On connaît Fatema Mernissi pour son combat féministe et ses travaux sociologiques. Mais connaissez-vous son travail auprès des tisseuses du village de Taznakht, dont les tapis ornaient sa maison ? « Pour Fatema Mernissi, le tissage était (…) »un art à part entière, et elle était consciente du rôle fondamental qu’avait le tissage dans la vie de ces femmes »
En 2005, lorsque le psychanalyste Ahmed Farid Merini rencontre Fatema Mernissi, il est d’abord fasciné par les tapis de Taznakht, un village situé dans la région de Drâa-Tafilalet, qui ornent le salon de la sociologue féministe la plus respectée du royaume.
Ahmed Farid Merini, psychanalyste devient ami intime de la sociologue, et revisite ses travaux auprès des tisseuses de Taznakht dans “Fatema Mernissi, le fil invisible du féminisme”.
« Ma rencontre avec Fatima Mernissi date de plus de 15 ans, avec une collaboration qui s’étale sur une dizaine d’années », nous raconte Farid Merini, expliquant que son essai se veut un moyen pour mieux connaître la personnalité de Mme Mernissi et la complexité de son œuvre.
Son œuvre est un patchwork, a-t-il affirmé, précisant que son livre tente de relier toutes les parties des travaux et enquêtes réalisés pendant la vie de Mme Mernissi, en particulier celui auprès des tisseuses de Taznakht.
Au sujet de la complexité de l’œuvre de cette intellectuelle, sociologue et féministe, M. Merini a relevé que les questions de liberté, de libération de l’individu et de la femme principalement, ont été le socle de sa pensée.
« A travers cet essai, j’ai tenté d’extrapoler le tissage social par le biais du paradigme du tissage chez les tisseuses de Taznakht »
Pour Fatema Mernissi, le tissage, bien que différent de la broderie dans sa pratique et dans sa symbolique, renvoie à son enfance passée dans un harem au milieu des brodeuses, qu’elle évoque dans son livre « Rêves de femmes ». Entre les murs du riad, la broderie devient, en effet, l’expression d’une rébellion, un moyen de défaire les normes de la tradition pour échapper à l’enfermement et aux « hudud » (barrières) du patriarcat, peut-on lire dans un extrait du livre.
L’auteur a écrit ce livre pour approcher le lecteur de la personne de Fatema Mernissi, qu’il sache comment elle travaillait : d’une certaine manière, elle était toujours en train de vous tendre un fil.
Selon Nouzha Guessous, l’essai de Fouad Merini livre un aspect de l’œuvre de Fatima Mernissi, à travers le regard d’un homme qui a côtoyé une femme d’une grande carrure et de surcroît celle d’un psychanalyste et fils de brodeuse.
Un livre que je vous recommande vivement !
Résumé : L’auteur relate sa rencontre et sa relation de travail avec Fatema Mernissi. Il nous fait voyager dans son univers en abordant la complexité que laquelle repose son travail et sa pensée en tant qu’intellectuelle, sociologue, féministe et écrivaine.
L’auteur nous fait entrer dans le monde de Fatema Mernissi par le biais de la broderie et du tissage qui sont des pratiques qui semblent répétitives, à première vue ancrées dans la société traditionnelle, mais sont pourtant abordées par Fatema Mernissi, comme moyen d’expression d’une rébellion des femmes et d’une quête de libération des hudud (frontières ou limites imposés par la société patriarcale.
C’est en psychanalyste et en fils de brodeuse que l’auteur a tenté de rendre visible la démarche de Fatema Mernissi. Ce fil emprunte une voie qui sort des hudud d’un discours séculaire.
Bonne Lecture !


























