L’homme sans culture est un arbre sans fruit.
Antoine de Rivarol
Un homme sans culture, c’est comme un zèbre sans rayures. L’homme sans culture est un arbre sans fruit. Le monde de l’homme est le monde de la culture et celle-ci s’oppose à la nature avec la même rigueur, quel que soit le niveau des civilisations considérées. La culture est l’âme de la démocratie.
L’opposition traditionnelle entre nature et culture, en définissant la nature comme l’aspect animal de l’homme et la culture comme ce qui le distingue des animaux, englobe l’éducation, l’art, la politique, etc. La culture dénature l’homme en l’éloignant de ses instincts naturels par des règles et des contraintes. Cependant, elle remet en question l’idée d’une nature humaine distincte de la culture, se demandant si l’homme n’est pas plutôt un mélange des deux. A voir également la nécessité pour l’être humain de devenir culturel et si la culture peut réellement dénaturer l’homme, tout en soulignant que la notion de nature humaine pourrait avoir une dimension culturelle.
La culture transforme l’homme en le détachant de son état naturel. Elle s’oppose à la nature, car elle modifie les caractéristiques essentielles de l’homme, qui sont innées. Ainsi, la culture dénature l’homme en tant qu’elle représente une transformation de la nature.
Une analyse de l’origine de l’inégalité entre les hommes, affirme que l’homme est naturellement bon et que la culture est responsable de ses maux, le transformant en un être jaloux et cupide. Diderot, dans son « Complément au voyage de Bougainville », décrit la vie de l’homme sauvage, vivant en harmonie avec la nature et sans possessions. Il considère le mariage comme une invention culturelle qui crée l’illusion de possession, entraînant des conflits, notamment pour les femmes, qui sont ainsi soumises à des discordes dans la civilisation.
La tension entre la nature humaine et la culture évoque une nostalgie pour une nature humaine perdue, corrompue par l’éducation et la culture, qui, selon Nietzsche, pourrait être le grand malheur de l’homme en l’éloignant de sa véritable essence. Cependant, cette vision est remise en question par Sartre, qui argue que l’homme n’a pas de nature prédéfinie. Selon lui, l’homme est indéfinissable et se définit par sa liberté et ses choix, affirmant que ce qui le constitue ne provient pas d’une nature innée, mais des actes qu’il choisit d’accomplir.
l’homme n’a pas de nature intrinsèque distincte de la culture, affirmant que la culture constitue entièrement l’homme. Bien que des instincts naturels, comme la faim, existent, leur expression est toujours façonnée par des éléments culturels. L’idée de dénaturation est jugée absurde, car la culture est essentielle à l’identité humaine, la différenciant des animaux. Ainsi, l’homme est décrit comme étant « naturellement culturel », et son développement culturel est vu comme une réalisation de sa nature. En accord avec la pensée d’Aristote sur les dispositions humaines à celle de l’animal, il est important de reconnaître que l’animalité fait également partie de la nature humaine. Il met en lumière que les pulsions négatives attribuées à notre nature animale peuvent en réalité être influencées par la culture, en affirmant que seul l’homme est capable d’inhumanité.
La culture ce qui a fait de l’homme autre chose qu’un accident de la nature. André Malraux.
