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Tanger, 21, 22 et 23 mai 2021: 1er congrès sur la médicalisation du Cannabis Gros avantages thérapeutiques et économiques… et menus calculs politiques

En 2015, le parti de l’authenticité et de la modernité (PAM)  avait déposé un projet de loi pour la légalisation du Cannabis à usage thérapeutique et industriel. Mais, le parti de la justice et du développement (PJD) s’y était opposé tant au niveau du Conseil du gouvernement que du Parlement.
Ce projet qui a rampé six ans durant, est ressorti des tiroirs au courant de ce 1er trimestre 2021.

On est mercredi 28 avril 2021. Après un débat général houleux qui a duré plus de six heures, sous la coupole du parlement, les députés de la commission de l’Intérieur doivent statuer sur le projet de loi 13.21 relatif aux usages du cannabis à des fins thérapeutiques.
Le ministre de l’Intérieur souligne l’urgence de l’adoption de la nouvelle législation
qui, dira-t-il, a accusé un grand retard ;  «Le temps n’est pas en notre faveur. Nous sommes déjà en retard. Dans trois ans, même si on voudrait légaliser le cannabis pour d’autres raisons, ça ne servirait, peut-être, plus à rien», a indiqué Laftit,  insistant sur la nécessité de se serrer les coudes en vue de sortir le texte au plus vite, afin d’attirer des investisseurs qui accompagneront le Maroc dans la mise en œuvre de ce projet.
Alors que l’ensemble des députés concernés adhèrent au projet, seul contre tous, le groupe parlementaire du Parti de la justice et du développement (PJD) oppose son niet catégorique à l’accélération du processus législatif du projet de ladite  loi. Le parti de la Lampe  est alors accusé de vouloir entraver le processus d’adoption du texte qui est plébiscité par tous les autres groupes parlementaires, ne voyant pas les choses du même œil et reniant, sans justification plausible,  le  fait positif et rentable  que le cannabis peut effectivement servir à des usages médicaux, pharmaceutiques et industriels, outre le fait de couper la route aux trafiquants de stupéfiants.
En fait, la position du PJD trouve son origine chez l’ex-patron du parti islamiste, Abdelilah Benkirane qui a menacé de quitter définitivement le parti, pour constituer avec ses partisans, un nouveau parti, si les parlementaires adoptent le projet de loi sur la légalisation du cannabis, ce qui a fait craindre une scission au sein du parti de la Lampe, à la veille des législatives.
Pourtant, le projet s’avère intéressant dans tous ses aspects sachant, qu’
outre  son aspect scientifique, ce nouveau dispositif  verse aussi dans le social à travers  la mise en place de plans d’accompagnement des paysans vivant de cette culture  pour les sortir de la précarité et de l’illégalité.
C’est pour cela les incompréhensibles  menaces,  apparemment injustifiées  de Benkirane,  ont  suscité la colère de dirigeants et de ministres du PJD, estimant que cette sortie tonitruante est beaucoup plus psychologique que politique. Plusieurs ont affirmé qu’ils respectaient Benkirane mais qu’ils étaient agacés par ses sorties intempestives basées sur des banalités et de fausses prétentions, considérant, plutôt, que l’homme n’a jamais digéré la façon dont il a été évincé de la primature et du secrétariat général du parti. C’est pour cela qu’il n’a pas cessé de couper l’herbe sous les pieds de ses «frères» et, surtout ceux  de son supposé ami Saâdeddine El Othmani qui l’a remplacé dans les deux fonctions.

Toujours est-il que, bon gré, mal gré, et au-delà de tout calcul politicard injustifiable, le projet de loi 13-21 a été finalement approuvé le vendredi 21 mai 2021, en commission de l’Intérieur, à la majorité de 20 voix contre 3. Seul le Parti justice et développement (PJD) s’est prononcé contre. Cela ne change rien au cours des événementd.

Cette première étape franchie a donné lieu au Bal de Tanger où se sont croisés, le weekend dernier, dans un grand palace de la ville, plusieurs experts, spécialistes, chercheurs universitaires et professionnels dans différents domaines (médecine, écologie, économie et industries pharmaceutiques), dans le cadre du 1er Congrès marocain sur l’utilisation des dérivés du cannabis, organisé du 21 au 23 mai, sous le thème « Y a-t-il des limites à la recherche scientifique sur les dérivés du cannabis? », par l’association marocaine consultative d’utilisation du cannabis, en partenariat avec le ministère de la Santé et la Confédération générale de entreprises du Maroc (CGEM) .

Lors de la phase d’approbation de la loi 13.21, le ministre de l’Intérieur, Abdelouafi Latit  s’est dit  ouvert aux amendements des groupes parlementaires pour améliorer le projet de loi, qui contribuera, dira-t-il, au développement de la région du Rif.
Laftit a tenu à préciser que ce texte n’entend pas dépénaliser l’usage «récréatif» du cannabis, mais qu’il vise plutôt à encadrer les activités liées à la culture du cannabis, sa production, sa fabrication, son transport, sa commercialisation, son export et son  import à des fins médicales et thérapeutiques.

« On s’attend  à ce que la légalisation du cannabis permette de sortir la région du Rif de son isolement économique » a conclu le ministre.
De son côté, un  député est  intervenu  pour rappeler aux récalcitrants que les recettes des impôts sur les cigarettes ou l’alcool servent à payer les salaires et les indemnités des fonctionnaires, estimant qu’ il faut mettre fin à ce qu’il a appelé l’hypocrisie juridique et donner un coup de fouet au développement d’une région qui a été pendant longtemps marginalisée.
Un autre parlementaire a appelé à saisir les opportunités économiques et sociales qu’offre cette nouvelle législation qui ouvrira de nouvelles perspectives à la région du Nord et opérera une véritable rupture avec la situation actuelle : «Aucun développement n’est possible sans des lois qui s’adaptent à la réalité. Depuis l’indépendance du Maroc, cette question devait être résolue», a-t-il indiqué.

Toujours est-il qu’en dépit du frein que le PJD a tenté d’actionner , et au-delà de tout calcul de politicards mal inspirés,, le projet de loi 13-21 a été finalement approuvé le vendredi 21 mai 2021, en commission de l’Intérieur, à la majorité de 20 voix contre 3. Seul le Parti justice et développement (PJD) s’est prononcé contre.
Telle a été aussi la position, sans effet, de ce parti,  lors de la séance plénière consacrée lundi dernier, au vote global et définitif du même texte de loi.
Cette première étape franchie a donné lieu au grand événement de Tanger où se sont rencontrés, le weekend dernier, dans un grand palace de la ville, plusieurs experts, spécialistes, chercheurs universitaires et professionnels dans différents domaines (médecine, écologie, économie et industries pharmaceutiques), dans le cadre du « 1er Congrès marocain sur l’utilisation des dérivés du cannabis », organisé du 21 au 23 mai, sous le thème « Y a-t-il des limites à la recherche scientifique sur les dérivés du cannabis? », par l’Association marocaine consultative d’utilisation du cannabis,  sous l’égide du ministère de la Santé, en collaboration avec la Confédération générale des entreprises du Maroc (CGEM).

Cette rencontre de haut niveau scientifique et économique, était  l’occasion de définir la terminologie « cannabis », et ses dérivés autour d’une utilisation de ce produit dans le domaine de la Santé.
Après avoir consacré la première journée du vendredi 21 mai  à une visite aux champs de culture du Cannabis dans la province de Chefchaouen où ils se sont entretenus avec les exploitants de ces terres sur  les usages licites du cannabis à des fins  médicale, cosmétique et industrielle et sur la nouvelle loi structurant ces activités, les participants au congrès ont consacré  la deuxième journée a une série d’interventions, modérées de main de maître par  l’excellent  journaliste Mohammed Berrara qui a donné la parole, en premier, au  Professeur Rabii  Redouane, président de l’association organisatrice de la rencontre. Cet expert  a ouvert la première séance des travaux  par un mot de bienvenue dans lequel il a tenu a remercier l’ensemble des invités présents, situant le congrès dans le prolongement de «la décision du  gouvernement marocain ciblant  des problèmes sociaux bien déterminés dans  une région bien déterminée », dira-t-il, ajoutant que « l’objectif est de mettre en exergue l’importance de la légalisation du cannabis et ses répercussions positives sur l’utilisation de cette plante et ses dérivés dans le domaine sanitaire ».

Se référant à une étude réalisée par son association, le Président Redouane Rabii révèle que 86,4% des Marocains approuvent l’utilisation du cannabis à des fins thérapeutiques et  87,4% sont convaincus  que la légalisation du cannabis aura un impact positif sur la vie des agriculteurs, ce qui  permettra un développement économique et social dans les régions où la plante  est cultivée, outre l’aspect médicinal  profitable à l(humanité ».
Ensuite, la représentante du ministère de la Santé, la Professeure  Bouchra Meddah , responsable de la direction des médicaments et de la pharmacie (DMP) , a précisé, quant à elle,  que le traitement du cannabis en tant que plante médicinale  relève de la Santé publique.
Donnant  lecture à un message du secrétaire général de son ministère, Abdelilah Boutaleb, i’intervenante a fait le point sur les diverses politiques nationales menées en matière de lutte et de  prévention  contre les drogues.
On apprendra, ainsi, que l’ensemble de ces politiques étalées sur des décennies ont connu des évolutions notables et bénéficié à plusieurs générations.
L’oratrice a mis en exergue les vertus des dérivés du cannabis dans la médecine et dans d’autres secteurs.
Pour sa part, le président de l’Université Abdelmalek Essaadi, Bouchta El Moumni , a souligné l’importance  de la place tenue par la région Tanger- Tetouan-Al hoceima dans la  culture du cannabis, et salué  le rôle pionnier que les chercheurs de l’université Abdelkmalek  Essadi jouent dans le processus de compréhension des enjeux afférents  à cette nouvelle branche. Le Doyen El Moumni  estime que l’intérêt  de la transformation du cannabis est maintenant  clair  et que les recherches dans ce sens, seront évolutives
S’agissant du président de la CGEM de la région Tanger-Tétouan -Al Hoceima,  Adil Rais, qui a apporté un éclairage sur le volet économique afférent à la culture et la transformation du cannabis , l’intervenant estime que la décision qui avance sur le terrain de la  libéralisation du cannabis relève d’une vision réaliste du gouvernement dont l’un des objectifs est d’accompagner les populations concernées.
« C’est une opportunité pour créer une nouvelle industrie de transformation permettant de valoriser le cannabis, et améliorer  les conditions de vie de 60.000 personnes engagées dans cette culture », estime le président Raïs.
Le Pr Abderrahmane Marzouki, quant à lui, considère que les sciences  médicinales dérivée  du cannabis sont indiscutables, et l’effervescence que suscite le marché du cannabis médicinal sur le plan international en est la preuve.
« Le Maroc, avec le projet de loi 13.21 vise à consolider son arsenal juridique et créer un écosystème favorable pour profiter de la manne économique que le marché du cannabis médicinal drainera,  indique le Pr Marzouki, ajoutant que l’initiative de l’association marocaine consultative de l’utilisation du cannabis a pour objectif d’accompagner le gouvernement dans le processus de la légalisation du cannabis médicinal.
« L’organisation de ce congrès réunit  scientifiques et industriels pour le partage du savoir autour de la plante et ses potentialités et élaborer des idées et plans d’action avec les industriels pour la réussite de ce projet national » rappelle  l’intervenant.

D’autre part, dans une interview accordée à notre heddomadaire,Le Journal de Tanger,  le Pr Abderrahmane Marzouki a indiqué que cette rencontre est d’une importance capitale : « elle s’inscrit dans le prolongement de l’évolution du débat sur la question du cannabis. Les experts et scientifiques présents à ce congrès explorent les possibilités de l’utilisation thérapeutique du cannabis, et ainsi faire profiter notre pays de cette manne », dira-t-il, ajoutant :. «  Partout dans le monde actuellement, on observe l’adoption de nouvelles approches et des réglementations sur le cannabis. Ces changements sont accompagnés de réflexions basées sur des faits et des réalités scientifiques. Notre pays  qui s’inscrit dans cette mouvance ne peut pas se passer des réflexions et débats scientifiques sur le sujet » dira encore le Pr Marzouki.
Questionné sur le choix de la ville de Tanger pour abriter la rencontre, notre interlocuteur estime que Tanger est la capitale de la région du nord et ce n’était donc que logique que cette rencontre s’organise ici.
« Par ailleurs, il ne faut pas oublier que l’essentiel, si ce n’est la totalité de la culture du cannabis est réalisée dans la Région Tanger –Tétouan- Al Hoceima. C’est d’ailleurs l’une des raisons pour lesquelles nous avons effectué une descente sur le terrain pour toucher du doigt la réalité » dira-t-il.
A propos de ses propres travaux sur le cannabis, le Pr Abderrahmane Marzouki explique que ses recherches sont très diversifiées.
« Je m’intéresse particulièrement aux aspects ethnosociologiques et  médicinaux.  Mes récents  travaux portent, par exemple, sur les effets sur la vision, l’obésité, etc. », dira-t-il.

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Ce que prévoit la Loi 13-21

sur la légalisation de l’usage légal du cannabis

La loi sur la culture du cannabis à des fins thérapeutiques et industrielles a été adoptée le vendredi 21 mai 2021, en commission de l’Intérieur, et à la majorité de 20 voix contre 3. Seul le PJD (Parti justice et développement) s’est prononcé contre.
Outre l’aspect scientifique, ce nouveau dispositif appelle à la légalisation du Cannabis et à la mise en place de plans d’accompagnement des paysans vivant de cette culture  pour les sortir de la précarité et de l’illégalité.
Cette  loi prévoit, dans ses dispositions, la création d’une Agence nationale spécialisée, seule intermédiaire en charge de l’achat et de la vente de la plante du Cannabis, entre  les producteurs  de la plante  et  les  sociétés industrielles chargées de sa transformation  à des fins médicinales.
Un décret du chef du gouvernement sera adopté plus tard pour circonscrire les superficies de la culture du cannabis à six zones à travers le royaume.
En dehors de ces zones situées dans le nord du Maroc, la culture du kif sera strictement interdite, sachant que l’usage à des fins récréatives demeure  interdit au Maroc.
Le chiffre d’affaires qui sera généré par cette commercialisation à des fins médicales est estimé à « plusieurs milliards de dirhams.
Le nombre total de personnes cultivant actuellement le cannabis a été recensé à environ « 400.000 Marocains et 60.000 familles vivant de cette culture ».
Quant à la superficie totale de la culture du cannabis, le gouvernement la chiffre à « 73.000 hectares », alors que les recettes illicites du trafic de cannabis sont estimées à un montant de 5,2 milliards de dirhams.
Cette première législation du genre au Royaume intervient au lendemain du reclassement du cannabis par une commission des Nations unies. Après l’examen d’une série de recommandations de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), la Commission des stupéfiants des Nations unies (CND) a décidé  de retirer le cannabis du tableau IV de la Convention unique sur les stupéfiants de 1961 – où il figurait aux côtés d’opioïdes mortels et addictifs spécifiques, dont l’héroïne, reconnus comme ayant peu ou pas d’objectifs thérapeutiques.

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Le cannabis, de l’usage récréatif, à la transformation industrielle

La présentation d’une étude sur le cannabis a révélé  que 42% des personnes interrogées ont reconnu avoir déjà consommé du  cannabis alors que 78% apprécient  sa transformation à des fins médicales.

Aujourd’hui, le projet qui est posé sur la table des responsables concernés,  a pour objectif de  changer le cannabis, pour en faire un produit à usage médical.

Légalisé dans plus de 50 pays à travers le monde, le cannabis a récemment été retiré par l’Organisation des Nations Unies (ONU),  de la liste des stupéfiants.

Ce changement de paradigme a ouvert la voie à la recherche scientifique et à l’usage médical de cette plante dont les composants se sont avérés efficaces dans le traitement de nombreuses maladies. En particulier pour des maladies neuro-dégénératives, inflammatoires ou encore des soins palliatifs pour les cancers.

En plus de la recherche et de la science, l’utilisation du cannabis à usage thérapeutique peut avoir un impact économique pour  l’économie des producteurs du secteur.

En effet, les agriculteurs qui cultivent les champs de cannabis le font sur des terres pauvres où peu de choses poussent en dehors du cannabis.

Le nouveau  projet de loi, en plus de constituer un levier pour désenclaver certaines régions, pourrait aussi bénéficier aux  patients.

Le Maroc a donc, tout à gagner sur le plan médical mais aussi sur les plans économique et social.

Dans le cadre d’un marché structuré, les retombées, aussi bien pour les producteurs que pour l’Etat seront substanciels,  mais aussi bénéfiques aux patients souffrant de maladies chroniques.

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Cannabis médical :

Un marché mondial en ébullition  

Le marché mondial du cannabis à usage thérapeutique est en pleine ébullition. Il devrait croître de plus de 20% annuellement et peser  près de 57 milliards de dollars d’ici 2026. Une aubaine pour le Maroc qui a décidé de légaliser cette culture à des fins médicales.
C’est désormais officiel : le Maroc a légiféré sur le cannabis
Le marché mondial du cannabis à usage thérapeutique est en pleine ébullition. Il devrait croître de plus de 20% annuellement et peser  près de 57 milliards de dollars d’ici 2026.
Il s’agit d’une véritable aubaine pour le Maroc, qui compterait près de 400.000 personnes et 60.000 familles vivant de cette culture, essentiellement dans le nord du Royaume, et une superficie totale dédiée à la culture du cannabis, estimée à 73.000 hectares.
Le Maroc rejoint ainsi  une liste déjà composée d’une cinquantaine de pays ayant légalisé l’usage du cannabis à des fins thérapeutiques, comme le Canada, l’Uruguay, le Chili, le Brésil, l’Allemagne, les Pays-Bas, l’Australie, la Suisse, Israël, outre certains Etats américains comme la Californie et le Colorado.
Sur le continent africain, quatre pays ont légalisé l’usage du cannabis médical: le Lesotho, l’Afrique du Sud, le Zimbabwe et le Rwanda.
D’un point de vue scientifique, le cannabis médical est obtenu à partir des plantes « Cannabis Sativa » et « Cannabis Indica ». Il contient trois principaux composés actifs à savoir, le cannabidiol (CBD), le tétrahydrocannabinol (THC) et le cannabinol (CBN).
Par rapport au cannabis récréatif, le cannabis médical a une quantité inférieure de THC et un nombre plus élevé de CBD, ce qui offre des avantages thérapeutiques aux patients et aide à conserver les effets antipsychotiques. Le cannabis thérapeutique est généralement prescrit aux patients atteints de cancer, d’épilepsie, de stress post-traumatique ou de maladies dégénératives.
En décidant de légiférer sur le cannabis médical, le Maroc pourrait profiter des retombées générées par un marché mondial en plein boom, qui affiche des taux de croissance à deux chiffres.
Ces dernières années, en effet, le business mondial du cannabis médical a considérablement augmenté. Selon le groupe Imarc, une société d’études de marché de premier plan, les perspectives pour ce marché sont très prometteuses. Une étude de marché, intitulée Medical Cannabis Market, évalue le marché mondial du cannabis médical à 16,5 milliards de dollars en 2019. Il devrait croître de 22,9% annuellement entre 2019 et 2024, pour atteindre une valeur de 44,4 milliards de dollars d’ici 2024.
Une autre étude, celle d’Adroit Market Research, estime que le marché du cannabis médical pourrait atteindre 56,7 milliards de dollars en 2026. Les perspectives de croissance sont donc bien réelles et pourraient être bien plus élevées encore si la légalisation s’étendait à de nouveaux pays.
Des entreprises pionnières sur ce marché, comme la société canadienne Canopy Growth, affiche une hausse vertigineuse de leur chiffre d’affaires, passant de 78 millions à 438 millions de dollars canadiens entre 2018 et 2020. Pour la société Aphria, un autre géant mondial du cannabis, le chiffre d’affaires affiche une croissance de + 1.368 % sur 3 ans, pour s’établir à 543 millions de dollars canadiens.
Ce business florissant attire d’ailleurs de plus en plus de capitaux privés qui investissent des dizaines de millions de dollars dans la filière. Au Lesotho par exemple, petit pays enclavé d’Afrique austral qui a été le premier pays du continent à légaliser le cannabis médicinal, les investissements des multinationales américaines, canadiennes et britanniques, se multiplient. C’est le cas en particulier de l’entreprise Medigrow qui y a investi pas moins de 17,4 millions d’euros.
Le Maroc ne devrait pas être en reste. Le chiffre d’affaires qui sera généré par la commercialisation du cannabis thérapeutiques est estimé à plusieurs milliards de dirhams.
Au Maroc, plusieurs investisseurs internationaux seraient déjà prêts à investir dans cette filière au  royaume, Des délégations allemande, suisse, américaine, israélienne se sont déjà montrées intéressées  d’investir dans le secteur du Cannabis, créer des usines et générer une  valeur ajoutée et des postes d’emploi.

 

Dr Abdelhak BAKHAT

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