Organisés par l’Association marocaine consultative d’utilisation du cannabis (AMCUC), les travaux de la 1ère Conférence internationale sur les potentialités thérapeutiques et industrielles du chanvre au Maroc, se sont ouverts, vendredi 22 octobre courant à Tanger, avec la participation d’un parterre de scientifiques, chercheurs, médecins, et d’industriels marocains et étrangers.
Les travaux de cette conférence de trois jours qui s’inscrit dans le cadre des efforts déployés par le Maroc en vue de développer les différents aspects scientifiques et socioéconomiques, à même d’apporter des valeurs ajoutées considérables à ce secteur, étaient encadrés par des chercheurs, scientifiques et industriels, marocains et étrangers, qui ont examiné, avec la nombreuse assistance, les potentialités thérapeutiques et les utilisations industrielles du chanvre, et d’échanger les expériences et les expertises dans ce domaine.
S’exprimant lors de la cérémonie d’ouverture de cet événement, le directeur de la recherche scientifique et de l’innovation au ministère de l’Enseignement supérieur, de la Recherche scientifique et de l’innovation, Ahmed Hammouch, a souligné l’importance de cette rencontre qui se veut un carrefour d’échange d’idées et de connaissances dans le domaine du cannabis, et constitue une occasion pour aborder plusieurs aspects qui vont enrichir les débats et aboutir à des recommandations permettant de soutenir et d’accompagner la nouvelle dynamique engagée après la promulgation de la loi n° 13-21 relatives aux usages licites du cannabis.
Cette manifestation reflète également la volonté de tous d’œuvrer à la réussite de ce chantier d’intérêt national, a indiqué M. Hammouch, notant que le Maroc détient un réel potentiel de diverses espèces de plantes aromatiques et médicinales (PAM), y compris celles classées comme produits à usage médicinal et/ou aromatique, dont le cannabis.
«Cette richesse offre aux chercheurs marocains de nombreuses opportunités couvrant plusieurs aspects liés à la biologie, la phytochimie, la taxonomie et la pharmacologie des plantes, entre autres, permettant de développer une valeur socio-économique et de promouvoir la recherche appliquée, la valorisation du patrimoine naturel national et l’innovation dans les techniques de transformation, qui constituent des vecteurs principaux de croissance et de compétitivité, et générer ainsi de la richesse et l’emploi », dira-t-il, estimant que les opportunités de développement du cannabis médical, cosmétique et industriel au Maroc sont réelles et prometteuses, compte tenu des atouts dont dispose le Royaume, à travers un sol et un climat propices, une proximité du marché européen et africain, et un savoir-faire ancestral des agriculteurs traditionnels, notant que la recherche scientifique autour du cannabis trouve sa place parmi les six priorités nationales de la recherche scientifique, à l’horizon 2025.

Il a assuré que le cannabis et ses produits dérivés pharmaceutiques et cosmétiques représentent une thématique de recherche importante nécessitant la mobilisation des acteurs nationaux de diverses appartenances, l’ouverture sur des réseaux et consortiums internationaux de chercheurs et l’implication des opérateurs du secteur privé dans la valorisation des produits de la recherche, en vue d’assurer une meilleure exploitation scientifique de cette richesse naturelle et de répondre aux ambitions du Nouveau modèle de développement (NMD).
Pour sa part, le président de l’AMCUC, Redouane Rabii, a affirmé que cette conférence vise à examiner les potentialités thérapeutiques et les utilisations industrielles du chanvre, ainsi que les possibilités d’utiliser ses composantes pour lancer des activités économiques à valeur ajoutée, notamment suite à l’adoption de la loi n°13.21 portant usages licites du cannabis.
Cette rencontre a également été l’occasion de prendre connaissance des expériences étrangères et des bonnes pratiques en la matière, notamment celles des Etats Unis, et de débattre des axes de recherche à développer en partenariat avec l’Université Abdelmalek Essaâdi (UAE), l’Université Mohammed 1er d’Oujda, l’Institut national de la recherche agronomique (INRA) et l’Agence nationale des plantes médicinales et aromatiques, pour accélérer l’usage du cannabis dans les industries connexes et de tirer profit des différents bienfaits de cette plante disponible au Maroc, a-t-il affirmé, estimant qu’une bonne exploitation de cette plante pourrait en faire une locomotive pour une activité industrielle renouvelée.
De son côté, le président de l’Université Abdelmalek Essaâdi (UAE), Bouchta El Moumni, a mis l’accent sur l’importance de la recherche scientifique, l’innovation et la formation adaptée, plaidant pour la mise en place du Centre régional de recherche et de valorisation du cannabis à Al Hoceima, en partenariat avec des acteurs socio-économiques locaux, régionaux, nationaux et internationaux.
Ce projet vise à assurer une exploitation et une gestion durable et rationnelle des PAM de la région Tanger-Tétouan-Al Hoceima, dont essentiellement le chanvre ou cannabis, veiller à la préservation et la sauvegarde de la biodiversité, et à renforcer la recherche scientifique et l’innovation dans un cadre légal sur l’usage licite du cannabis à diverses fins médicales, cosmétiques, pharmaceutiques, industrielles, et de construction durable, a-t-il précisé, notant que ce centre constituera une plateforme de référence multidimensionnelle en matière de recherche et d’innovation.
Quant au représentant de la Confédération générale des entreprises du Maroc (CGEM), Karim Amor, il a estimé que la chaine de valeur du cannabis réside surtout dans la valorisation industrielle de cette plante, affirmant la détermination de la CGEM à mobiliser les 37 fédérations membres, représentant l’ensemble du tissu industriel, pour encourager l’usage industriel du cannabis.
La CGEM œuvre à développer 4 points essentiels dans ce domaine, à savoir la rapidité d’exécution des projets, l’engagement auprès des petits agriculteurs, le respect et la préservation de l’écosystème, et la valorisation intrinsèque de cette plante, a-t-il indiqué.
Les intervenants ont, par ailleurs, souligné la nécessité de faire confiance au potentiel marocain scientifique, médical et industriel, favoriser l’émergence de nouvelles utilisations thérapeutiques adaptées aux problématiques nationales de santé publique, promouvoir les synergies entre les différents intervenants, adapter l’arsenal juridique et réglementaire aux spécificités locales et d’encourager la mise en place de clusters d’innovation autour du cannabis thérapeutique.
A signaler qu’en marge des travaux de la conférence, l’Association marocaine consultative d’utilisation du cannabis (AMCUC) et trois structures de recherche nationales ont procédé à la signature de quatre conventions de partenariat en vue de renforcer et de développer la recherche scientifique sur le cannabis et ses produits dérivés.
Le premier accord, signé par le président de l’AMCUC, Redouane Rabii, et le président de l’Université Abdelmalek Essaâdi, Bouchta El Moumni, vise à développer, de manière réelle et pratique, la recherche scientifique sur le cannabis et ses produits dérivés, pour atteindre une meilleure exploitation scientifique de cette richesse naturelle.
La deuxième convention signée par M. Rabii et le représentant de la Chambre de commerce, d’industrie et de services (CCIS) de la région Tanger-Tétouan-Al Hoceima, Anouar Arbai, ambitionne de soutenir et accompagner les initiatives et les programmes, visant à promouvoir l’usage industriel et thérapeutique du cannabis dans la région.
3ème accord de partenariat, signé entre M. Rabii et le directeur de l’Agence nationale des plantes médicinales et aromatiques (ANPMA), Abdelkhalek Farhat, il s’assigne pour objectifs de mener des recherches pointues sur le cannabis et ses produits dérivés, et former des agriculteurs dans le cadre du projet de formation « Kif Takwin », lancé par l’association, pour développer le niveau d’apprentissage des bénéficiaires et promouvoir la modernisation de l’agriculture.
La 4ème convention, signée par M. Rabii et la représentante de la Fondation Mascir (Moroccan Foundation for Advanced Science Innovation and Research), Ikram Ganet, vise, quant à elle, à développer des axes de recherche stratégiques pour exploiter au mieux les potentialités du cannabis au Maroc.
A signaler que plusieurs stands présentant des produits extraits du cannabis étaient dressés dans le hall de la conférence.

























