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La vie d’une jeune patiente souffrant d’une cholécystite sévère, suspendue à un « a » manquant sur une CIN

La vie d’une jeune patiente souffrant d’une cholécystite sévère, suspendue à un « a » manquant sur une CIN

Le 27-04-2018 à 13:08:32

Dans la matinée d’hier vendredi, je me suis rendu à l’hôpital régional Mohammed V.
En arpentant un couloir conduisant à la sortie de l’hôpital, mon attention a été attirée par la présence d’une jeune femme allongée à même le sol, et apparemment souffrante.

Un jeune homme, qui s’avèrera être son époux, adoptant une triste attitude d’impuissance, tentait, tant bien que mal d’amadouer la patiente et de la calmer.

Cette émouvante image ne m’a pas laissé indifférent et, dans un geste humanitaire, j’ai abordé le jeune couple.
L’époux m’a appris que sa femme souffrait d’une cholécystite, une inflammation de la vésicule biliaire qui nécessitait son hospitalisation immédiate en prévision d’une intervention chirurgicale jugée très urgente par le corps médical.

Où se situait le problème alors ?
Le jeune homme m’informera que la direction de l’hôpital avait relevé une discordance entre son prénom « Abdesla », tel que porté par erreur, sur sa carte d’identité nationale, et son vrai prénom « Abdeslam » figurant sur son dossier « Ramid » devant être fourni à la direction de l’hôpital pour une prise en charge de son épouse souffrante.

Qu’à cela ne tienne ! La question m’a parue simple, après que la direction du centre hospitalier m’a expliqué que la régularisation de la situation se ferait par une simple production d’un « certificat d’individualité » attestant que le prénommé « Adeslam » est bien la même personne détenant une carte d’identité nationale portant le prénom de « Abdesla ».

Cette formalité est généralement du ressort du service de l’état-civil.
Décidant donc d’assister ce jeune couple perdu à Tanger, puisque les deux époux sont originaires d’une périphérie lointaine de la ville, j’ai jugé humain de les aider à sortir de cette situation dangereuse pour la santé, voire pour la vie de la jeune patiente qui risquait à tout moment une complication de sa cholécystite.
Accompagné du jeune mari, nous nous sommes aussitôt rendus aux bureaux de l’Etat-civil où l’on nous orientés vers la préfecture de police de Tanger, expliquant que l’erreur figurant sur la carte d’identité nationale, provient de la direction générale de la Sûreté nationale.

Une fois à la préfecture de police, on nous a demandé de fournir un extrait d’acte de naissance du titulaire de la CIN erronée.

Aussitôt dit, aussitôt fait ! Une fois que le document délivré par le bureau de l’’Etat-civil de la ville de Tanger, a été produit à la police, on nous apprendra que ce document n’était pas valable puisqu’il s’agissait de fournir plutôt un « extrait du registre de l’état-civil » qui n’est délivré que par la commune du lieu de naissance du demandeur.

Ceci implique donc que le jeune époux devait retourner à sa commune rurale située bien en dehors de la ville, pour se faire délivrer le précieux document.

La moralité de cette histoire nos amène à faire plusieurs constatations :
- 1 : Alors qu’une jeune femme est en danger de mort, personne ne se soucie de sa santé et de son cas d’extrême urgence.
- 2 : En dépit de leur implication directe dans l’erreur d’omission du fameux « a » sur la CIN, les services de la Sûreté ne font aucun cas du côté spécifique du problème pour contribuer à sauver une vie humaine. Au contraire, on s’est acharné à exiger une formalité administrative comme s’il s’agissait d’un cas routinier sans gravité.

- 3 : En dépit des orientations royales pour rapprocher l’administration du citoyen, les choses n’évoluent nullement et le citoyen ordinaire est toujours soumis à rude épreuve sans trouver un interlocuteur pouvant se soucier de ses problèmes. L’administration constitue donc toujours cette machine aveugle qui broie tout sur son passage. C’est une question de mentalités qui ne changent pas.

Pour le cas qui nous intéresse aujourd’hui, une jeune patente agonise dans les couloirs d’un hôpital à cause d’un triste « a » manquant sur la CIN de son jeune époux, sans ressources, à qui nous avons remis une somme d’argent pour lui permettre de se rendre le plus rapidement possible à sa commune d’origine afin de solliciter son « extrait du registre de l’état-civil » attestant qu’il s’agit bien du prénom Abdeslam et non « Abdesla ».

Le pire c’est qu’il ne risque pas d’obtenir ce document « vital » avant lundi, sachant que l’administration ne fonctionne pas durant le weekend.
D’ici là, prions pour que la patiente puisse tenir le coup… sa vie étant suspendue à un « a »..
Par : Dr.abdelhak bakhat




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