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Hakim Benchamach élu à la tête du PAM

Hakim Benchamach élu à la tête du PAM

06-06-2018 à 10:38:56

Le parti de l’authenticité et de la modernité (PAM) a un nouveau secrétaire général, en la personne du président de la Chambre des conseillers, Hakim Benchamach, élu dans la nuit de samedi à dimanche 27 mai dernier, à l’issue des travaux d’une session extraordinaire tenue par les membres du conseil national du parti du Tracteur.

Ce n’était pas une grande surprise puisqu’on savait que, parmi les postulants potentiels pour succéder à Ilyas El Omari à la tête du PAM, Hakim Benchamach était le candidat de consensus qui a d’ailleurs remporté haut la main la victoire par 439 voix contre 39 pour son concurrent Mohamed Soulouh et 35 pour Hadi El Hiba, ayant joué le rôle de lièvres pour la circonstance.

Le jour du scrutin était parsemé d’inattendus notamment que, deux jours seulement auparavant, le secrétaire général sortant, Ilyas El Omari, connu pour son intelligence et ses capacités en tractations politiques, a édifié un véritable scénario pour baliser discrètement le chemin de la victoire à son ami d’enfance Hakim Benchamach, démontrant qu’il était l’homme de la situation pour présider aux destinées du parti, rejoignant ainsi des membres du Bureau politique qui concevaient que le meilleur moyen d’ouvrir une nouvelle page était de porter Hakim Benchamach à la direction du parti.

Ainsi, Ilyas El Omari a joué un rôle moteur en veillant personnellement à ce que la succession revienne à Hakim Benchamach «fils de sa région», veillant, du même coup, à ce que « la direction du PAM reste entre les mains des Rifains »..

Dès que le départ d’Ilyas El Omari, démissionnaire du secrétariat général du PAM depuis le mois d’août 2017, a été confirmé et acté, la guerre a fait rage entre les dirigeants historiques de cette formation politique pour briguer la succession à la tête du parti.

Quelques jours auparavant déjà, des réunions marathoniennes se sont tenues entre Abdellatif Ouahbi, Laarbi Mharchi, Cheikh Biadillah et Fatim-Zahra Mansouri, pour trouver une sortie à la crise qui secoue leur parti politique. A l’issue de ces réunions, le nom du président de la chambre des conseillers, Hakim Benchamach, a été adoubé comme « candidat de consensus », jugé capable de faire la synthèse entre les différentes ambitions.

Au départ, cette décision n’était pas du goût d’Ilyas El Omari qui voulait placer à la tête du PAM l’un des jeunes profils qui lui doivent leur carrière politique. C’est alors que les proches d’El Omari ont commencé à tirer à boulets rouges sur Hakim Benchamach.
Mais, constatant sans doute que cette guerre ne menait finalement à rien, Ilyas El Omari a fini par abandonner pour se ranger aux côtés du candidat fort.

En fait, qui est Hakim Benchamach appelé aussi Abdelhakim Benchemass ?
Né en 1963 dans le village de Beni Bouayach près d’El Hoceima, Hakim Benchamach grandit dans le Rif. Il fait carrière dans l’enseignement universitaire et, en 2007, il s’enrôle dans les rangs du « Mouvement de tous les démocrates (MTD) », association politique fondée par Fouad Ali El Himma, qui se transformera par la suite en parti politique.

Avant de devenir aujourd’hui le numéro Un du PAM, première force d’opposition parlementaire (103 sièges à la première Chambre), Hakim Benchamach qui fait partie des membres fondateurs de cette formation, a déjà été président du conseil national de ce parti durant le mandat de l’ancien secrétaire général, Mustapha Bakkoury ; porte-parole et président du groupe parlementaire à la 2ème Chambre.

Le mardi 13 octobre 2017, Hakim Benchamach est élu à la majorité au deuxième tour, à la présidence de la chambre des conseillers, face à l’Istiqlalien Abdessamad Kayouh. Il succède ainsi à son collègue du PAM Mohamed Cheikh Biadillah qui a dirigé cette chambre pendant 6 ans.

Concernant les principaux axes de sa «feuille de route», à la tête du PAM, Benchamach qui compte s’inscrire dans la continuité du travail effectué par ses prédécesseurs, à savoir Hassan Benadi, Mohamed Cheikh Biadillah, Mustapha Bakkoury et Ilyas El Omari, se donne, néanmoins, comme ultimatum de parachever la restructuration du parti avant le 31 décembre 2018. Il s’agit notamment pour lui réparer les dommages au niveau organisationnel et de clarifier les relations entre le bureau politique et le bureau fédéral au sein du PAM pour éviter le chevauchement au niveau des prérogatives.

Dévoilant les grandes orientations de sa politique, le nouveau secrétaire général annonce une lutte contre le populisme, estimant que ce genre de discours porte préjudice à l’action politique au Maroc poussant de larges franges de la société à ne plus avoir confiance dans l’action politique.

Pour le nouveau secrétaire général, il est aussi question de participer à l’élaboration du nouveau modèle de développement ainsi qu’à la défense du projet de société moderniste.

S’agissant des priorités au niveau législatif, le nouveau patron du parti du Tracteur compte accorder plus d’importance à la vision de sa formation concernant le code de la procédure pénale ainsi que la loi organique sur le caractère officiel de l’amazigh. Benchamach compte aussi présenter une proposition de loi concernant le droit aux manifestations pacifiques ainsi qu’une proposition de loi pour restructurer le pôle social «pour renforcer l’efficacité de l’action de l’Etat dans ce domaine» dira-t-il.

Se disant, par ailleurs, préoccupé par la passivité des partis politiques et des partenaires sociaux face aux problèmes nouveaux et les crises répétées dont souffre la société marocaine, il propose de renforcer l'intermédiation politique pour permettre aux partis politiques et aux syndicats de jouer leur rôle, citant, à ce propos, les obstacles se dressant devant l'édification des chantiers de base de l'Etat comme le nouveau modèle de développement, la dynamisation de la régionalisation avancée, les acquis de la constitution de 2011, la politique intégrée au profit de la jeunesse et la réforme de l'école publique, entre autres.

Hakim Benchamach va plus loin en évoquant l'apparition de nouvelles menaces contre le projet socio-démocratique dont les bases ont vu le jour en 1999, ce qui menace, selon lui, les acquis en matière d'égalité des sexes, de justice de transition et de promotion des couches précaires, estimant que les forces hostiles au projet démocratique moderniste continuent à exploiter la précarité et les disparités économiques dans lesquelles se trouvent les catégories sociales en particulier la jeunesse, favorisées par la faiblesse du système de protection sociale par l'Etat.

S’agissant des futures alliances du parti, Benchamach estime que « le moment est arrivé pour que le PAM se libère de ses complexes, qu’il félicite le gouvernement lorsque celui-ci apporte des réponses claires et le critique avec la rigueur nécessaire lorsqu’il ne remplit pas son devoir. Il s’agit aussi, pour lui, d’ouvrir une nouvelle page avec les partenaires politiques en prônant une politique de main tendue dans une logique de réconciliation nationale, loin des considérations électoralistes étroites.

Enfin, il faut préciser que le nouveau secrétaire général du PAM qui doit diriger le parti jusqu'au prochain congrès ordinaire prévu en 2020, soit à la veille des élections législatives de 2021, devra constituer un bureau politique dans un délai de deux mois puis convoquer un conseil national afin de le valider.

Il reste maintenant à savoir quel rôle va jouer Ylyas El Omari ? Siègera-t-il dans le nouveau bureau politique du PAM, ou se consacrera-t-il seulement à la présidence de la région Tanger-Tétouan-Al Hoceima ?
Ce ne serait sans doute pas une mauvaise idée, car cela aura au moins l’avantage de le voir plus souvent à son bureau de la rue Al Ouchak à Tanger… à condition qu’il parvienne à conserver la présidence du conseil régional, après son départ du secrétariat général du parti du Tracteur.

Par : le Dr Abdelhak BAKHAT
Ph : DR





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