par le Docteur Abdelhak BAKHAT
Quels seraient les favoris pour remporter la Coupe du Monde de football 2022 dont les compétitions se déroulent du 20 novembre courant au 18 décembre prochain au Qatar ?
A la veille du coup d’envoi de la compétition, la société britannique d’analyse sportive « Opta Analyst » a dévoilé ses statistiques, s’appuyant sur les récentes performances des équipes en lice
Selon « Opta Analyst », les pays qui ont une chance de porter le titre sont cités dans l’ordre suivant : Brésil (16,3% de chance), Argentine (13,1%), France (12%), Espagne (8,9%) et Angleterre (8,8%).
Concernant le Maroc logé dans le groupe F avec la Belgique, la Croatie et le Canada, « Opta Analyst » estime que, face à ces adversaires de taille, les chances des Lions de l’Atlas sont nulles et que le Maroc n’a quasiment aucune chance de remporter la Coupe du monde de football 2022. Le pays est crédité de 0,3% de chance de victoire seulement.
Plus précisément, la sélection nationale conduite par Walid Regragui aurait 0,3% de chance de remporter le Mondial, ce qui la situe à la 22ème place du classement des nations favorites pour le sacre final. Les Lions de l’Atlas ont 9,8% de chance d’atteindre les quarts de finale, 3,3% de se hisser en demi-finale et 1,1% d’être l’une des deux équipes finalistes.
Sur le continent africain, seul le Sénégal se place devant le Maroc dans ces prédictions (1,1%, 14ème). Le Maroc est suivi de la Tunisie (0,2%, 26ème), du Cameroun (0,2%, 27ème) et du Ghana (0,1%, 29ème).
Malgré ces données peu réjouissantes mais réalistes, certains professionnels pensent que le Maroc peut être l’outsider de la Coupe du monde.
C’est notamment le cas d’Adnan Hamad, le sélectionneur de l’équipe de la Jordanie qui a déclaré, dans une interview accordée à la chaine de TV « Al Jazeera », être persuadé que les Lions de l’Atlas passeront la phase de groupe. : « L’équipe marocaine est considérée comme la meilleure équipe arabe évoluant dans la Coupe du monde du Qatar. Elle compte 20 joueurs professionnels issus des grands championnats européens. Dans les éliminatoires, le Royaume est passé haut la main. Je crois que l’équipe marocaine a le meilleur ensemble de joueurs, et l’opportunité est entre leurs mains d’être l’outsider du tournoi » dira-t-il
En fait, l’objectif de l’équipe marocaine, l’une des premières à s’être qualifiée pour le Mondial 2022, serait d’atteindre, au moins les quarts de finale, réitérant ainsi, son exploit de 1986 au Mexique où elle avait atteint les huitièmes de finale comme première de son groupe. Mais cela risque, cette fois, de ne pas être facile dans un groupe où la Belgique, quoique moins forte, dit-on, qu’en 2018, semble être le favori et même l’une des quatre meilleures équipes de la compétition.
Toujours est-il que, pour atteindre les quarts de finale, cela suppose que l’équipe nationale devra passer la phase de groupe et les huitièmes de finale. La déception serait grande pour les Lions de l’Atlas qui comptent d’excellents joueurs comme Achraf Hakimi, Youssef En-Nesyri, Sofiane Boufal, Amrabat ou Yassine Bounou, s’ils n’arrivaient pas à atteindre ce niveau de la compétition. Il faut aussi reconnaître que les adversaires d’en face sont coriaces.
A ce propos, intervenant sur « Radio Voltaire », le milieu de terrain de 25 ans, Selim Amallah, un joueur qui fait la différence au sein de l’équipe nationale, est revenu sur les contre-performances du Maroc en coupe d’Afrique au Cameroun, soulignant que des leçons en ont été tirées par l’ensemble des joueurs et le staff technique.
Amallah estime que l’équipe du Maroc est prête à relever le défi : « Notre équipe est prête pour la Coupe du Monde, elle était déjà prête lors de la Coupe d’Afrique, même si les gens disaient qu’il n’y avait pas de stars dans cette équipe, mais on a démontré qu’on était capables de faire de belles choses. Je pense que cette élimination lors de la CAN nous a aussi forgés, nous a fait mûrir pour être prêts pour la Coupe du Monde », a-t-il déclaré avec optimisme.
Évoquant le groupe du Maroc composé de la Belgique, la Croatie et le Canada lors de la phase de poules du Mondial, le joueur a affirmé : « Ces équipes ne nous font pas peur. On sait que ce sont de grandes équipes, mais nous sommes également une grande équipe, parce qu’on a montré qu’on avait du talent dans notre effectif. Je connais mes coéquipiers, on avait tous envie d’être au Qatar et de montrer ce qu’on est capable de faire », a-t-il affirmé.
De son côté, le nouveau sélectionneur des Lions de l’Atlas, Walid Regragui a affirmé qu’on veut « accomplir quelque chose de grand au Mondial », soulignant qu’ »avec le staff, on a beaucoup travaillé sur une liste qui est le meilleur possible pour défendre les couleurs nationales. Il y a eu des décisions qui ont été prises et qui sont importantes » dira-t-il, estimant « qu' »il y aura beaucoup de déçus mai aussi beaucoup d’heureux ».
Le sélectionneur national a, par ailleurs, fait savoir qu’il y a une liste de réservistes en cas d’éventuelles blessures parmi la liste des 26.
Rappelons que dans le cadre de ses préparatifs, l’équipe nationale a affronté et battu par 3 buts à 0, en match amical, son homologue géorgienne, le 17 novembre courant aux Émirats Arabes Unis
Les choses sérieuses ont commencé pour les Lions de l’Atlas, après une semaine assez tranquille.
Le premier match des Lions de l’Atlas prévu pour le mercredi 23 novembre contre la Croatie à 11h au stade d’Al Rayyan, constiuait un premier test pour les nationaux qui croiseront le fer, par la suite, avec la Belgique, le 27 novmbre à 14h au Stade Al Bayt, et le Canada, le 1er décembre à 16h au stade d’Al Rayyan.
Le coach Walid Regragui a ainsi décidé d’augmenter la cadence des entraînements, à quatre jours du choc contre la Croatie, en programmant deux séances, une première dans la matinée et une seconde à 16h30 (heure marocaine).
A la veille du premier match Maroc-Croatie, l’ex-sélectionneur Vahid Halilhodzic à qui revint le mérite de la qualification du Maroc au Mondial Qatar 2022 et qui, malgré son limogeage, a toujours à cœur la réussite de la participation du Royaume à la Coupe du Monde, a donne la clé pouvant aider les Lions de l’Atlas à gagner la première rencontre contre la Croatie : « Je n’ai rien de mal à dire sur le Maroc. […] Ce que je dirai, c’est que pour que le Royaume réussisse ce match contre la Croatie, la clé sera : la discipline dans le travail de l’équipe, le comportement et la discipline dans les tâches ».
Cette rencontre s’est finalement soldée sur un scor nul.
Ce résultat peut être considéré comme décevant beaucoup plus pour les Croates que pour les Marocains quand on sait que l’équipe de la Croatie avait fini vice-championne du Monde lors du précédent Mondial il y a quatre ans en Russie, lorsqu’elle avait perdu en finale contre la France. C’est dire que mercredi dernier, les Lions de l’Atlas ont affronté une forte équipe.
« On est tombés sur une belle équipe. Ils ont un milieu de terrain de très, très haut niveau et une technique au-dessus de la moyenne » dira le coatch marocain Walid Regragui, ajoutant : « On a mis beaucoup d’intensité mais c’est un bon résultat contre les vice-champions du monde. Ça nous laisse deux matchs pour nous qualifier. On a montré qu’on était une belle équipe ».
Le suspens donc continue et l’espoir est toujours de mise.
Résumé du premier match
Croatie-Maroc
dans la presse sportive internationale
Le Maroc et la Croatie se neutralisent. Les deux nations avaient beaucoup à perdre dans ce premier match d’un groupe F particulièrement dense, mercredi au stade Al Khor ; elles sont finalement reparties chacune avec un point (0-0). Ce résultat conserve les chances de qualification en huitièmes de finale des Lions de l’Atlas et des Vatreni qui se sont longtemps craints. De nombreux duels dans l’entrejeu ont émaillé une rencontre où les offensifs ont peiné à briller. Pour le Maroc, la qualification passera par un résultat face à la Belgique dimanche (14h), quelques heures avant un Croatie-Canada tout aussi décisif (17h).
Le Maroc et la Croatie s’avançaient avec prudence sur la pelouse du Stade Al-Bayt dans ce premier choc du groupe F. Les finalistes de l’édition 2018 ont d’abord essayé de contourner patiemment le bloc équipe du Maroc, auteur d’un pressing haut intense. La tension a toutefois accompagné les prises de balle des Lions de l’Atlas, coupables de quelques pertes de balle qui auraient pu coûter très cher en première période, comme sur cette frappe lointaine d’Ivan Perisic finalement au-dessus (17e).
Le Croate Dejan Lovren (à gauche) et le Marocain Romain Saïss
à la fin de la rencontre / AFP
En face, le potentiel des ailiers virevoltants Sofiane Boufal et Hakim Ziyech n’a pas été pleinement exploité. C’est même l’équipe au damier qui a eu les plus grosses situations en fin de premier acte, avec une double intervention héroïque de Yassine Bono. Le portier du Séville FC a d’abord surgi devant Andrej Kramaric avant de repousser une tentative à bout portant de Nikola Vlasic (45e+1). Auteur d’une reprise à l’entrée de la surface fuyant le cadre (45e+3), Luka Modric a brillé dans un rôle de première rampe sur les transitions mais a aussi commis de grosses fautes. Le capitaine croate a parfois fait son âge (37 ans) par séquences.
Le second acte est parti sur les mêmes bases, jusqu’au déboulé de Noussair Mazraoui dans la surface, auteur d’une tête à bout portant repoussée d’une main ferme par Dominik Livakovic (51e). Si l’équipe au damier a été toute proche de répliquer sur corner avec Dejan Lovren (52e), l’inquiétude a accompagné la sortie sur blessure du latéral des Lions de l’Atlas, blessé tout seul lors de son face-à-face. La perte du joueur du Bayern, remplacé à l’heure de jeu (60e), pouvait affaiblir un Maroc engagé dans une lutte de tous les instants pour sortir des poules.
Cette mauvaise nouvelle n’a pas ébranlé la solidité des Rouges et verts, encore dangereux sur un coup franc puissant signé Achraf Hakimi (65e), bien plus en réussite dans l’exercice que son compatriote Ziyech. Mais, à force de harceler le porteur adverse, le Maroc a été logiquement forcé de marquer le pas et redescendre d’un cran, face à une Croatie plus soucieuse de ses efforts.
La fin de la rencontre, même légèrement cadenassée, a été à l’avantage des Vatreni, plus entreprenants à l’image d’un Marko Livaja remuant bien que maladroit dans l’avant-dernier geste. Finalement, les deux rivaux se quittent sur un match nul qui ne les écarte pas de la lutte pour les huitièmes, bien au contraire !



























