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Le parfum des fleurs La nuit: de Leïla Slimani

Coup de cœur,  cette semaine avec ce magnifique récit de Leïla Slimani « Le parfum des fleurs la nuit » paru en Janvier 2021. L’écrivaine s’est livrée, une nuit entière, à une pérégrination solitaire à la « Punta della Dogana », le célèbre musée vénitien. Le récit qui en découle, relève de l’exploration de soi. Confidences.
Héritière cosmopolite de l’orient et de l’occident, Leïla se retrouve chez elle dans cette ancienne douane vénitienne qui était l’étape obligatoire de tout échange, source d’enrichissements mutuels. Avec l’empathie et la bienveillance qui sont sa marque de fabrique, L’auteure partage exceptionnellement l’intimité de ses réflexions sincères sur son passé et sur son métier d’écrivain. Surprenante parfois, elle livre ses confidences qui sont un hymne à la liberté et à la création littéraire. Elle écrit « J’avais aussi envie de laisser venir les fantômes. Les souvenirs sont revenus de manière très douce, plus que dans mes romans, qui sont assez violents, très sombres. Ce texte reflète plus ce que je suis que mes romans. Un roman, c’est le combat. On se bat avec soi-même, avec les mots, les personnages, l’histoire… Dans ce livre, l’énergie est différente : je me laisse aller, je réfléchis, c’est la première fois où je « théorise » un peu ce que j’écris.»
Leïla Slimani, se dévoile le temps d’une nuit.
Une nuit au musée assurément inoubliable !
Bonne lecture et Aïd Fitr Moubarak Saïd à tous nos lecteurs-trices de confession musulmane .
Résumé : Comme un écrivain qui pense que « toute audace véritable vient de l’intérieur », Leïla Slimani n’aime pas sortir de chez elle, et préfère la solitude à la distraction. Pourquoi alors accepter cette proposition d’une nuit blanche à la pointe de la Douane, à Venise, dans les collections d’art de la Fondation Pinault, qui ne lui parlent guère ?
Autour de cette « impossibilité » d’un livre, avec un art subtil de digresser dans la nuit vénitienne, Leila Slimani nous parle d’elle, de l’enfermement, du mouvement, du voyage, de l’intimité, de l’identité, de l’entre-deux, entre Orient et Occident, où elle navigue et chaloupe, comme Venise à la pointe de la Douane, comme la cité sur pilotis vouée à la destruction et à la beauté, s’enrichissant et empruntant, silencieuse et raconteuse à la fois.
C’est une confession discrète, où l’auteure parle de son père jadis emprisonné, mais c’est une confession pudique, qui n’appuie jamais, légère, grave, toujours à sa juste place : « Écrire, c’est jouer avec le silence, c’est dire, de manière détournée, des secrets indicibles dans la vie réelle ».  
C’est aussi un livre, intense, éclairé de l’intérieur, sur la disparition du beau, et donc sur l’urgence d’en jouir, la splendeur de l’éphémère. Leila Slimani cite Duras : « Écrire, c’est ça aussi, sans doute, c’est effacer. Remplacer. » Au petit matin, l’auteure, réveillée et consciente, sort de l’édifice comme d’un rêve, et il ne reste plus rien de cette nuit que le parfum des fleurs. Et un livre. 

 Meryem cherradi 

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