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Survenant en plein confinement : Un Ramadan pas comme les autres

Le coronavirus Covid-19 est un phénomène qui  menace, depuis le 2 mars 2020, les populations du  monde entier, sans distinction de nationalité, de religion, de race, ou de couleur de peau.
En attendant que 800 laboratoires de recherche répartis à travers la planète, actuellement impliqués dans des recherches sur le Covid 19,  aboutissent à la découverte d’un vaccin ou de médicaments efficaces, chaque pays prend, en conformité avec  les recommandations de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) et les directives du département  national de la Santé, des dispositions sanitaires qu’il juge  salutaires pour à
préserver, autant que possible,  la santé et la vie des citoyens.
Ainsi, en plein confinement, le Maroc, à la même enseigne que l’ensemble des pays musulmans, vivra, à partir de ce samedi,  un Ramadan différend de l’accoutumée, avec  rassemblements interdits, port obligatoire de masques de protection, visites familiales abrogées, prières surérogatoires annulées,  mosquées fermées, Omra annulée … entre autres mesures restrictives dictées par la prévention sanitaire et une judicieuse prudence.

«Ce sont des attitudes responsables  et conformes aux principes et aux valeurs de notre religion dans ce contexte d’épidémie», affirme un Imam.
D’autre part , le mois de jeûne étant généralement une période de forte consommation des ménages,  les autorités publiques ont  adapté les horaires d’ouverture et de fermeture des magasins, assurant un approvisionnement largement suffisant en légumes, fruits, viandes, poissons et autres produits spécifiques au mois sacré. La qualité de ces denrées continuera à être contrôlée, rassure-t-on.

 

Le Maroc a cumulé, depuis le 2 mars 2020 et à la date de jeudi dernier à 10 heures,  plus de 3500 cas de contamination au coronavirus, dont 491 dans la seule région de Tanger-Tétouan-Al Hoceima.

Le samedi 18 avril courant, le royaume a décidé une  prolongation d’un deuxième mois de l’état d’urgence sanitaire décrété le 20 mars, impliquant  la reconduction des mesures mises en place dans le cadre de la lutte contre le Covid-19. Cette prolongation coïncide cependant avec l’avènement du mois sacré du Ramadan,  intervenant dans un contexte inédit, qui impacte les prières des «Tarawih » et les
« ftours » (rupture du jeune) en famille. Les mosquées étant fermées et les déplacements limités, les fidèles ne devront pas quitter leurs maisons et faire ainsi leurs prières à domicile.
Certains fidèles,
habitués à voir les mosquées bondées de gens pendant le jour, la nuit, tout le temps, se disent avoir le cœur déchiré, étant accoutumés à passer des heures à la mosquée durant le Ramadan, pour participer aux « tarawihs », ou pour réciter ou  étudier le Coran.
Concernant  la « Omra » du Ramadan, suspendue par les autorités saoudiennes, d’autres Musulmans  déplorent le vide inédit à La Mecque et à Médine,
Le «Hajj »  grand pèlerinage annuel, qui devrait avoir lieu cette année à fin juillet prochain, à l’occasion de l’Aïd Al Adha, est aussi menacé d’annulation, Riyad ayant appelé les pèlerins à suspendre leurs préparatifs de voyage à La Mecque. À l’unisson, les autorités religieuses de plusieurs pays ont soutenu ces restrictions

Un vide inédit à La Mecque                          Photo : DR

De son côté, l’Organisation mondiale de la Santé (OMS), a émis plusieurs recommandations dont voici l’essentiel :
1- Eviter le contact étroit entre les personnes, pour empêcher  la transmission du virus, sachant que le mois sacré de Ramadan est habituellement marqué par des rassemblements sociaux et religieux au cours desquels les familles musulmanes et leurs amis se réunissent pour rompre le jeûne ensemble, après l’iftar ou juste avant l’aube.
2- Annulation de rassemblements sociaux et religieux. Les personnes malades ne doivent pas participer aux rassemblements physiques et, d’une manière générale, on recommande d’éviter absolument les étreintes chaleureuses et d‘adopter le salut de la main sans toucher, le hochement de la tête ou la main sur le cœur.
3-L’OMS recommande des solutions de remplacement virtuelles (télévision, radio, plateformes numériques, médias sociaux), pour éviter l’ennui à domicile.
4- Les malades du Covid-19 devraient ne pas jeûner. Ils doivent suivre les dérogations prévues par la religion, en concertation avec leur médecin.
5- La consommation de tabac est vivement déconseillée quelles que soient les circonstances, en particulier lors de ce mois et pendant la pandémie de Covid-19. Selon l’OMS, il se peut que les fumeurs réguliers aient une maladie pulmonaire préexistante ou des capacités pulmonaires réduites, ce qui augmente fortement leur risque de développer une forme grave de la Covid-19. Un risque accentué par le contact entre les doigts, la cigarette (qui peut être elle-même contaminée) et les lèvres. « Ce qui augmente la probabilité d’entrée du virus dans le système respiratoire », avertit l’OMS.
6- Encourager les mesures d’hygiène : les Musulmans pratiquent des ablutions avant la prière, ce qui est bon pour l’hygiène. Mais pour l’OMS, il faut aussi veiller à ce que les installations pour le lavage des mains soient correctement pourvues en eau et en savon. Il s’agit aussi de mettre à disposition des solutions hydroalcooliques (contenant au moins 70% d’alcool) et des mouchoirs à usage unique ainsi que des poubelles avec sacs jetables munies d’un couvercle, et à veiller à ce que les déchets soient correctement éliminés.
Pour la prière en tant que telle, l’OMS encourage l’utilisation de tapis de prière personnels,
7- Malgré le chamboulement des pratiques sociales, les croyants qui souhaitent faire des dons (« sadaqat » ou « zakat ») doivent respecter les mesures de distanciation physique en vigueur et faire un lavage actif au savon des mains, après chaque opération de remise de dons.
En matière de consommation alimentaire, le mois de Ramadan étant réputé pour ses ‘Chhiwats » (envies), les autorités concernées rassurent :  les marchés sont  largement  fournis en légumes, fruits, viandes, poissons et autres produits ramadanesques comme les dattes, les confiseries traditionnelles (Chebakia ,  briouates). En outre,  les prix sont abordables et stables et la qualité des produits est continuellement contrôlée, explique-t-on.
Néanmoins, selon certains  commerçants, la situation est plutôt calme, côté clients.
«Cela fait 25 ans que je vends des dattes, je n’ai jamais vu ça! Cette crise sanitaire a vraiment impacté le marché et la consommation. Les clients ne viennent plus, le marché est mort», déplore un marchand  de dattes, ajoutant : « En temps normal, à l’approche du mois de Ramadan, la demande connaît un pic, au point que la production marocaine ne suffit pas à la satisfaire ».

En fait, les marchés du royaume ne connaissent pas l’affluence ramadanienne habituelle, sachant que, généralement, en cette période de l’année (de l’Hégire), c’est la ruée vers les commerces des denrées alimentaires qui ont la cote pendant le mois sacré: pâtisseries, féculents, dattes, épices, etc. Cette année, les commerces qui ont fait le plein de marchandises, attendent désespérément des clients qui sont rares. C’est plutôt loin d’être la bousculade coutumière car, avec l’état d’urgence sanitaire, les gens sont méfiants et n’osent pas se déplacer, et le peu de clients qui se présentent  s’en tiennent au strict nécessaire.
Ce peu d’engouement   laisse aussi  planer la crainte par certains consommateurs, d’acheter  des produits exposés à l’air libre, en cette période de propagation du virus Covid 19.
Citons, à ce propos, l’exemple de la ville voisine de Tétouan où, face à la pandémie du covid-19, les autorités ont  pris de nouvelles mesures préventives concernent la commercialisation de « Chebbakia » et autres gâteaux traditionnels spécifiques au mois du ramadan, afin de préserver la santé du consommateur.
Ainsi, entre autres, l’entrée des clients dans  les commerces autorisés à vendre et à préparer ces gâteaux traditionnels, doit s’effectuer à tour de rôle pour pouvoir garantir et respecter la distanciation exigée.
« Nous ne pouvons que saluer ces règles qui  
permettent de mettre un frein à la frénésie des achats qui marque le mois de Ramadan. Cela permet de réguler la présence des personnes à l’intérieur de ces espaces commerciaux, considérés parmi des lieux publics à risque pour la propagation du coronavirus », se félicite une cliente.

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