
Samedi 21 décembre 2024 au soir, les deuxièmes Assises nationales de la régionalisation avancée ont pris fin au Palais de la Culture et des Arts de Tanger.
Au cours de ces assises, quatre accords-cadres ont été signés entre un certain nombre de secteurs gouvernementaux et des douze régions du Royaume, ainsi ces accords visent à accélérer la mise en œuvre de la régionalisation avancée et à renforcer la coopération entre les régions et le gouvernement à travers l’élaboration d’une nouvelle méthodologie pour déterminer les mécanismes procéduraux permettant de compléter et de poursuivre la mise en œuvre des engagements des signataires du Cadre de la Directive de 2019.
Dans son discours de clôture, M. Abdelouafi Laftit, Ministre de l’Intérieur, a estimé que « les deuxièmes assises nationales pour une régionalisation avancée a été caractérisée par une participation multiple de toutes les parties, ce qui a constitué une rencontre riche en Un dialogue constructif et des réunions fructueuses autour la régionalisation avancée. Cette réflexion collective fructueuse s’est concentrée sur les défis et les opportunités offertes par le système de régionalisation avancée en tant que cadre pour améliorer la gouvernance locale, la justice régionale et l’efficacité de la gestion des ressources, et en tant qu’espace qui établit l’action collective et donne aux acteurs l’occasion de réfléchir Dans une logique de développement intégré en travaillant sur la mise en œuvre territoriale des politiques publiques. »
Le Ministre de l’Intérieur a estimé que « le Message Royal, à l’occasion de l’ouverture de ce débat, est venu confirmer le souci de Sa Majesté le Roi, que Dieu l’assiste, sur la nécessité de relever les défis qui attendent encore la mise en œuvre optimale des ateliers de régionalisation avancée, notamment les défis liés à l’activation réelle de la Charte nationale de déconcentration administrative, au principe constitutionnel consistant à lier la responsabilité à la reddition des comptes dans le domaine de la gestion des affaires territoriales. Outre les domaines liés à l’amélioration de l’attractivité territoriale des régions, et ceux liés à la confrontation à certaines crises et à l’adaptation aux transformations imposées par la réalité d’aujourd’hui et les influences de demain. Ainsi que le défi lié à la capacité des régions à développer et innover des mécanismes de financement capables de faire face à ces défis.
De son côté, Mme Mbarka Bouaida, présidente de l’Association des régions du Maroc, en présentant le rapport des assises a appelé à la nécessité de clarifier les compétences des régions sur le plan juridique et procédural, insistant sur l’importance du travail collectif pour renforcer l’avenir du Maroc. Elle a ajouté « le Maroc a choisi de faire de la régionalisation avancée un axe central pour construire le nouveau modèle de développement, en misant sur la région et en la considérant comme un espace vital pour la mise en œuvre des politiques publiques et une source importante de création de richesse matérielle et immatérielle. Elle joue également un rôle fondamental dans le renforcement du développement intégré et durable. Le modèle de développement a recommandé l’urgence de mettre en œuvre la régionalisation avancée avec la déconcentration effective ».
Ainsi, elle a réitéré que “malgré les acquis réalisés, la réalité a montré que, quelle que soit l’élargissement des compétences des régions, cela restera insuffisant si elles ne sont pas clarifiées au niveau juridique et procédural et si les défis actuels et les impacts futurs, susceptibles de freiner la mise en œuvre des politiques de régionalisation, ne sont pas pris en compte”.
En outre, les participants ont mis l’accent sur la nécessité de la convergence des politiques gouvernementales avec les projets et programmes de développement régionaux en plus de la promotion d’une planification unifiée, tout en assurant la convergence de la programmation financière entre les programmes nationaux et régionaux, en tenant compte des spécificités de chaque région.
Ils ont également recommandé de renforcer le rôle des régions dans l’appui aux investissements productifs, de développer des mécanismes de coordination avec le secteur privé et les investisseurs, et de simplifier les procédures administratives liées à l’investissement aux niveaux national et local, appelant à augmenter les ressources financières allouées aux régions, et de les accompagner, avec les collectivités territoriales, pour une exploitation plus efficiente de l’emprunt comme mécanisme de financement de leurs programmes d’investissement.
Afin de prendre acte des différentes dimensions du thème du débat « Une régionalisation avancée entre les défis d’aujourd’hui et de demain », une approche objective a été adoptée qui définit le fil conducteur, au sein d’un cadre logique liant l’activation des compétences, la promotion de la démocratie participative et la convergence entre décentralisation et déconcentration administrative en relation avec l’efficacité des exigences de planification et de développement, en distinguant trois niveaux de défis :
Primo, un défi à dimension fonctionnelle, lié au renforcement de l’attractivité des territoires pour stimuler l’investissement productif, en tant que levier clé pour renforcer le développement durable et inclusif ;
Le deuxième, il est lié à la résolution de certaines crises et à l’adaptation aux transformations imposées par la réalité d’aujourd’hui et les effets de demain, en se concentrant sur trois domaines, qui s’imposent de manière urgente : faire face à la crise de stress financier, développer le système de transport et de mobilité, et l’implication de la région et des autres collectivités territoriales dans le chemin de la transformation numérique ;
Troisièmement, un défi de nature transversale, lié à la capacité des régions à développer et à innover des mécanismes de financement capables de faire face à ces défis et impacts.
À toutes fins utiles, des nouvelles ont été publiées sur les sites de réseaux sociaux au début de ce mois de décembre, indiquant que des sources ont rapporté que le ministère marocain de l’Intérieur se prépare à lancer un projet de nouvelle division administrative, à travers lequel il se réjouit de redessiner la carte régionale du Royaume, en réduisant le nombre de régions de 12 à 09 régions contre 16 régions auparavant, et en créant de nouvelles préfectures et régions, avec l’annexion et la séparation de certaines régions dans le cadre d’une vision stratégique qui s’étend entre 2027 et 2030.


























