Accueil » Région & La ville » Terrorisme L’état d’alerte atteint Tanger

Terrorisme L’état d’alerte atteint Tanger

A l’instar des autres régions du royaume, Tanger se met en état d’alerte contre une éventuelle menace terroriste. La vigilance est de rigueur depuis la disparition de 11 avions libyens, avec ce que cela implique comme risque de voir ces appareils uti
Le 27-02-2015 à 11:47:09

A Tanger, on aurait constaté l’arrivée d’un convoi transportant des batteries antiaériennes qui seraient de type M167 Towed Vulcan à longue portée.
L’opinion publique, d’abord surprise, a ensuite ouvert la porte à diverses interprétations, s’interrogeant si la menace est bien réelle.

Les pouvoirs publics, eux, ont dépassé le stade du questionnement pour passer à l’action en prenant des mesures préventives. Mi juillet de
ier, déjà, le ministre de l’intérieur, Mohamed Hassad, a mis en garde contre le risque d’attentat dans le pays par des marocains qui ont servi en Syrie et en Irak. Le 14 août, le ministère a publié un communiqué annonçant le démantèlement d’une cellule terroriste impliquée dans le terrorisme et l’arrestation de ses neuf membres. Cette cellule active à Tétouan, Fès et Fnideq, mobilisait des combattants marocains pour l’Irak et la Syrie et leur procurait l’appui financier nécessaire.

L’intervention du ministre de l’intérieur a été perçue comme un message de sensibilisation sur la relative gravité de la situation. Ensuite, c’est l’armée qui a pris le relais en déployant un vaste dispositif de défense (missiles sol-air, batteries de défense anti-aériennes…) dans diverses régions du royaume. Apparemment, l’Algérie et la Tunisie auraient également pris des dispositions similaires.

Différentes raisons peuvent justifier le redéploiement des Forces Armées Royales. Selon une déclaration de l’expert en stratégie et enseignant d’études africaines à l’Université Mohammed V à Rabat, le Pr Moussaoui El Ajlaoui, cité par nos confrères M. Tabet et J. Goundali, le déploiement des batteries antiaériennes à Casablanca, Mohammedia, Marrakech, Tanger et Jorf Lasfar, entre autres, est lié à une approche inte
ationale englobant les pays du Grand Maghreb (Maroc, Tunisie et Algérie) et les autres pays de la Méditerranée. Mais, M. Moussaoui El Ajlaoui s’interroge s’il y a réellement un menace, estimant que cette éventualité est fort improbable étant donné que l’aéroport de Tripoli n’est pas fonctionnel, car il est le champ de bataille entre deux grandes tribus libyennes, à savoir les Zintan et les Misrata.

« Personnellement, je ne crois pas que la disparition des avions constitue en soi une menace, a-t-il précisé. Estimant qu’il ne suffit pas de voler des avions pour les utiliser dans une attaque ciblée contre les pays voisins. Cela nécessite des techniques très sophistiquées. Il y a néanmoins un risque au cas où des services secrets voudraient les utiliser contre d’autres pays ».
L’expert écarte, par ailleurs, par ailleurs, l’hypothèse selon laquelle, cet état d’alerte pourrait préluder à une intervention en Libye contre les jihadistes.

Par contre, M. Manar Slimi, expert en stratégie et directeur du Centre maghrébin des études sécuritaires et d’analyses des politiques, également cité par nos confrères précités, avancé, lui, plusieurs hypothèses pour expliquer cet état d’alerte « sans précédent » dans l’histoire du Maroc, dira-t-il, affirmant, entre autres, que la Libye est devenue un lieu où trouvent refuge les jihadistes qui ont pris part au conflit de Syrie ou d’Irak, mais qui ont peur de retou
er dans leurs pays natals comme c’est le cas pour quelques jihadistes marocains. Et il se peut, explique-t-il, que d’aucuns profitent de cette opération de rapatriement pour semer le désordre.

M. Slimi estime que la vigilance doit être maintenue, vu la menace d’une attaque terroriste qui plane sur la région depuis des mois déjà, y compris par des avions détou
és, ce qui explique, dira-t-il, cet état d’alerte exceptionnelle non seulement à l’entrée des villes, mais aussi dans les établissements stratégiques et l’espace aérien.
En Algérie, l’inquiétude est apparemment aussi réelle. La gendarmerie ratisse la région frontalière avec la Tunisie, craignant les djihadistes venus de Libye qui disposent de complicités dans le massif des Chambas, fief d’extrémistes tunisiens.

La vigilance ne se limite pas seulement aux pays du Maghreb. Le Premier ministre britannique a, mis en garde, dans un article publié par le quotidien britannique «The Sunday Telegraph », contre une éventuelle attaque terroriste menée par le groupe fanatique dénommé « l’Etat islamique en Irak et au Levant». Il a affirmé que Londres utilisera toutes ses capacités militaires pour faire face à l’avancée de ce groupe terroriste qui depuis des mois fait des ravages notamment en Irak et en Syrie.

Le Premier ministre britannique a appelé également à la mobilisation pour «éviter que ce groupe ne crée un Etat terroriste sur les côtes de la Méditerranée», ont rapporté les agences Reuters et Associated Press citant l’article de David Cameron. Il a précisé que ce groupe constitue « une nouvelle menace », car il est déterminé et inébranlable dans la poursuite des ses objectifs.

«Déjà il contrôle non seulement des milliers d’esprits, mais des milliers de kilomètres carrés situés sur une grande partie de la frontière entre l’Irak et la Syrie afin de créer son soi-disant califat. Il ne fait pas mystère de ses visées expansionnistes».

À propos admin

x

Check Also

Larache : Viol sauvage d’une sexagénaire malade mentale

Un individu trentenaire a forcé, samedi 5 septembre courant, le domicile situé dans un bidonville ...

La mosquée « Souriyne » fermée  pour cause du Covid-19

La délégation régionale des Affaires islamiques à Tanger, a procédé,  vendredi 4 septembre courant, à ...

Covid 19  : L’immobilier en pleine crise à Tanger

Bank Al Maghrib a livré ses tendances sur l’immobilier à Tanger, à travers l’Indice des ...

%d blogueurs aiment cette page :