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La Souveraineté et l’Intégrité territoriale Marocaines ne se discutent pas Les dessous d’une crise diplomatique entre le Maroc et l’Allemagne

Le Marocain, quel qu’il soit, est intraitable quand il s’agit de Trois Valeurs fondamentalement sacrées au sujet desquelles il ne badine pas. Qu’il soit du nord, du sud, de l’est, de l’ouest, de l’intérieur ou de l’extérieur du Royaume et  quels que soient son niveau intellectuel ou social, ses convictions, ses orientations politiques ou autres, le Marocain est fondamentalement attaché à ces trois Grandes valeurs qui sont : la Monarchie, la  Souveraineté et l’Intégrité territoriale de son pays. Des valeurs qui passent avant et envers toute autre considération et autour desquelles les Marocains  sont unanimement, solidairement et inconditionnellement unis.
Beaucoup d’étrangers ont tenté, ou seulement essayé de marchander avec les Marocains à ce sujet, et se sont affrontés à un roc massif, inaliénable, inviolable, indestructible!
Mais, quoique ces choses sacrées ne sont  un secret pour personne, certains tentent encore, comme c’est le cas de  l’Allemagne aujourd’hui, un pays que le Maroc a pourtant toujours, de tout temps et dans n’importe quelles circonstances, considéré comme une grande puissance
au cœur de l’Union Européenne et surtout comme une Nation amie qu’il a continuellement   respectée…jusqu’à ce qu’elle tente de violer les grandes valeurs du Royaume !!!

Le signal d’alarme a été donné, lundi 1er mars 2021, par le ministre Marocain des Affaires étrangères, de la Coopération africaine et des Marocains résidant à l’étranger, Nasser Bourita, qui a, de manière inédite, adressé au Chef et à l’ensemble des membres du Gouvernement, une lettre braquant les projecteurs sur des « malentendus profonds dans les relations entre le Royaume du  Maroc et la République fédérale de l’Allemagne, au sujet de questions fondamentales du Royaume du Maroc ».
La lettre ministérielle annonce, tout de go, une «suspension de tout contact avec l’Ambassade d’Allemagne au Maroc», sollicitant  qu’«en raison des malentendus profonds avec la République Fédérale d’Allemagne au sujet des questions fondamentales du Royaume du Maroc, les départements ministériels et l’ensemble des organismes qui relèvent de leurs tutelles, sont priés de bien vouloir suspendre tout contact, interaction, ou action de coopération, en aucun cas ou sous aucune forme, aussi bien avec l’Ambassade d’Allemagne au Maroc qu’avec les organismes de coopération et les fondations politiques allemandes qui lui sont liés».
La lettre de Bourita ajoute :«Toute dérogation à cette suspension, ne pourra se faire que sur la base d’un accord préalable explicite du ministère des Affaires étrangères».
Le texte de la lettre conclue que : « le ministère des Affaires étrangères a pris la décision de suspendre tout contact ou démarche avec l’Ambassade d’Allemagne au Maroc » (sic).
Une véritable douche froide pour les destinataires de ce message inédit, mais ferme et authentique !
Que s’est-il donc passé de si grave pour que l’on arrive subitement à un semblant de rupture diplomatique d’une telle ampleur ?.
En fait, une fois la surprise passée, on se rendra compte que la lettre de Nasser Bourita n’exprime  pas, en effet,  une rupture diplomatique franche, au sens propre du mot, mais seulement  une « suspension de tout contact avec l’Ambassade d’Allemagne au Maroc,  et avec les organismes de coopération et les fondations politiques allemandes qui lui sont liés. Ce qui est, en soi, déjà inquiétant.
Une fois ce point éclairci, on passera au fond du texte pour savoir
quels sont ces «malentendus profonds» qui ont conduit à cette situation d’impasse ?
On apprendra quelques causes, mais il y en a probablement d’autres.
On évoque d’abord la réunion de Berlin sur la Libye, organisée par l’Allemagne en janvier 2020 et dont le Maroc avait été exclu, alors qu’il avait abrité plusieurs rounds du dialogue inter libyen à Skhirat (avec l’ONU) à Bouznika et plus récemment à Tanger.
On s’en souvient, cet « oubli » avait été très mal pris par Rabat. Le ministère des Affaires Etrangères du Maroc avait, alors, publié un communiqué aux termes directs et francs. «Le Royaume du Maroc ne comprend ni les critères ni les motivations qui ont présidé au choix des pays participant à cette réunion», pouvait-on y lire. Ou encore: «Le Royaume du Maroc a toujours été à l’avant-garde des efforts internationaux pour la résolution de la crise libyenne (…). Le Royaume du Maroc a joué un rôle décisif dans la conclusion des accords de Skhirat qui sont, à ce jour, le seul cadre politique – appuyé par le Conseil de Sécurité et accepté par tous les protagonistes libyens – en vue de la résolution de la crise dans ce pays maghrébin frère».
La riposte marocaine à la mesure de la vexation subie, conclue : «Le pays hôte de cette conférence, qui est loin de la région et des complexités de la crise libyenne, ne saurait la transformer en instrument de promotion de ses intérêts nationaux » !
Le Maroc venait de réaliser le peu de cas que l’Allemagne faisait du Royaume et de son rôle à l’international. Aussi, lorsqu’il avait été invité à participer à la seconde réunion (en ligne) de Berlin 2, neuf mois plus tard, il a répondu par une représentation a minima, avec un «niveau autre que ministériel» et optant pour «un rôle d’observateur» seulement Si d’autres «malentendus» ont été encaissés avec retenue  par le Maroc, pour préserver les relations entre les deux pays, aujourd’hui deux grands chocs ne peuvent passer inaperçus puisqu’ils concernent des prises de position de l’Allemagne dans le dossier du Sahara Marocain.
Il y a, d’abord, le positionnement allemand après la Reconnaissance par les Etats Unis d’Amérique de la Souveraineté du Maroc sur Son  Sahara; ensuite, la convocation « à l’initiative de l’Allemagne », du Conseil de Sécurité, pour l’examen de cette reconnaissance.
En effet, dès que l’Administration Trump avait annoncé reconnaître la pleine et entière Souveraineté du Maroc sur Son Sahara, le 10 décembre 2020, la diplomatie allemande avait publié un communiqué, le14 décembre 2020, pour faire savoir que sa position sur la question du Sahara « n’a pas changé » et s’était empressée de réclamer une réunion du Conseil de sécurité, qui s’était effectivement tenue à huis-clos, le 24 décembre 2020.
Très virulent, l’ambassadeur représentant de l’Allemagne auprès de l’ONU, Christoph Heusgen, y avait prononcé un véritable plaidoyer pour que les Etats Unis ne soutiennent pas une partie «Il faut avoir à l’esprit l’intérêt légitime de toutes les parties et il faut agir dans le cadre du droit international», avait-il lancé le diplomate allemand, après avoir tancé vertement les États-Unis, leur reprochant de manquer de responsabilité :
«Quand on est porte-plume, il faut être responsable !», avait-il affirmé envers les Américains, sachant que ce sont les États Unis qui sont le pays «porte-plume» dans le dossier du Sahara, chargé de rédiger les projets de résolutions du Conseil de Sécurité, proposés ensuite au vote.
Ces propos ont été perçus comme un positionnement franc contre le Maroc.
Bizarrement, l’Allemagne ne s’était pourtant jamais opposée chaque fois que  le polisario collectionnait les reconnaissances de plusieurs Etats, malgré que cela soit considéré comme sortant «du cadre du droit international».
D’autre part, alors qu’aussi bien les Etats Unis que le Maroc et la majorité des Pays siégeant au Conseil de Sécurité  réaffirment leur attachement au processus en cours de la  solution d’autonomie élargie proposée par le Maroc et appuyée par les résolutions de l’ONU, l’Allemagne joue au grand absent dans ce volet.
En réalité, cela fait quelques années déjà que le comportement de l’Allemagne intrigue le Maroc,  surtout depuis que Berlin s’intéresse de près au dossier du Sahara, notamment, depuis que l’ex-Président allemand, Horst Köhler avait été nommé «Envoyé personnel du Secrétaire Général de l’ONU au Sahara», en août 2017. Poste dont il avait démissionné en mai 2019, officiellement pour «raisons de santé».
Depuis, l’opinion publique marocaine, voit  l’Allemagne pencher progressivement et plus ou moins discrètement, vers la partie adverse à l’Unité territoriale Marocaine, tant au niveau de la diplomatie (y compris dans les dossiers maroco-européens, comme l’accord de pêche de 2018 auquel l’Allemagne s’est opposée), qu’au niveau de la radio officielle (la Deutsche Welle qui fait la part belle aux thèses du polisario), ou à celui d’institutions parlementaires où le lobby algéro-polisarien trouve des complaisances qui ne respectent pas cette impartialité que l’ambassadeur allemand auprès de l’ONU exige des autres parties.
Maintenant, que les «malentendus profonds»  se confirment, le courrier du ministre Nasser Bourita  aux divers départements ministériels marocains, constitue aussi un message à l’adresse de l’Allemagne qui a le devoir diplomatique d’éclaircir sa position…!
Jusqu’à présent , Berlin s’est contenté  d’une déclaration laconique du ministre des Affaires Etrangères allemand, Heiko Maas, qui a affirmé  avoir «pris note de ce qu’ont publié les médias marocains», sans autres commentaires…
En tout cas, les appels de la diplomatie marocaine aux  partenaires européens, sont clairs: il s’agit pour eux de revoir leurs mécanismes de coopération et de rééquilibrer leurs rapports avec le Maroc en lui rendant justice sur la question fondamentale de son Intégrité territoriale.
La France et l’Espagne sont les premiers concernés, au vu de leurs longues et intenses relations avec le Maroc ; de leur parfaite connaissance du dossier du Sahara dont ils possèdent  les documents prouvant sa marocanité ; et de leurs intérêts dans ce pays sachant qu’ils se relaient à la première place de partenaire commercial, depuis plusieurs années.
L’Allemagne s’est ajoutée à eux. Elle est devenue un partenaire commercial important du Maroc, occupant la 5ème place.
Respect mutuel et respect des intérêts des uns et des autres, voilà ce qui est attendu de l’Allemagne, autant que cela est attendu des autres partenaires européens.
Au regard du Maroc, il devrait y avoir plus de réciprocité dans le partenariat et plus de sincérité dans les rapports bilatéraux !.

Dr: Abdelhak BAKHAT

 

 

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