Souvenez-vous.
Fin 2020, c’était presque hier. Le monde entier semblait suspendu à une même phrase : « Plus jamais ça ». On parlait d’adieux, de peurs collectives, d’un lendemain incertain. On espérait la fin d’une année qualifiée de maudite, chargée de pertes douloureuses, d’isolement, d’insécurité et de silences pesants. On attendait la nouvelle année comme on attend un salut.
« Après la pluie, le beau temps », disait-on, pour se rassurer.
Mais les années ont passé.
2021, 2022, 2023, 2024, 2025… et aujourd’hui 2026.
Les 31 décembre se sont enchaînés à la même seconde : 23h59mn59s. L’horloge a
sonné minuit. Le calendrier a tourné une page. Les chiffres ont changé.
Le reste, lui, est resté presque intact :
– Les mêmes comportements.
– Les mêmes injustices.
– Les mêmes violences, parfois plus visibles, parfois plus sournoises.
– La même indifférence face à la souffrance de l’autre.
Tout simplement, les douze coups de minuit ne sont pas un tour de baguette
magique.
Comme le dit un proverbe africain : « Ce n’est pas parce que le tambour change de peau que le rythme change. »
Nous avons trop souvent cru que le changement viendrait d’une date, d’un discours,
d’une promesse ou d’un slogan. Nous avons attendu que le monde change, sans nous
demander quelle part de ce monde nous représentons.
Or, le véritable changement n’est ni sur le calendrier ni dans les discours de fin
d’année.
Le changement, c’est toi, humain !
– C’est ton regard sur l’autre.
– C’est ta façon de parler, d’agir, de respecter.
– C’est ton rapport à la vérité, à la responsabilité, à la solidarité.
– C’est ton éducation morale, bien avant ton niveau d’instruction.
Gandhi disait : « Soyez le changement que vous voulez voir dans le monde. »
Cette phrase, répétée mille fois, reste pourtant l’une des plus difficiles à appliquer car :
– Il est plus simple d’accuser le système que de s’interroger soi-même.
– Plus facile de dénoncer la corruption que de refuser un petit avantage injuste.
– Plus confortable de réclamer la paix que d’apprendre à maîtriser sa propre
violence.
« La charité bien ordonnée commence par soi-même », dit le dicton.
Le changement aussi !
Avant de vouloir réparer le monde, il faut commencer par réparer ce qui est à notre
portée :
– Notre comportement quotidien
– Notre honnêteté
– Notre humanité.
Le monde n’est rien d’autre que le reflet agrandi de nos choix individuels.
2026 ne sera fondamentalement pas différente de 2025.
Ni meilleure, ni pire.
Elle sera exactement ce que nous déciderons d’en faire.
Car le temps ne change rien à lui seul.
Ce sont les êtres humains qui donnent un sens aux années.
Et si cette fois, au lieu de souhaiter une bonne année, nous décidions enfin d’être de meilleures personnes ?


























