Avis des experts sur l’évolution du Covid 19: l’année de tous les pronostics

À quoi pourrait ressembler l ‘année qui s’ouvre demain?
Vagues successives de Coronavirus, nouveaux variants, restrictions diverses… Voilà plus d’un an et demi que la pandémie impacte le quotidien du monde entier,  avec comme l’impression de ne jamais en sortir.

Beaucoup de questions sont posées et diverses réponses y sont données, toutes convergentes vers l’avenir de l’humanité pris en otage par l’épidémie et le ou les moyens d’y échapper. Quand et comment y parvenir ?
Des épidémiologistes, virologues et
experts de l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) y répondent à peu près pareillement : « On peut attendre le meilleur comme le pire de la nouvelle année 2022. Les ingrédients d’une année pénible sont réunis, mais si nous arrivons à conjuguer nos talents, nous sommes aussi capables de retrouver une souveraineté ouverte et porteuse d’espoir.

Tous les pronostics sont permis ! Cela ne répond, néanmoins, pas à la question franche suivante : « 2022 est-elle l’année où nous pourrons en finir avec la pandémie du Covid 19  ? »

Interrogée sur l’évolution de l’épidémie du Covid-19, à moyen et long terme, Maria Van Kerkhove, responsable technique de la lutte contre cette pandémie au sein de l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS), a laissé entrevoir une sortie de crise dans les mois à venir, malgré la circulation rapide du variant Omicron.

« Nous pouvons endiguer la mortalité du Covid-19 et nous pouvons aussi réduire sa propagation », assure-t-elle, estimant que  2022 est l’année où nous pouvons en finir avec la pandémie. « Nous avons des outils aujourd’hui qui permettent de contenir la dangerosité de la maladie. Nous pouvons réduire la morbidité, les hospitalisations, les formes graves, sauver ceux qui sont en réanimation. Nous pouvons aussi réduire la propagation », assure-t-elle.
En ce qui concerne les variants, le Dr Van Kerkhove estime qu’il n’ y en aura plus, « mais si le virus continue de circuler, nous avons des outils maintenant. J’ai beaucoup d’espoir pour 2022 », rassure-t-elle.
De son côté, un grand chroniqueur, Jacques Attal, s’est risqué à des pronostics pour les douze mois à venir.
Selon lui, à priori, 2022 devrait être une année très difficile. En le sachant, en l’anticipant, on peut éviter qu’elle le soit, estime-t-il, concevant qu’il est assez aisé d’établir un scénario du pire : une pandémie qui échappe aux vaccins, un effondrement des marchés financiers, des foyers de guerre, des pays  qui se disloquent, des attentats, des mouvements extrémistes contradictoires, réclamant qu’on efface toute trace des valeurs passées dans la mémoire du monde. Tout cela est possible. Tout cela aura peut-être  lieu, dira-t-il.
Mais, pour revenir concrètement à l’épidémie, essayons de répondre à la question suivante :  » Alors que le monde subit aujourd’hui une cinquième vague de Covid-19, faut-il s’attendre en 2022 à une sixième vague en raison du variant Omicron ?
La réponse de l’épidémiologiste français, et professeur de santé publique Philippe Amouyel, est abstraite : « c’est probable », dira-t-il, expliquant : « Le variant Omicron inquiète l »Organisation mondiale de la Santé qui a affirmé qu’elle n’a jamais vu une propagation aussi rapide d’un variant depuis l’apparition du Covid-19. C’est l’une des caractéristiques de ce nouveau variant: « sa forte transmissibilité, on l’a déjà vue en Afrique du Sud, dira-t-il, ajoutant :  » Il semblerait qu’il soit 40% plus transmissible que le variant Delta, en partie responsable de la cinquième vague du coronavirus ».
Dès lors, on se demande si l’arrivée du variant Omicron annonce-t-elle une sixième vague ?
Si le variant est probablement présent dans de nombreux pays, le problème reste encore dans la détection.
L’OMS alerte également sur une potentielle résistance d’Omicron aux différents vaccins. Les premières études montrent que « les anticorps produits lorsque l’on est vacciné sont moins efficaces pour l’Omicron que pour les autres variants » et que le vaccin était déjà moins efficace contre les variants Alpha et Delta. Mais apparemment, une vaccination à triple dose protège, même sur les formes graves, rassure-t-on.
Loin de ce jargon d’experts, tantôt rassurant, tantôt alarmant, posons plutôt la simple question à laquelle chacun souhaite une réponse simple et claire : quel temps faudra-il encore passer avant de dompter le Covid-19 ?.
Sous conditions, un infectiologue zurichois, Huldrych Günthard, table sur l’été 2022 : « la pandémie devrait être terminée d’ici à l’été prochain, mais deux conditions sont nécessaires: il faut plus de personnes vaccinées et les non-vaccinés doivent être infectés par le virus, estime-t-til, posant une autre condition: « aucun variant résistant aux vaccins ne devrait apparaitre entretemps »
La scientifique en chef de l’OMS, Soumya Swaminathan, se montre moins optimiste. Elle table sur 60% du chemin bientôt parcouru. « Mais on ne peut exclure qu’il y ait une autre montagne inattendue à gravir », ajoute-t-elle. Dans certaines parties du monde, un pourcentage élevé de la population est vacciné, soit entre 70 à 80%, relève-t-elle. Dans d’autres pays, comme en Afrique, moins de 4% de la population est vaccinée. « Plus longtemps l’humanité tolère cette situation, plus le risque d’apparition de nouveaux variants est grand », affirme-t-elle.
L’OMS demande que toutes les doses disponibles soient utilisées pour augmenter le taux de vaccination dans le monde. Ce n’est qu’après cette échéance que l’injection de rappel, soit la troisième dose, doit être envisagée.

Les trois pronostics probables  
Selon divers spécialistes  trois options se dessinent  à moyen et long termes ! .
1. L’épidémie reste importante à cause de nouveaux variants : possible mais peu probable:
L’évolution de l’épidémie se joue comme un match entre deux dynamiques : l’acquisition de l’immunité (par la contagion mais surtout par la vaccination) et la capacité du virus à muter. Si la seconde l’emporte, on entre alors dans le scénario-catastrophe. Le coronavirus peut muter vers des formes plus transmissibles. On peut alors craindre l’arrivée d’un variant encore plus transmissible, voire plus dangereux, qui conduirait à de nouvelles vagues de l’épidémie.
Cela nécessiterait alors une possible mise à jour du vaccin avec un rappel ».
2. Le coronavirus devient endémique avec moins de formes graves : le plus probable:
Le SARS-CoV-2, responsable du Covid-19, continue de circuler mais de façon moins grave.  Ce virus respiratoire va finir par se comporter comme les autres virus respiratoires c’est-à-dire basculer vers une certaine saisonnalité et réduire en impact . Progressivement, ce virus devrait perdre en pouvoir pathogène, en virulence et évoluer lentement pour devenir un virus banal ».Cette hypothèse est la plus probable. 
3. La disparition totale du virus : très improbable:
L’hypothèse la plus favorable serait l’éradication du virus afin qu’il devienne un lointain souvenir. Dans l’histoire des pandémies, cela s’est déjà vu. La vaccination a déjà permis que la variole disparaisse par exemple, et la polio est sur le point de disparaître également. Mais cette option est vraisemblablement hors de portée dans le cas du Covid-19.
On pense plutôt que le virus ne va pas disparaître,  mais  qu’on va le garder avec nous de la même façon qu’on a gardé d’autres virus qui causent des rhumes .

 

Dr: Abdelhak BAKHAT

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