La succession des feux qui a touché la région de Tanger-Tétouan en l’espace de moins de 2 semaines, soit du 17 au 23 février, et celui du marché municipal de légumes de Tétouan, survenu la nuit du jeudi au vendredi, suscite des interrogations sur tous ces faits, ni la raison ni l’imaginaire ne peuvent accepter que cela est dû à des faits purement accidentels, soit par masse ou surcharge d’électricité soit par imprudence. La scène laisse présumer d’autres faits et une fâcheuse réalité s’impose : Qui vise-t-on par ces actes criminels ??
Où en est le Maroc par rapport aux dispositifs de sécurité et de prévention des sinistres au sein de la ville, et dans la loi de « la sécurité incendie », surtout compte tenu du nombre élevé d’incidents dont les origines demeurent méconnues. Malgré les efforts importants déployés par les équipes de la sécurité publique pour gérer ces urgences, la question persiste : serait-il possible d’adopter des mesures plus sévères pour diminuer la fréquence de tels incidents dans le futur ?
Une semaine maudite pour la ville de Tanger, une semaine où une multitude d’incidents d’incendies se sont abattus sur la ville. Une semaine cauchemardesque qui a débuté le lundi 17 février, lorsqu’un véhicule de transport du personnel a pris feu au niveau de la rue Moulay Ali Chérif, réduisant celui-ci à l’état de cendres malgré l’intervention bien que les équipes de la protection civile sont intervenues rapidement, elles n’ont pas réussi à venir en aide au véhicule. Néanmoins, l’accident n’a causé aucun blessé. Puis ce dernier s’en est ensuivi d’un énorme incendie qui s’est déclaré à l’intérieur d’une usine de chaussures en plastique dans la zone industrielle Al MAJD dans la commune de Aouama. Cet incendie de l’usine a nécessité plus de 24h pour l’éteindre avec tout un bataillon de pompiers pour l’éteindre, surtout que la matière en feu était le plastique qui est considéré comme l’une des matières les plus inflammables. Le Wali M. Younes Tazi s’était déplacé en personne sur place pour évaluer l’état de la catastrophe, ainsi qu’assurer et encourager les membres de la protection civile pour tous les efforts qu’ils fournissent pour assurer l’extinction rapide de l’incendie, risquant leurs propres vies, tellement le feu était géant. Un nuage noir s’était dressé dans le ciel de la ville sur une grande zone, sans négliger l’état de pollution que cela a engendré. Vu que l’usine se trouve au milieu d’une agglomération industrielle et résidentielle, l’évacuation d’un grand paramétrage aux alentours de l’incendie était obligatoire, ainsi engendrant l’arrêt des activités de plusieurs unités de productions, sans négliger l’état d’empoisonnement dans l’air avec l’odeur du plastique brulés. Aujourd’hui et plus de 10 jours depuis cet incident, les raisons du déclenchement du feu restent encore inconnues.
Les choses ne se sont pas arrêté aux 2 incendies du 17 et 19, mais le coup de théâtre fut le 22 février, lorsqu’un vaste incendie s’est déclenché dans le marché de proximité de Beni Makada aux premières heures de la matinée anéantissant une grande partie des boutiques et causant des dommages s’élevant à plusieurs millions de dirhams, laissant les commerçants courir dans tous les sens se lamentant sur leurs marchandises partis en cendre, sur leurs investissements et surtout sur leurs endettements. La majorité des commerçants victimes de cette catastrophe avaient rempli leurs locaux de marchandises en perspective du ramadan à une semaine près. La férocité de l’incendie n’a pas seulement ravagé les commerces et les marchandises, mais aussi quelques membres de la protection civile ont été atteints de brûlures sur leurs visages. D’après des témoins sur place, alors qu’aucun autre dommage physique n’a été rapporté parmi les commerçants. Les équipes de secours ont accouru sur les lieux pour cerner le feu, luttant contre les flammes rugissantes pour sauver le plus rapidement ce qui peut être sauvé, mais l’incendie était plus fort que leurs efforts, notamment que par erreur d’infrastructure ou par négligence d’ingénierie, le marché et les alentours ne disposent pas de bouche d’incendie ce qui a obligé les sapeurs-pompiers à faire des allers-retours vers des points un peu plus loin pour s’approvisionner en eau. La semaine de terreur ou d’horreur de Tanger s’est clôturée dimanche par un autre drame similaire. Un incendie qui s’est déclenché soudainement dans une ambulance qui transportait une femme enceinte et son époux venant d’Asilah vers un hôpital à Tanger. Le drame est survenu dans la rue Moulay Rachid. Selon des témoins sur place, l’incendie se serait déclenché alors que le véhicule était en mouvement, imposant ainsi au conducteur et aux occupants d’évacuer l’ambulance rapidement pour éviter une catastrophe. Heureusement, aucun blessé n’a été déploré et la femme enceinte a été transférée d’urgence à l’hôpital Mohammed V par une autre ambulance de la Protection civile, pendant qu’une enquête était lancée afin d’établir les circonstances précises de cet incident.
Et enfin, ce tout dernier feu de la série survenu dans la nuit du jeudi au vendredi, à 4 h du matin, le marché de fruits et légumes de Tétouan en flammes, le service de sapeurs-pompiers n’est arrivé sur place que 30 minutes après l’alerte. Va-t-on encore présumer pour cet incendie une cause banale ou laisser chacun comprendre ce qu’il va comprendre?. Et encore, à l’heure de mettre fin à ce récit, les raisons réelles de ces incidents demeurent encore incertaines, à part quelques rumeurs qui circulent sur le fait que des surcharges électriques étaient la cause pour les uns, mais pas de déclarations officielles des autorités sur son origine.
Ces deux semaines de drames, vont-elles ouvrir la parenthèse de révision des normes de sécurité à Tanger, la métropole et au Maroc pour restructurer certaines zones, à commencer par les zones industrielles, en les classant et les regroupant par ordre de danger. La zone AL MAJD reste un nid de bombes à retardement, des usines mêlées les unes aux autres avec des matières purement inflammables où une simple mèche peut rendre le tout en cendres, mettant des milliers de vies en danger.


























