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Le combat contre le Covid 19 se poursuit sur tous les fronts : sanitaire, social et économique.. Quelle croissance économique au Maroc 2021

L’économie marocaine a connu une récession en 2020, la première depuis plus de deux décennies, sous l’effet conjugué de la sécheresse et de la pandémie du Covid 19.

Aujourd’hui, le premier élément positif  qui prête à l’optimisme en ce début d’année 2021, c’est  le retour des pluies. Cela n’augure certes pas encore d’une bonne campagne agricole, mais il suscite de l’espoir après deux années successives de sécheresse et un exercice 2020 plombé par la pandémie liée au Covid19.
On prévoit qu’une  bonne pluviométrie devrait constituer une valeur ajoutée de +1,2 point à la croissance économique globale et un paramètre-clé dans les déterminants de cette croissance.
Ensuite, la reprise économique en 2021 est  tributaire de la réussite de la campagne de vaccination anti-Covid 19 en cours de
lancement à travers le royaume, sachant que le Coronavirus reste le principal adversaire  à combattre, un ennemi toujours aussi dangereux, qui mute, se propage, tue et contraint à la multiplication des mesures restrictives dont des confinements à répétition qui se répercutent sur la stabilité économique et sociale..
Ajoutons à ces deux conditions,  le déploiement efficace d’un  plan de relance concocté par le gouvernement, basé sur des actions retenues dans la Loi de Finances 2021, et sur des évolutions que connaîtrait l’environnement économique national et international.

La conjonction de ces différents facteurs pourrait permettre l’atteinte du taux de croissance de 4,8% prévu par le gouvernement ou encore celui de 4,9% projeté par le Fonds monétaire international (FMI) ou, à la rigueur, un taux de 4% estimé par la Banque mondiale (BM) qui  rappelle une contraction de
6,3% en 2020.

L’élaboration du Budget Economique Exploratoire 2021 intervient dans un contexte inédit marqué par la crise sanitaire du Covid 19 qui, depuis son apparition au Maroc début mars 2020, a donné lieu à une batterie de mesures favorisant la santé publique.
Ainsi, confinement et fermeture des frontières ont été les principales décisions prises pour faire face à la propagation du virus,  causant, du même coup, l’arrêt partiel ou total de plusieurs activités économiques.
Pour faire face à cette situation, un Fonds spécial de gestion de la pandémie a été créé.
Mais, le contexte actuel rend toute prévision complexe à établir, suite à l’incertitude qui règne à la fois au niveau international et national, à savoir le manque de visibilité qui marque l’évolution de la pandémie, les étapes de sortie du confinement et une éventuelle  vague de contagion.
L’élaboration du  budget 2021 tient compte des perspectives économiques mondiales, établies par les différents organismes internationaux, notamment le Fonds monétaire international ( FMI), l’Organisation de coopération et de développement économique (OCDE), la Commission Européenne et la Banque Mondiale (BM). Ce budget tient compte également des données de la comptabilité nationale, des résultats des enquêtes trimestrielles et des travaux de suivi et d’analyse de conjoncture menés par le Haut-Commissariat au Plan (HCP). Il se base aussi sur les données monétaires issues de Bank Al Maghrib (BAM), les données financières fournies par le ministère de l’Economie et des Finances et aussi sur les statistiques des échanges extérieurs fournies par l’Office des Changes.

Toutes ces considérations nous amènent à une question fondamentale qui revient sur toutes les lèvres : « 2021, serait-elle  vraiment l’année de la relance économique? ».
Les opérateurs économiques du privé et du public et la communauté des affaires, exaspérés par le manque de visibilité ayant marqué l’année 2020, sollicitent des messages d’assurance et de confiance.
Selon des données fournies par des organismes spécialisés nationaux et internationaux, on peut afficher un certain optimisme, quoique limité.
Ainsi, dans son dernier rapport sur les perspectives de l’économie mondiale,  le Fonds monétaire international (FMI) table sur un rebond de l’économie marocaine avec une croissance de 4,9% en 2021, après une contraction de -7% en 2020.
La Banque Mondiale (BM), quant à elle, prévoit que l’économie marocaine rebondirait de 4% en 2021, après une contraction de 6,3% en 2020.
Pour les deux institutions internationales, le royaume fera mieux que l’ensemble des pays de la région MENA (Moyen-Orient et Afrique du Nord) qui ne devraient afficher qu’une croissance moyenne  de 2,1% en 2021, s’expliquant notamment par la faiblesse des cours du pétrole.
Selon le Haut-Commissariat au Plan (HCP), la croissance de l’économie nationale devrait se situer à 0,5% au cours du premier trimestre de l’année 2021, et s’accélérer sensiblement au cours des trimestres suivants.
Pour ce qui est des activités agricoles, elles devraient connaître un sensible mouvement de reprise, sous l’hypothèse d’une pluviométrie hivernale excédentaire et généralisée, avec une hausse de 10,8%, contribuant pour +1,2 point à la croissance économique globale, prévoit le HCP, estimant que le mouvement de reprise agricole sera  accompagné par une amélioration de l’emploi dans le secteur.
D’autre part, et d’une manière générale, les activités hors agriculture devraient poursuivre leur redressement.
Dans le détail, le flux des Investissements directs étrangers (IDE) au Maroc  atteignait 13,83 milliards de dirhams (MMDH) au titre des onze premiers mois de 2020, en baisse de 20% par rapport à fin novembre 2019. On s’attend à de meilleures performances en 2021.
Par contre, les envois de fonds effectués par les Marocains Résidents à l’étranger (MRE), ont enregistré, en 2020, une hausse de 3,9%  avec  61,91 milliards de dirhams MMDH.
La facture énergétique a chuté de 35,7% à fin novembre 2020, s’établissant à 44,8 milliards dirhams (MMDH),  en diminution de 35,7% par rapport à fin novembre 2019. Les perspectives 2021 seraient conditionnées par  les cours instables du pétrole et du marché-automobile en reprise au Maroc.
L’activité industrielle se redresserait sensiblement, et la production d’électricité s’affirmerait, du même coup, dans le sillage de la reprise graduelle de l’industrie.
En revanche, le secteur du  bâtiment et travaux publics (BTP), souffrant toujours des effets négatifs de la crise sanitaire, devrait connaître une légère reprise. Cela dit, selon les professionnels, le bâtiment devrait rester impacté par la crise et sa relance nécessiterait plus de temps et de moyens. Du côté de l’offre, la baisse des ventes de logements devrait freiner considérablement les investissements des promoteurs immobiliers qui resteront relativement faibles, notamment dans les produits de construction.
S’agissant du secteur tertiaire, le HCP estime que  la reprise sera plus lente. Les secteurs du des services, notamment les activités des services marchands, particulièrement le tourisme, le transport et le commerce, devraient enregistrer une croissance lente et graduelle, s’affichant autour de 3% en 2021, au lieu d’une baisse de 4,5% en 2020.
Côté marché automobile, on prévoit un retour de la croissance en 2021, après une chute de 20% des ventes des voitures neuves en 2020, avec 133.308 véhicules écoulés au niveau national, contre 165.918 immatriculations enregistrées en 2019.
En matière d’emploi dans un contexte  où la dynamique reprend auprès d’un certain nombre de secteurs d’activités stratégiques, le FMI estime que  le chômage situé  à 12,5% en 2020, devrait redescendre à 10,5% en 2021, contre 9,2% en 2019.
Selon la base de données de l’ANAPEC, l’industrie automobile s’affiche en  première position, en ce début de 2021, avec des besoins de recrutement   de 27%,
En matière de consommation, la demande intérieure poursuivrait son redressement à un rythme modéré,  la baisse des dépenses des ménages devant  s’atténuer sous l’effet du redressement attendu des achats de biens alimentaires et manufacturés.
Néanmoins, la demande intérieure devrait tout de même rester freinée par la perte du pouvoir d’achat générée par la réduction des emplois et des salaires dans l’ensemble des activités économiques nationales.
S’agissant de la demande extérieure, et sur la base d’un redressement modéré des marchés extérieurs et de l’amélioration des perspectives économiques mondiales en 2021, les échanges extérieurs devraient reprendre progressivement leur rythme d’évolution d’avant-crise.
On peut conclure, dans le même sillage que le HCP, qu’une relance économique poussée ne devrait pas être le résultat d’une politique unilatérale de dépense publique croissante, mais aussi le fruit d’une intervention profonde et efficace de la politique monétaire qui  permettrait une consolidation une redynamisation accélérée du tissu entrepreneurial national.
A cet effet, la dynamisation des crédits et la facilitation d’un accès séduisant  au financement par crédit bancaire  contribuerait à soutenir l’activité des entreprises et à rattraper progressivement les effets néfastes de la crise.
A ce titre, le recours au financement bancaire ne devrait plus représenter une charge lourde pour la trésorerie des entreprises.

 

Dr Abdelhak BAKHAT

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