par le Docteur Abdelhak BAKHAT
Voilà plus de deux années que le monde lutte, avec acharnement, contre la pandémie du Coronavirus dont on ignore encore l’origine, et on parvient à peine, aujourd’hui, à maîtriser relativement la situation sanitaire, alors que l’on risque déjà d’avoir une nouvelle pandémie sur les bras.
Cette fois, il s’agit d’une maladie rare et endémique d’Afrique de l’Ouest,
scientifiquement appelée « Monkeypox » et plus connue sous le nom de « Variole du singe » qui s’est subitement, répandue en quelques, jours dans 7 pays d’Europe et d’Amérique du Nord.
« Monkeypox » est une maladie qui se transmet naturellement des animaux à l’être humain et inversement. Elle se transmet aussi entre humains par contact ou par liquides organiques, dont la salive mais aussi par voie respiratoire.
De la même famille que la variole humaine, elle peut causer des symtômes semblables : fièvre, mal de tête, douleurs musculaires, mal de dos, ganglions lymphatiques enflés, frissons et fatigue. Des éruptions cutanées peuvent également survenir, souvent sur le visage, et se répandre à d’autres parties du corps, notamment les parties génitales.
Ces lésions cutanées ressemblent à ce qu’on voyait avant avec la variole, une maladie virale qui a été éradiquée il y a plus de 40 ans, grâce à la vaccination..
Il n’existe pas de traitement pour cette infection virale qui se guérit d’elle-même.
La variole du singe a été détectée, pour la première fois, chez l’être humain, en 1970. Depuis son apparition en République démocratique du Congo, d’autres cas ont été signalés dans dix autres pays africains à proximité des forêts tropicales humides, dans les zones isolées du centre et de l’ouest de l’Afrique.
En 2022, c’est le Royaume-Uni qui est le premier pays occidental à avoir signalé le 6 mai courant, des cas d’infections à cette maladie,. Puis, d’autres contaminations ont suivi en Espagne, au Portugal, au Canada, aux États-Unis en Suède et en France le 20 mai.
Dans l’ensemble, les autorités se veulent rassurantes, soulignant que la maladie est peu contagieuse entre humains. Néanmoins, la multiplication des foyers apparents inquiète l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) et les autorités sanitaires locales de certains pays qui ont rapidement adopté des mesures pour éviter la propagation du virus.
Au vu de la situation, le Centre européen de prévention et de contrôle des maladies (ECDC) dit « suivre la situation de près » et recommande « d’isoler et de tester les cas suspects et de les notifier rapidement ».
Les autorités sanitaires du Portugal et de l’Espagne ont ainsi déclenché une alerte sanitaire nationale. L’Italie a indiqué que la situation était « sous surveillance constante » et a immédiatement placé le patient suspect à l’isolement. Les autorités suédoises « enquêtent désormais avec les centres régionaux de contrôle infectieux pour savoir s’il y a davantage de cas ».
La résurgence de cette infection intervient alors que le Maroc s’apprête à lancer l’opération Marhaba 2022 et sa stratégie nationale de relance du tourisme. Ce nouveau virus risque de compromettre les ambitions du Royaume pour ce secteur, qui se relève à peine des répercussions de la crise du Covid-19.
Pour le médecin-chercheur en politiques et systèmes de santé, le docteur Tayeb Hamdi, qui se veut rassurant, affirme que « la découverte de ces cas n’est pas inquiétante, même si cela déclenche des alertes et une veille sanitaires de la part des autorités de santé ; les cas de la variole découverts en Europe et en Amérique du Nord ne doivent pas, pour le moment, inquiéter. En attendant de voir la source exacte de ce virus», indique l’expert, expliquant que les cas découverts actuellement, sont de sexe masculin ; ce sont des gens qui ont eu des rapports homosexuels.
«Mais cela ne veut pas dire qu’il s’agit d’une maladie sexuellement transmissible», car la transmission peut aussi résulter d’un contact direct avec du sang, des liquides biologiques, des lésions cutanées ou des muqueuses d’animaux infectés» précise le spécialiste, faisant remarquer qu’en Afrique, les infections humaines avaient un contact direct avec des singes, des rats géants de Gambie et des écureuils infectés. Aussi, la consommation de viande d’animaux infectée et pas suffisamment cuite représente un facteur de risque possible, dira-t-il.
Enfin, l’évolution de cette maladie est bénigne. Les êtres humains infectés guérissent après deux à quatre semaines, souligne Tayeb Hamdi. Chez les enfants, l’infection peut devenir grave et fatale dans certains cas. En revanche, «depuis l’éradication de la variole, il n’y a eu aucune production de vaccin. Aujourd’hui, il y a une investigation concernant ce sujet pour comprendre les sources et les conditions exactes de la transmission».
Le ministère a aussi mis en place un plan d’action basé sur la prévention, le confinement et l’auto-isolement.
Dans le cadre de ce Plan national de surveillance et de riposte contre la variole du singe, lancé, le 20 mai, à l’ensemble des composantes de l’écosystème de santé, que ce soit dans le public ou le privé, le ministère de la Santé indique que tout cas suspect ou probable de variole du singe doit être immédiatement déclaré à l’autorité sanitaire dont relève la structure sanitaire qui coordonne, en urgence, avec le service régional de Santé publique, la vérification de la définition du cas et procède à l’investigation épidémiologique dès que le cas est classé comme cas probable. Pour chaque cas, une fiche d’investigation est renseignée et envoyée au Centre national d’opérations d’urgence en santé publique (CNOUSP).
S’il n’existe actuellement pas de vaccin contre la variole du singe, une molécule a prouvé son efficacité contre cette maladie : le « Tecovirimat ». Le ministère de la Santé a entamé des négociations auprès de laboratoires pharmaceutiques produisant des médicaments à base de cette molécule dans l’optique de se constituer un stock pour traiter les éventuels cas de contamination.
Le docteur Tayeb Hamdi qui insiste sur ces mesures préventives, conclue avec une touche optimiste affirmant : «chaque personne infectée qui présente ces symptômes doit se présenter aux centres sanitaires, mais il ne faut pas s’inquiéter, pour le moment !».
Aucun cas de contamination à la variole du singe n’a été enregistré pour le moment au Maroc.
C’est relativement rassurant, mais cela n’exclue pas le risque que le monde peut basculer de la pandémie du Covid 19 encore relativement présente, dans un nouveau cycle de la pandémie de la Variole du singe (Monkeypox).
La vigilance est de rigueur… !

