Tanger et sa région face au fléau du “sable volé” : un pillage qui menace les plages du Nord
JDT
Le vol de sable, un phénomène ancien mais toujours d’actualité, continue de menacer les plages de la région de Tanger. Ce week-end encore, une patrouille de la Gendarmerie royale a intercepté un camion en flagrant délit de chargement illégal sur une plage située entre Tanger et Asilah. Le conducteur, pris sur le fait, a été interpellé et placé en garde à vue sur instruction du parquet, en attendant sa présentation devant le procureur du roi.
Ce nouvel épisode remet sur le devant de la scène un dossier épineux que les autorités peinent à refermer, il s’agit du pillage du sable. Derrière ces extractions clandestines, souvent opérées de nuit, se cache une activité lucrative alimentant des chantiers de construction à moindre coût. Mais les conséquences sur l’environnement sont désastreuses.
L’érosion accélérée du littoral, la déstabilisation des dunes et la perte de biodiversité figurent parmi les effets directs de ce commerce illégal.
Selon des experts en environnement, la situation s’est toutefois améliorée ces dernières années et le phénomène a nettement reculé dans la région, mais certains cas isolés persistent. Ils mettent en garde contre l’utilisation de sable marin dans le bâtiment, en raison de sa teneur en sel qui compromet la durabilité des constructions.
Malgré cette relative accalmie, les acteurs locaux restent vigilants. Le pillage du sable demeure un sujet sensible, d’autant que certains contrevenants tentent régulièrement d’obtenir l’appui d’élus pour échapper aux sanctions. Les services de la Gendarmerie royale et la Police de l’environnement poursuivent leurs efforts pour surveiller les plages et sanctionner les contrevenants.
« Le sable n’est pas une ressource inépuisable. Chaque grain retiré à la nature demande des millions d’années pour se reformer », rappelle un citoyen, soulignant l’urgence d’une gestion durable du littoral.
À Tanger comme ailleurs sur la côte atlantique, la lutte contre le “sable volé” est devenue un combat environnemental et citoyen, essentiel pour préserver l’équilibre fragile des plages du Nord.