Ressources gazières au Maroc: Qu’en est-il des gisements de Tendrara et de Larache?

A l’heure du dernier conflit déclenché par l’Algérie qui a coupé son gaz naturel, le 30 octobre dernier, refusant ainsi de renouveler son contrat de fournir ce gaz au Maroc à travers le pipeline MEDGaz, si la situation a  été très momentanément embarrassante pour les décideurs du royaume, elle n’est, à aucun moment devenue paralysante pour les consommateurs qui n’ont nullement senti de manque.
Au contraire, la soi-disante « punition » que nos voisins de l’Est espéraient pouvoir nous infliger, s’est convertie en un véritable propulseur poussant le Maroc qui, en cherchant un palliatif pour débloquer la situation, est  passé, miraculeusement,  du statut d’importateur de gaz naturel, à celui de très futur exportateur. Et c’est là qu’est venue l’idée du gisement de Tendrara qui était en sommeil à l’est du pays.
Selon Leila Benali, ministre de la Transition énergétique et du Développement durable, le Maroc «prospecte du pétrole et du gaz sur une superficie de 283.600 kilomètres carrés.
«Cette immense zone est occupée par des sociétés internationales spécialisées dans le domaine de l’exploration gazière et pétrolière, qui disposent de différentes licences, dont 9 permis d’exploitation et 53 licences de recherche, avec 26 dans le domaine maritime, auxquelles s’ajoutent 3 licences d’exploration», a indiqué la ministre, soulignant qu’au cours des trois dernières années, «plusieurs puits de gaz ont été découverts dans la région occidentale, et la production de gaz à Essaouira est caractérisée par un échafaudage pour alimenter l’OCP et la découverte de gaz dans la région de Tendrara».
«La découverte de gaz au large des côtes de la ville de Larache est un indicateur positif pour la région»,dira-t-elle, affirmant que  «Le Maroc est déterminé à atteindre la souveraineté énergétique, car nous travaillons conformément aux objectifs de la stratégie nationale de renouvellement énergétique afin de dépasser la capacité actuelle de 52% du mix électrique national pour atteindre 100% en 2030», conclut-elle.
En fait, le Maroc devrait lancer, sous peu, deux importants projets gaziers qui lui permettront de réduire sa dépendance aux importations.
Selon une note intitulée «Morocco Exploration & Production », la société londonienne spécialisée dans le conseil et l’analyse de données, GlobalData,  révèle que  ces deux grands projets lui permettront de libérer son potentiel gazier en rajoutant 70 millions de pieds cubes par jour de gaz naturel à son mix énergétique durant les cinq prochaines années, pour réduire sa dépendance au charbon et aux importations.
«La croissance productive devrait se matérialiser avec le lancement de la première phase de Tendrara, qui prévoit de fournir des volumes de gaz d’ici la mi-2022 avec un prix de développement inférieur à 5 dollars/mpc.
Le Maroc a entamé l’exploitation du gaz du gisement de Tendrara à travers un accord conclu avec la société britannique Sound Energy qui se chargera de fournir le gaz au Royaume en exploitant la partie marocaine du gazoduc abandonné par l’Algérie et devenue propriété à part entière du Maroc. Le nouveau contrat, conclu avec l’Office national de l’électricité et de l’eau potable (ONEE), permettra au Maroc de recevoir jusqu’à 350 millions de mètres cubes de gaz naturel liquéfié par an, sur une durée de 10 ans.
Le gisement Offshore d’Anchois, découvert en 2009 près de Larache, devrait commencer à produire en 2024 et sera le plus grand développement gazier entrepris au Maroc.
Pour les deux projets, l’obstacle majeur reste l’obtention d’un financement adéquat.
La société britannique a également évoqué les derniers développements du projet d’Anchois en indiquant que l’entreprise exploratrice, Chariot Oil & Gas, a démarché plusieurs investisseurs pour assurer son financement, notamment Africa Finance Corporation et une banque d’investissement multinationale. «Ces derniers développements rapprochent le Maroc de l’exploitation de son plus grand gisement de gaz, et une décision finale d’investissement devrait être prise cette année.
Pour rappel, cette entreprise britannique spécialisée dans l’exploration pétrolière et gazière, a signé un protocole d’accord le 2 mars 2021 avec le ministère de l’Industrie, du Commerce et de l’Economie verte et numérique, pour faire de ce gisement un important fournisseur de gaz sur le marché marocain, favoriser la création d’emplois, l’intégration régionale à travers le développement d’infrastructures stratégiques et la promotion d’une énergie propre et compétitive destinée au secteur industriel marocain.
Le projet Anchois, considéré comme un gisement «à fort potentiel», est en fait une zone de forage située au large de Larache, la côte atlantique nord du Maroc. Ses capacités étaient estimées à 1.000 milliards de pieds cubes de gaz en 2020. Chariot Oil & Gas explore ces sables gazeux dans le cadre de la licence Lixus Offshore, qu’elle partage avec l’Office national des hydrocarbures et des mines (ONHYM) avec des parts respectives de 75% et 25%, sur une superficie d’environ 2390 km2.
Le Maroc n’a pas réussi à développer ses principales découvertes de gaz à ce jour, principalement parce que le pétrole a été la ressource préférée au gaz. Mais avec l’accent mis récemment sur le gaz, un cadre fiscal attractif et une forte demande intérieure, les opérateurs internationaux poussent fort pour développer les ressources du pays.

 

Dr Abdelhak BAKHAT

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