En premier lieu, il est important de préciser qu’écouter pour comprendre implique une écoute active (ou bienveillante). Dans ces conditions, il devient assez facile de définir ce qu’écouter pour répondre implique : c’est une écoute qui ne cherche pas à créer un lien avec la personne. Son seul objectif est de trouver la faille, le contre-argument qui permettra de revenir à sa propre vision.
La particularité de ces échanges est qu’ils finissent souvent par le même signe d’échec : le constat que « l’autre » est incapable de comprendre ce que l’on dit. Échec qui en réalité masque sa propre incapacité à écouter et établir un dialogue.
L’empathie : la clé de l’écoute
Si la bienveillance est un élément essentiel aux relations interpersonnelles, la véritable clé de l’écoute bienveillante est l’empathie. Malheureusement, la signification de ce mot semble souvent oubliée, quand elle n’est pas détournée.
Dans ces conditions, si vous restez dans l’écoute pour répondre, le raccourci est tentant : empathie ? Bienvenu dans le monde des bisounours ! Mais c’est un raccourci et, par conséquent, il vous fait passer d’un élément important.
En effet, l’empathie n’a rien d’une vision « bisounours » du monde, au contraire, elle implique de savoir prendre un recul intellectuel qui permet la compréhension de l’autre, sans aucun jugement moral.
Prendre ce recul nécessite la capacité de faire abstraction de son propre état affectif ou émotionnel. De même, écouter avec empathie implique de savoir accueillir les sentiments de l’autre, d’établir une connexion, tout en laissant et l’autre et soi-même chacun à sa place. L’empathie n’implique pas d’accord. Écouter avec empathie n’oblige pas à trouver un accord émotionnel ou intellectuel. Bien au contraire ! Chercher à dire comment faire ou comment dire, ou dès que l’on ressent une émotion et que l’on cherche à partager… c’est que l’on a quitté l’empathie.
5 attitudes nuisibles à l’écoute
Le jugement
Qu’il soit positif ou négatif, le jugement est à bannir. Il implique des notions de comparaison ou de bien/mal. Il peut s’exprimer sous forme de conseils qui sous-entendent : « moi je sais comment faire, pas toi ».
Les croyances
il faut être attentif aux croyances que nous projetons sur l’histoire de l’autre. Écouter activement nécessite de préserver l’autre de nos croyances limitantes. Mais aussi de le préserver de nos croyances de sens, qui impliquent un jugement de valeur, comme de nos croyances sur les causes. Ces dernières ayant tendance à externaliser l’origine du problème.
L’interprétation
À ne pas confondre avec la mauvaise foi qui consiste à tordre les propos à son avantage ou à chercher à discréditer son interlocuteur. L’interprétation consiste à faire une lecture de la situation selon ses propres filtres et ses croyances.
La généralisation
L’écoute active suppose d’établir un lien ici et maintenant avec la personne. La généralisation par l’utilisation de mots comme « toujours », « jamais », « chaque fois », « encore »… est totalement incompatible avec la connexion à une émotion présente. La généralisation est souvent le signe d’une interprétation et d’un jugement.
Le conseil
Aussi étrange que cela puisse paraître, le conseil rassemble à lui seul tous les points précédents et s’avère donc être totalement contraire à l’écoute active. En effet, donner un conseil suppose avoir fait une interprétation de ce que l’on a entendu. Puis d’y avoir appliqué un jugement, avec probablement nos croyances, avant d’exprimer une forme de généralisation.


























