Dans un contexte marqué par la perturbation des chaînes de valeur mondiales, la flambée des prix de l’énergie et des intrants, la dépendance vis-à-vis des importations et l’insécurité d’approvisionnement énergétique, la Confédération générale des entreprises du Maroc à Tanger-Tétouan-Al Hoceima (CGEM-TTA) a organisé, lundi 16 mai courant, à Tanger, une importante conférence autour du thème : «Investir dans le solaire photovoltaïque pour sa propre consommation, une solution rentable : décarbonation, réduction de la dépendance énergétique et une meilleure compétitivité».
La rencontre a été marquée par trois panels sur « l’impératif de la décarbonation pour la compétitivité des entreprises » ; « les composantes et clés du succès d’un projet solaire », et « les dispositifs de financement et d’appui pour le photovoltaïque », outre des témoignages d’industriels de la région ayant installé une centrale solaire.
Ont pris part à cet événement spécifique, l’ambassadeur d’Espagne au Maroc, le Consul général de France à Tanger, le directeur du Centre régional d’investissement (CRI) de Tanger-Tétouan-Al Hoceima, des experts, des responsables économiques et des industriels marocains et étrangers.
S’adressant aux participants dans un message vidéo, la ministre de la Transition énergétique et du développement durable, Leila Benali, a indiqué que le monde assiste à une véritable révolution des chaînes de valeur, accélérée par la crise sanitaire liée à la pandémie du Covid-19, la crise économique et financière, et la crise énergétique.
La ministre estime que le Maroc qui a su capitaliser sur ses acquis en matière de transition énergétique pour se positionner dans les marchés naissants de l’économie durable, s’achemine vers un positionnement qui passe notamment par un processus de décarbonation de son industrie et une sécurité énergétique durable avec des coûts abordables, tout en préservant l’environnement et les ressources naturelles».
De son côté, la ministre de l’Économie et des Finances, Nadia Fettah Alaoui, estime que , de par sa portée stratégique et son impact sur le tissu économique, l’énergie figure au cœur des priorités nationales.
« La thématique de l’énergie nous interpelle, à plus d’un titre, surtout au vu des enjeux relatifs à la souveraineté énergétique pour garantir l’alimentation des opérateurs en énergie, la compétitivité liée aux coûts et l’enjeu de décarbonation de l’économie et s’aligner sur les nouveaux standards et exigences des partenaires internationaux».
Le président de la CGEM-TTA, Adil Rais, a, quant à lui, précisé que la rencontre vise à sensibiliser et informer les entreprises à l’importance de la décarbonation, et à leur donner les outils nécessaires pour qu’elles puissent investir dans les installations photovoltaïques.
« C’est aussi une occasion pour les institutionnels et les organismes financiers d’apprécier à sa juste valeur, l’importance de l’énergie solaire et de la diversification des sources d’énergie au Maroc » dira-t-il, estimant que les entreprises sont appelées, aujourd’hui plus que jamais, à investir dans l’énergie solaire pour sécuriser leur sources d’énergies, réduire leur dépendance énergétique et améliorer leur rentabilité, sachant que la décarbonation constitue actuellement un enjeu crucial en matière de renforcement de la compétitivité.
Le président du Conseil de la région Tanger-Tétouan-Al Hoceima,Omar Moro, estime, de son côté, que « l’investissement dans les énergies propres est désormais incontournable mais aussi très profitable pour les entreprises, affirmant que le Maroc devient un modèle à suivre au niveau mondial en matière d’efficacité énergétique et d’investissement dans les énergies propres.
« Néanmoins, il reste encore beaucoup de chemin à parcourir, avant d’atteindre une stratégie en mesure d’ouvrir les voies de l’attractivité, de la compétitivité, de l’innovation, de la décarbonation et de la durabilité », dira-t-il.
Le directeur de l’Agence marocaine pour l’efficacité énergétique (AMEE), Said Mouline, est convaincu que la décarbonation permettra aux entreprises de renforcer leur compétitivité et de réduire leur facture énergétique.
« Pour cela, les opérateurs du secteur doivent saisir, sans retard, les outils de la finance verte disponibles afin de bénéficier des différentes lignes de financement existantes » dira-t-il.
Le directeur du Groupe Renault Maroc, Mohamed Bachiri, qui estime que l’efficacité énergétique constitue une priorité majeure dans la stratégie nationale, a annoncé que le Groupe Renault ambitionne « la neutralité carbone en Europe en 2040 et dans le monde en 2050 », révélant : « Notre usine Renault Tanger, conçue avec zéro émission de CO2 et zéro rejet de liquides industriels, est une première au monde dans l’industrie automobile ».
Les participants à la rencontre ont conclu que les entreprises n’ont plus d’autre choix que celui de repenser leur mode de production et de consommation, en mettant en œuvre des actions d’efficacité énergétique, en investissant dans les énergies vertes et renouvelables et en érigeant l’économie circulaire et l’efficacité des ressources comme priorité.

