnistes, pandémie de Covid-19, ou encore tensions budgétaires internes. Un parcours
marqué par une ligne constante : préserver l’autonomie de Bank Al-Maghrib, parfois au prix
de frictions avec certains cercles gouvernementaux.
À l’heure de la succession, les spéculations vont bon train. Plusieurs noms à
connotation politique ont circulé ces derniers mois, mais selon des sources concordantes,
ces hypothèses seraient largement écartées. En coulisses, le consensus qui se dessine est
clair : le poste de wali de Bank Al-Maghrib ne saurait relever d’une logique de partage
partisan ou de calcul politique.
Les décideurs privilégieraient un profil technocratique rigoureux, doté d’une forte
crédibilité institutionnelle et d’une culture de neutralité. Deux pistes semblent retenues :
une promotion interne parmi les cadres supérieurs de la Banque centrale, ou le choix d’un
haut responsable issu d’une grande institution stratégique de l’État, à l’image des profils qui
ont marqué des établissements comme la CDG.
L’objectif est de garantir la continuité de l’indépendance monétaire et de préserver la
crédibilité de l’institution face aux marchés, aux partenaires internationaux et aux citoyens.
Dans un contexte marqué par l’inflation, la dette et les attentes sociales, la Banque centrale
demeure un pilier sensible de la souveraineté économique du pays.
Au-delà des noms, le débat renvoie à une question de fond : faut-il confier la gestion
de la politique monétaire à une figure politique ou maintenir la tradition d’un leadership
technique, éloigné des cycles électoraux ? Pour beaucoup d’observateurs, le legs de Jouahri
plaide clairement en faveur de la seconde option. La succession du « gardien du temple »
monétaire ne sera donc pas un simple changement de personne, mais un test décisif pour la
capacité du Maroc à préserver l’équilibre entre pouvoir politique et indépendance
institutionnelle.


























