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Les points de côté de l’après Tanger-Métropole

Les points de côté de l’après Tanger-Métropole
[color=#999999][size=09] Le 06-04-2018 à 16:02:04 [/size][/color][b][justify][size=12] L’ambitieux programme Tanger-Métropole a tenu ses promesses et la ville du détroit est désormais méconnaissable pour les visiteurs d’il y a dix ans qui ne reconnaîtront plus le vieux Tanger, à force de transformations radicales qui ont bravé le temps et l’espace et en raison des beaux nævus qui parsèment le visage urbain.
Espaces verdoyants ; places publiques fleuries ; boulevards élargis ; trémies fluidifiant la circulation ; éclairage au sodium répandu ; immeubles bravant les hauteurs ; co
iche attrayante et dégageant vue sur mer ; marina ; parkings sécurisés et discrets ; nouvelles structures touristiques et hôtelières ; beaux sites de restauration et de loisirs et multiplication de grandes surfaces commerciales, entre autres.

Tanger peut aussi s’enorgueillir de ses structures logistiques et économiques en fonction, en cours de réalisation ou en projet, comme le port Tanger Med, le port de Tanger ville en cours de reconversion, la gare ferroviaire LGV ; les zones industrielles, les zones franches, etc.
C’est donc indéniable, Tanger a changé de visage et les visiteurs de la ville ne peuvent qu’être impressionnés
Cependant, les autochtones qui sont, évidemment, fiers de ces grains de beauté qui embellissent le visage de leur cité, ne peuvent s’empêcher d’avoir un pincement au cœur en constatant tous les points de côté qui endolorissent encore le corps de Tanger.

Sans aborder le fléau de l’émigration clandestine, nous nous limiterons à deux aspects flagrants qui sont à l’origine de l’insécurité et de l’anarchie dans la ville : le chômage des jeunes et le commerce informel. [/size][/justify][/b][justify][size=12][color=#000066] En dépit de son classement en tant que deuxième pôle économique au Maroc, après Casablanca, Tanger n’échappe pas au phénomène du chômage qui touche quatre jeunes sur dix.
Cette problématique qui est au centre des préoccupations sociales, nourrit la frustration et le mécontentement populaire de par les fléaux qu’elle engendre dont ceux du désœuvrement et de l’insécurité.
Selon le Haut-commissaire au Plan, (HCP) le chômage des jeunes n'est pas un phénomène récent, mais il a tendance à devenir structurel avec la déperdition scolaire et la faible diversification du tissu productif national, mais aussi à cause de l’explosion démographique débridée et de l’exode rural cyclique, engendré par la sécheresse.

Le fléau est aussi lié à la transition qui tend à recomposer la pyramide des âges, avec de plus en plus de jeunes arrivant sur le marché du travail, à Tanger comme ailleurs.
L'économie régionale, bien que marquée par une multiplication des investissements, notamment dans l’industrie, ne crée pas suffisamment d'emplois par rapport au nombre de jeunes arrivés sur le marché du travail. La situation se complique davantage pour les jeunes qui n’ont reçu aucune formation. Même les diplômés, souvent non ou peu qualifiés, pâtissent des défaillances du système éducatif et de son inadéquation avec le marché du travail.

Le chômage touche aussi de plein fouet les femmes, avec un taux de 15% contre 9% chez les hommes. Un écart qui s'explique en partie par la tendance des parents à favoriser les garçons au détriment des filles.
Le Roi Mohammed VI a d’ailleurs reconnu, dans son discours prononcé en octobre 2017, que les progrès enregistrés « ne profitent pas aux jeunes qui représentent plus d’un tiers de la population. Parmi eux, nombreux sont ceux qui souffrent de l’exclusion, du chômage », a dit le Souverain.

De son côté, le Fonds monétaire inte
ational (FMI) a appelé les autorités à « réduire les niveaux toujours élevés de chômage, notamment chez les jeunes ». Une question à prendre « très au sérieux », a prévenu la Banque mondiale.

In fine, les demandeurs d'emploi, diplômés ou pas, découragés par d'interminables recherches infructueuses, optent souvent pour d’autres issues, comme le commerce informel, si ce n’est pas le crime des grands chemins.

A ce de
ier propos, on a ainsi vu naître une recrudescence de vols sur la voie publique perpétrés, parfois, voire souvent, avec violence, par de jeunes chômeurs dont le besoin en a fait des criminels s’attaquant à des passants dans la rue pour les dépouiller de leur argent, leur téléphone portable ou leurs biens.
Les statistiques des tribunaux sont révélatrices du nombre de délits conduisant leur auteur derrière les barreaux, ce qui complique davantage la situation de ces jeunes condamnés à un âge précaire et versés dans une population pénitentiaire..
Quand ce n’est pas le crime, c’est le commerce informel avec le nombre impressionnant de marchands ambulants qui investissent ou sillonnent les rues de la ville de Tanger.
La zone de Casabarata, le quartier de M’sallah, la rue de la Liberté, l’avenue Moulay Abdelaziz, Hay Bénimakada, Bir Chifa, Dchar Bendibane, Houmat Chouk et autres quartiers nous révèlent à quel point la phénomène des «Ferracha» est étendu et prend de l’ampleur de jour en jour.

Ce commerce informel qui prend une nouvelle dimension à l’occasion du mois sacré de Ramadan est à l’origine de problèmes épineux.

Il y a d’abord l’interception de la voie publique qui est squattée par les innombrables étalages à même la chaussée, ce qui handicape la circulation aussi bien des piétons que des véhicules.
Mais il y a aussi et surtout la concurrence déloyale apportée aux titulaires de commerces formels qui se voient ainsi relégués au second plan alors qu’ils sont assujettis à des frais généraux ( fonds de commerce, équipements, loyer, éclairage, salaires) et à des patentes.

Dans une démarche de lutte contre le phénomène de ce commerce anarchique, les autorités s’efforcent de canaliser le fléau par la création de centres appropriés pour ce genre d’activité.

On a ainsi assisté récemment à la création de deux nouveaux marchés de proximité aux quartiers périphériques de Bir Chifa et Béni Touzine, permettant de recaser quelque 800 marchands ambulants portant ainsi le nombre de ces petits commerçants recasés à plus de 4000 jeunes à travers les quatre arrondissements urbains de la ville.

Vu le nombre impressionnant de Ferracha qui demandent à être recasés, et comme à l’accoutumée, cette opération a fait des mécontents non bénéficiaires qui ont manifesté en organisant des sit in de protestation qualifiant, comme chaque fois, cette opération de non équitable.

On a aussi vu naître certaines initiatives de la société civile enclines à contribuer à la résorption du chômage des jeunes à Tanger, comme celle de la section tangéroise du réseau « Entreprendre Maroc » dont la vocation première est de lutter contre le chômage des jeunes en accompagnant les porteurs de projets, futurs créateurs de richesse et d’emploi, non seulement au plan financier par l’octroi de prêts d’honneur, mais aussi et surtout par un accompagnement effectif sur une période de trois ans.

Il y a également la Fondation Microcrédit du Nord dont l’action est également orientée vers des personnes en mesure de créer une activité lucrative.

Mais ce ne sont là que des gouttes d’eau dans l’océan, car le problème est gigantesque et sans mesures.
On peut donc conclure que, malgré l’énorme investissement consacré au programme Tanger Métropole, et en dépit des démarches continues entreprises par les autorités locales, la ville de Tanger a encore besoin de trouver des remèdes efficaces à ses maux qui risquent d’avorter les efforts déployés jusqu’à présent pour se redonner une image de marque.[/color][/size][/justify] [right][size=9][color=#333333] Par : Dr Abdelhak BAKHAT [/color][/size][/right][center][size=14][b][color=#006699][link=http://www.lejou
aldetange
ews.com]Le Jou
al De Tanger[/link][/color][/b][/size][/center]

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