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Le Ramadan à Tanger Coutumes et fervente spiritualité (avant la pandémie du Coronavirus)

Avertissement 
Ce que vous allez lire ne tient pas compte des perturbations et des contraintes imposées par la pandémie du Covid 19 qui a bouleversé les habitudes, coutumes  et traditions religieuses et sociales   depuis le Ramadan 1441 / 2020 et que nous continuons à subir en ce Ramadan 1442/ 2021.          

D’une manière générale, au Maroc  comme partout ailleurs dans le Monde Musulman, le mois sacré de Ramadan est synonyme de spiritualité, de solidarité, d’entraide et de convivialité.
A Tanger, ville-passerelle entre l’Orient et l’Occident, connue pour son ouverture héritée de son passé cosmopolite et son profond attachement aux traditions, le mois sacré de Ramadan revêt une particularité ancrée dans les coutumes.
Dès les dix derniers jours du mois de Chaâbane, les mosquées connaissent une forte affluence des fidèles qui participent aux cérémonies de lecture collective du Saint Coran. Les fidèles et adeptes des différentes zaouïas font honneur à cette période par les rituels du «dikr» et de panégyriques.
Dans les anciens quartiers de la ville, comme la Médina ou la Kasbah, les portes des maisons demeurent ouvertes puisque les visites entre voisins sont ininterrompues.
Le milieu culturel se met aussi à l’ambiance ramadanesque,  à travers des soirées artistiques, culturelles et musicales. On relève, toutefois une certaine  régression dans ces manifestations culturelles nocturnes, voire la disparition de traditions d’animation durant le Ramadan.
Le mois sacré est aussi le mois du partage. Les bienfaiteurs se font nombreux pour organiser des ruptures de jeûne collectives en faveur des démunis. Des associations s’activent également pour distribuer des denrées alimentaires aux familles vivant dans certains quartiers périphériques ou à des SDF (sans domicile fixe) .

 Des traditions revisitées

Plusieurs jours avant l’annonce de l’avènement du mois sacré, les ménages se mettent déjà dans l’ambiance et se préparent à recevoir le Ramadan dans la pure tradition.
Les souks et les marchés populaires de la cité connaissent une dynamique particulière et les ménagères sont nombreuses à la recherche d’aliments de base servant à la préparation des plats traditionnels ramadanesques comme l’incontournable  « Harira », la « Chebbakia » ou les « Sfouf ».
La mythique place «Souk Barra», où les Tangérois avaient l’habitude de faire leurs emplettes bien avant l’apparition des grandes surfaces, connaît une ambiance chaleureuse et féerique. Des étalages apparaissent partout avec leurs jus de fruit, jben beldi, pain-maison ou autres baghrir, rzizat et rghaîf
Dans les ruelles de la Médina, les senteurs des plats et des friandises se dégagent des maisons où les ménagères  s’activent à reproduire les recettes traditionnelles indispensables pour la rupture du jeûne.

Les spécialités gastronomiques du mois béni ne diffèrent pas beaucoup par rapport aux autres régions du Maroc. La «Harira» relevée fortement aux épices et plantes aromatiques est servie avec  friandises, gâteaux fourrés richement enduits de miel, jus variés et fruits secs.
Le repas de rupture du jeûne présente une curieuse particularité dans certains quartiers de la ville ou des familles tiennent à rompre le jeûne par des gorgées d’eau de source. Une eau qui jaillit à R’milet et à laquelle on prête des vertus de régulateur de la digestion.
LesTangérois affectionnent aussi particulièrement le traditionnel plat de poisson dit «Tagra» pour le dîner.

Loisirs

Beaucoup de personnes profitent des longues journées du Ramadan pour pratiquer du sport. Les tournois de football entre équipes de quartiers se multiplient, alors que d’autres préfèrent la marche, le tennis, le golf, la course à pied ou le vélo.
La ville du Détroit offre en effet plusieurs sites favorables à ces activités, tels la corniche, la nouvelle route côtière au pied du quartier Dar El Baroud ou encore le parc Perdicaris.
Lorsque le mois du Ramadan coïncide avec la période estivale, ceci   donne de longues journées à remplir de toutes sortes d’activités : il ne faut pas s’étonner de voir certains s’adonner à la baignade, d’autres à la pêche, entre autres.

Mais, en général, les passants se font rare le jour et l’on préfère sortir la nuit pour profiter de la fraîcheur et visiter les centres commerciaux et magasins, avec déjà en perspective l’Aid Al Fitr et tout ce que cela implique comme emplettes, notamment pour les enfants.
Les chaînes nationales de télévision se mettent aussi de la partie sachant que le  Ramadan est le seul mois de l’année où nos chaînes atteignent des parts d’audience considérables, confinant les chaînes étrangères à de la figuration : la chaîne tangéroise Médi 1 TV propose une programmation accordant  une place de choix à des émissions culturelles. AL Maghribia  n’est pas en reste, avec néanmoins certains programmes reconduits de l’année dernière.
Mais, selon une étude d’audiométrie précédemment menée, c’est la chaîne 2M qui cartonne en démarrant le mois de ramadan en fanfare avec 85% de l’audience des chaînes nationales, une domination écrasante.
Qu’en est- il cette année ?

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