Lutte contre le Covid-19 Beaucoup d’incertitudes au sujet du variant « Omicron »

Dans notre précédente édition, nous avions nourri l’espoir de pouvoir  répondre, à travers une série d’analyses d’experts et  scientifiques Marocains et étranges,  échelonnée sur plusieurs semaines, répondant à la question suivante : « Quand le Covid 19 sera-t-il derrière nous ? ».
Hélàs! à peine deux jours plus tard, notre élan a été spontanément  stoppé par une amère réalité, en provenance de l’Afrique du Sud,  nous révélant, comme au monde entier,  que l’épidémie du Covid 19 était, encore, plus que jamais, présente parmi nous sur Terre, cette fois à travers un cinquième variant, plus redoutable que les précédents, aussitôt classé « inquiétant  et  appelé « Omicron » par l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS).
Ce variant a été identifié le 22 novembre en Afrique du Sud, à partir d’un échantillon prélevé sur un patient le 9 novembre.

Les virologues sud-africains ont agi rapidement et en ont  informé l’Organisation Mondiale de la Santé, le 24 novembre 2021,  conformément  à la Règlementation sanitaire internationale qui fixe les directives selon lesquels les pays sont censés réagir dans un tel contexte.
La façon dont se comporte ce nouveau variant n’est toujours pas claire. Certains spécialistes ont affirmé que le taux de croissance des infections par Omicron, qui reflète sa transmissibilité, pourrait être encore plus élevé que celui du variant Delta. Cela reste à prouver, mais si c’est le cas, il s’agit d’une information préoccupante.
Au vu des nombreuses incertitudes qui entourent la dangerosité et la transmissibilité de ce nouveau variant, plusieurs scientifiques s’accordent à dire qu’il est essentiel de renforcer la couverture vaccinale dans le monde, partant du constat  que deux tiers  des personnes atteintes par le nouveau variant du Covid-19 ne sont pas vaccinées.
On confirme, en effet, que le variant Omicron, a été détecté dans une province peuplée qui concentre 80% de l’ensemble des cas de coronavirus dont la vaccination ne dépasse pas encore 24% de la population locale.
Les scientifiques indiquent que, bien que les effets des vaccins actuels sur le variant Omicron ne soient pas précis, il est probable qu’ils confèrent un certain niveau de protection contre
ce nouveau variant.
Selon l’expert marocain en réanimation et membre de la commission technique et scientifique de lutte contre le Covid-19, Said Moutawakil, le variant sud-africain Omicron se propage rapidement et pourrait limiter l’efficacité du vaccin.
Le Dr Moutawakil qui se veut néanmoins, du moins pour le moment, relativement rassurant, ajoute que le gouvernement marocain  a pris un ensemble de mesures afin d’éviter l’entrée de ce nouveau  variant au Maroc, en empêchant les voyageurs en provenance d’Afrique du Sud d’entrer sur le territoire national, prévenant qu’en cas de propagation de ce variant au Maroc, les autorités seront obligées de durcir les mesures, avec la possibilité de revenir au couvre-feu. Il a aussi  insisté sur le fait que les citoyens doivent s’engager davantage  dans la campagne de vaccination.
Se voulant formel, dans une analyse intitulée « Le nouveau variant Sud-Africain : Inquiétude et Vigilance », le médecin et chercheur en politiques et systèmes de santé, le Dr Tayeb Hamdi a affirmé, de son côté, que :  » Le Maroc a déjà pris les mesures nécessaires pour réduire le risque d’importer des cas du nouveau variant du coronavirus Omicron, ajoutant,  néanmoins, que :  « si confirmé, ce risque  finira par toucher toute la planète. ».
De son avis, seul le respect des mesures barrières permet d’étouffer les cas importés et de ralentir la propagation des virus en attendant de protéger la population par plus de vaccination. Se disant en faveur de plus de vigilance, grâce à une vaccination rapide, complète et généralisée, l’expert a affirmé qu’il s’agit de la « seule arme disponible à ce jour pour réduire le risque de l’émergence de nouveaux variants » et du « chemin le plus rapide vers le retour à la vie normale et la fin de cette pandémie ».
Évoquant les scénarios possibles à l’échelle planétaire, le Dr Hamdi a averti que, si  le nouveau variant s’avère légèrement plus transmissible que Delta, qui est le dominant actuellement, la situation ne devrait pas connaitre un changement notable, alors que si la transmissibilité atteint 50% ou plus que Delta, le monde fera face à de nouvelles vagues très fortes, surtout dans les pays sous vaccinés. Côté virulence, si Omicron s’avère plus transmissible et moins virulent que Delta (peu probable mais possible), ce variant prendra la place de Delta avec des vagues moins graves et moins de décès, a-t-il argumenté.
Concernant l’efficacité des vaccins contre le variant Omicron, le  Dr Hamdi avance qu’ aucune réponse définitive ne peut être apportée actuellement et que les premières réponses seront disponibles dans deux semaines.
Pour ce qui est de la résistance aux anticorps, l’expert a poursuivi que si le variant déjoue effectivement l’immunité, les laboratoires et les chercheurs devraient adapter leurs vaccins pour lui faire face et ça prendrait quelques mois.
A ce propos, un petit brin d’espoir émane du laboratoire Pfizer qui a indiqué être en mesure de développer un vaccin efficace contre ce nouveau variant, mais en une “centaine de jours”.
D’ici là, il va falloir se prémunir et s’armer de prudence et de patience afin d’en sortir avec le moins de dégâts possible.
En attendant, face aux incertitudes liées à la dangerosité et à la transmissibilité du variant Omicron du Covid-19, plusieurs pays dont le Maroc,  ont décidé de prendre leurs précautions et de fermer leurs frontières aériennes et maritimes, quoique cette mesure ne fait pas l’unanimité au sein des grandes institutions internationales qui considèrent que la fermeture des frontières n’est pas la meilleure solution pour arrêter la propagation d’Omicron.
Le Dr Tayeb Hamdi revient pour nous expliquer que le Maroc se trouve face à une équation à plusieurs variables, considérant que la mesure prise par le Royaume  de fermer ses frontières à cause de ce variant, appelé Omicron, intervient pour préserver les acquis du Maroc en matière de lutte contre la pandémie.
Dans tous les cas, le variant Omicron doit être pris au sérieux, car ses caractéristiques sont inquiétantes. Mais nos connaissances actuelles à son sujet sont encore largement lacunaires. Tandis que sont entreprises des analyses plus approfondies, il convient de le surveiller en permanence, et de contrôler sa dissémination en appliquant le triptyque de mesures de santé publiques désormais bien connu : tester, tracer, isoler.
Ce qu’il faut retenir, c’est que les vaccins demeurent le principal pilier dans la protection contre les effets les plus graves du COVID-19. Bien que leur degré d’efficacité contre le variant Omicron ne soit pas encore clair, il est probable qu’ils confèrent au moins un certain niveau de protection.
La persistance de la pandémie de Covid-19 est en partie attribuable à une couverture vaccinale inégale dans de nombreuses régions du monde, notamment dans les pays les moins développés où 7,2 % de la population sont vaccinés.
Une aide internationale plus importante est nécessaire de toute urgence pour améliorer ces taux de vaccination, ce qui serait profitable à toute la Planète.

 

Dr Abdelhak BAKHAT

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