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Consensus autour du Cabinet Benkirane II

Consensus autour du Cabinet Benkirane II
Le 19.02.2015 à 12:00:51

Le rideau devrait tomber incessamment sur le long feuilleton de la formation du gouve
ement Benkirane II
, deux mois après la démission des ministres istiqlaliens.

De
ières réunions, de
iers réglages, de
iers arbitrages, la maïeutique du gouve
ement Benkirane II aura été difficile jusqu’au bout, mais le chef du gouve
ement semble avoir aplani les problèmes et résolu les points de divergence avec Salaheddine Mezouar, le président du RNI, pour que ce denier puisse enfin remplacer l’Istiqlal au sein de la majorité.

Le remaniement attendu depuis le mois de mai ne sera ni tout à fait en profondeur ni tout à fait en surface. Les réaménagements réclamés par le Rassemblement national des indépendants ne seront satisfaits qu’à moitié. Certains départements devraient être scindés pour donner naissance à d’autres ministères, pour l’Environnement, les Investissements et l’Economie sociale.

Au bout des négociations, le président du RNI, Salaheddine Mezouar serait arrivé à décrocher 8 postes ministériels. Il serait également arrivé à imposer une nouvelle approche de l’économie et compte la mettre en œuvre en optant pour d’anciens ministres comme Rachid Talbi Alami, Anis Birou et Amina Benkhadra, mais aussi de nouveaux visages, comme Fatéma Mérouane, professeur en médecine ; Mbarka Bouida, ancienne députée et Mohamed Abbou, cheville ouvrière du parti.

Le RNI devrait hériter, entre autres, du ministère de l’Industrie, du Commerce et de l’Economie numérique, du ministère de l’Artisanat et de l’Economie sociale ; d’un ministère tou
é sur les TPE, l’auto-emploi et l’intégration de l’informel, du ministère de l’Education nationale et la formation professionnelle, mais aussi et surtout du ministère de l’Economie et des Finances que se réserverait Mezouar en personne.

Conce
ant les femmes, le RNI semble vouloir proposer plus de noms que les autres partis de la majorité. Sur cette lancée, Nawal Moutawakil et Nadia Bouhriz pourraient faire leur entrée. De son côté, le PPS opterait aussi pour Charafat Afilal, députée et vice-présidente de la Chambre des représentants. Dans ce cas, le parti de Nabil Benabdallah devrait sacrifier un ministre.

Seul point de désaccord, pour l’instant encore, le ministère de l’Economie et des Finances : Benkirane insiste sur le maintien de Driss El Azami au Budget, alors que le RNI persiste à réclamer un département des Finances pour lui seul avec
salah Mezouar en tant que ministre. Dans la foulée, on a bizarrement avancé le nom de Aziz Akhannouch, Rniste sur le tard puis décrété sans appartenance politique pour siéger au sein du gouve
ement Benkirane I. Mais, ce ne serait que spéculation parce qu’on sait qu’il n’est pas question d’un retour à la maison RNI pour le ministre de l’Agriculture et de la Pêche.
En fin de compte, Mezouar reste seul candidat pour le poste de ministre de l’Economie et des Finances. A ce propos, le député PJDiste Abdelaziz Aftati estime que « le retour de Mezouar au ministère des Finances saboterait tous les efforts qui visaient à renforcer la transparence dans ce secteur », allusion faite au scandale des primes, cette affaire qui avait montré que Mezouar, du temps où il était ministre des Finances, percevait des indemnités de 80.000 DH par mois de la Trésorerie générale du royaume. Cette question avait été reconnue par Mezouar après qu’il en eût donné sa version affirmant que tout cela était légal.

Ces attaques contre Salaheddine Mezouar publiées par un quotidien arabophone de la place ont retardé le processus des négociations de quelques jours, obligeant Abdelilah Benkirane à se fendre d’un communiqué pour laver de tout soupçon d’interventionnisme ses futurs alliés. «On a tous retenu notre souffle. La machine a failli se gripper de nouveau», confie un membre de la majorité.

Le suspense sur les Finances demeure, donc, entier, et le chef du gouve
ement a informé ses pairs dirigeants du PJD que tout était presque bouclé, sauf le fameux ministère et qu’une fois ce point réglé, le gouve
ement pourrait être annoncé.
Le dirigeant du PJD aurait aussi affirmé que les ministres PJD resteront en fonction, à leurs postes actuels, à l’exception peut-être d’El Azami.

Tout cela pour dire que la prochaine équipe ministérielle prend forme. Les accords se dégagent. Les arbitrages commencent. Les de
iers réglages devaient être au menu d’ultimes rencontres bilatérales avec le chef du gouve
ement. Mezouar, Benabdallah (PPS) et Laenser (MP) devaient rencontrer chacun séparément Abdelilah Benkirane. Il faut satisfaire les uns et les autres, calmer les ardeurs, éteindre des feux.
Lundi, le chef du gouve
ement a été reçu par SM le Roi. Ni caméras, ni communiqués, mais quelques fuites pour révéler que le chef de l’Etat a été informé de l’état des négociations pour la formation de l’Exécutif. Pour les initiés, cette rencontre indique que le compte à rebours a bel et bien commencé.

En récapitulation, le prochain gouve
ement compterait 34 membres dont très probablement 4 femmes. 3 à 4 nouveaux portefeuilles vont voir le jour. Dans cette nouvelle configuration, des informations laissent indiquer que le ministère des Transports et de l’Equipement sera scindé. «Tous les alliés ont des exigences. Y compris le PJD qui, avec ses 107 sièges à la Chambre des représentants, s’estime sous-représenté au gouve
ement. Le Mouvement populaire se voit, lui aussi, attribuer un ministère supplémentaire. C’est une femme du bureau politique qui devrait en principe l’occuper. Du côté du PPS, ce sont les quatre portefeuilles qui seront maintenus. Mais le secrétaire général du PPS devrait sacrifier l’un de ses ministres sur l’autel du genre en le remplaçant par une militante. Cruel dilemme mais c’est le mandat qui a été en effet donné à Nabil Benabdallah par le bureau politique du PPS : pas de remaniement sans les femmes. Si le PPS a accepté que les Harakis aient un poste ministériel supplémentaire, il reviendra à la table des négociations «au cas où il y aurait inflation de portefeuilles».

De nouveaux visages mais aussi des partants. Le sort de l’actuel ministre de l’Education nationale, Mohamed El Ouafa, le de
ier des Istiqlaliens au gouve
ement, est scellé. L’ancien diplomate resté ministre envers et contre tous a été invité à prendre des vacances, en attendant des jours meilleurs. Au PPS, on ne sait pas encore qui cédera sa place de ministre à une femme. Du côté du PJD, rien n’est encore définitivement tranché en ce qui conce
e les débarqués. Benkirane est encore à la manœuvre… mais il n’a plus de temps à perdre.

Synthèse de
M. ABOUABDILLAH

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