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Bruits de bottes à la frontière sud du Maroc

Bruits de bottes à la frontière sud du Maroc

Le 20-04-2018 à 17:12:59

C’est devenu une habitude ! Chaque année, à l’approche de la présentation, au mois d’avril, du rapport annuel sur le problème du Sahara devant le Conseil de sécurité de l’ONU, les décideurs du front polisario, ayant perdu toute légitimité sur le terrain, cherchent désespérément à mettre de la pression sur le Conseil de sécurité, à faire parler d’eux dans les médias et à induire en erreur les familles séquestrées dans les camps de Tindouf.

Ce genre de manœuvre basé sur la provocation est monté à des fins médiatiques et un chantage non fructueux, sans aucun impact sur le terrain.

De même, le polisario cherche par cette provocation à attirer l’attention des Nations unies et de l’opinion publique internationale, leur faisant croire qu’il est le représentant des Sahraouis.
Ainsi, après la région de Guerguerat où des éléments du polisario avaient fait intrusion l’année dernière avant d’être rappelés à l’ordre par le secrétaire général des Nations Unies, Antonio Guterres, les séparatistes sont allés trop loin, cette fois, en ciblant la zone tampon de Bir Lahlou et Tfariti, provoquant franchement les Forces armées royales marocaines.

Excédé par ces gesticulations stériles, le Maroc a réagi et se dit prêt à intervenir si le front polisario ne se retirait pas de la "zone tampon", située à l’est du mur de défense au Sahara.
La situation n’a jamais été aussi tendue et l’heure de vérité semble avoir sonné puisque le Maroc a décidé de recourir à tous les moyens pour préserver son intégrité territoriale, y compris par la voie militaire. ..

Le royaume a d’abord demandé aux Nations unies et à l’Algérie de prendre leurs responsabilités pour que le front polisario cesse son expansion au Sahara
La réponse de l'ONU ne s’est pas fait attendre, indiquant que sa mission au Sahara (Minurso) n'a observé aucun mouvement d'éléments militaires dans le territoire nord-est. De son côté, le polisario a démenti les accusations marocaines.

Le 4 avril, le ministre marocain des Affaires étrangères a fourni au secrétaire général de l’organisation onusienne une série de photos prises par satellites prouvant irréfutablement les violations, par les séparatistes, des dispositions des accords de cessez-le-feu de 1991 et de l'accord militaire numéro 1 de 1997-98 stipulant que la zone située au-delà du mur est une zone de circulation et non pas d'implantation.
Or, au cours des derniers mois, le polisario a entrepris des constructions avec des objectifs d'implantation dans les régions de Tifariti et de Bir Lahlou. Le mouvement séparatiste armé a même reçu deux "ambassadeurs" étrangers à Tifariti et annoncé un prochain déménagement d'une partie de ses structures actuellement implantées à Tindouf.

Le ministre marocain a également remis au secrétaire général de l’ONU une lettre du Roi Mohammed VI recensant les violations des séparatistes avec la bénédiction de l’Algérie.
Dans cette lettre, il est souligné que ces violations ne sauraient avoir lieu sans la bénédiction et l’encouragement de l’Algérie, sachant que de telles incursions, qui mettent en péril tout le processus politique, ont été recensées entre le mois d’août 2017 et le mois de mars 2018.
En analysant la situation, on peut définir les causes qui poussent le polisario à se conduire de cette manière.

Il y a, d’abord, l’injonction qui a été faite aux séparatistes de se retirer de Guerguerat ; l’option du référendum qui est mise de côté ; le discours du Roi Mohammed VI qui a clairement signifié à la communauté internationale qu’aucune solution n’était acceptable sans prendre en compte l’intégrité territoriale du Maroc ; la thèse selon laquelle le Maroc spoliait les richesses du Sahara, alors qu’il est prouvé que les provinces du sud marocain sont les premières à bénéficier de l’effort de développement consenti par l’Etat. A ce propos, contrairement aux souhaits du polisario, le rapport de l’ONU ne fait aucune mention de l’arrêt de la Cour européenne concernant l’accord de pêche Maroc-UE.

Ensuite, le Maroc pointe la responsabilité de l’Algérie comme partie prenante du conflit en tant que principal protagoniste puisque ce pays héberge, finance et arme les séparatistes et tente de porter le conflit devant d’autres instances comme l’Union africaine, alors que l’ONU, par la voix de son secrétaire général, confirme qu’elle est la seule et unique instance à chercher une solution au conflit.

Autre hypothèse, celle d’une Algérie se débattant dans des problèmes économiques aigus et qui tenterait de se débarrasser des camps de Tindouf en faisant déménager la population séquestrée à Tifariti et Bir Lahlou, tout en continuant à suivre et contrôler la situation sur les plan diplomatique et où l’armée algérienne n’aura pas à intervenir directement.

Une partie de la population des camps de Lahmada aurait été déjà avisée pour se préparer au déménagement.
L’initiative de déplacer les structures du front polisario et une partie de la population vers la zone tampon remet sur le tapis l’irresponsabilité morale d’Alger, à l’origine de la création du mouvement séparatiste qu’elle abrite depuis plus de quarante ans en le soutenant diplomatiquement, militairement et financièrement sachant que près de 300 milliards de dollars ont été dépensés depuis le déclenchement du conflit.

Il apparaît ainsi clair qu’Alger tente de se débarrasser progressivement du boulet appelé polisario en l’entraînant dangereusement dans une zone censée être démilitarisée, située à quelques encablures du mur de défense marocain et donc des positions des Forces armées royales marocaines.

Alger semble ne pas saisir le danger que comporte la sournoise machination de ses généraux en poussant les civils sahraouis d’origine marocaine vers la première ligne de front entre les mercenaires séparatistes et l’armée marocaine.

Cette expectative extrêmement dangereuse est à l’origine d’une levée de boucliers au Maroc, dont la mobilisation tous azimuts, gouvernement, parlement, partis politiques et population dénote une conscience aigüe de la gravité de la situation.

Par ailleurs, les leaders des partis politiques, parlementaires, élus, chioukhs, notables et cadres sahraouis ont répondu à l'appel, lundi à Laâyoune pour adopter et signer une Déclaration sur les derniers développements de la question de l’intégrité territoriale, démontrant la forte cohésion entre les différentes composantes sociétales et donnant la pleine mesure de la disposition inconditionnelle et la mobilisation du peuple marocain pour la défense de la souveraineté et l’intégrité territoriale du Royaume.
Reléguant, momentanément, la solution militaire à un second plan, et dans un souci de pacifisme, le Maroc sollicite une intervention ferme du Conseil de sécurité pour rétablir le statu quo ante et ne pas exposer la région au danger de la confrontation armée.

Néanmoins, devant l’inaction probable de la communauté internationale, face à ces interventions menées au-delà de son mur défensif, menaçant gravement le processus politique onusien et alimentant les exacerbations sur le terrain, attentatoires à la paix, la stabilité et la sécurité régionales, le royaume n’écarte pas l’éventualité de recourir à la force pour rétablir la situation quoique depuis 1991, le Maroc s’est retenu face aux bravades du front polisario. Aujourd’hui, cette attitude semble changer et jamais la position du royaume n’a été aussi intransigeante.

Les dispositifs sécuritaires des Forces armées royales sont en état d’alerte dans la zone sud. Ils doivent, entre autres dissuader les éléments de l’armée séparatiste de dépasser la zone tampon, s’assurer de leur neutralisation, et faire en sorte qu’ils ne soient pas rejoints par des renforts. Une tâche qui semble à priori simple, mais qui ne l’est pas pour autant, au vu du statut juridique de cette zone démilitarisée.

En fait, la guerre n’a jamais été l’option privilégiée du Maroc pour régler ses différends. Mais aujourd’hui, force est de constater que la situation semble s’imposer au royaume partant du fait que, soit le cessez-le-feu est respecté par tous, soit personne ne le respecte.

Le Maroc respecte, certes, ses engagements internationaux et l’accord du cessez-le-feu de 1991, mais se réserve le droit de toute action, quand il y va de l’intégrité et de la légitimité de son Sahara.
Voilà pourquoi, le royaume estime aujourd’hui que les motifs d’un conflit armé sont établis: « Si l’ONU, Secrétariat général et Conseil de sécurité, ne sont pas prêts à mettre fin à ces provocations, s’ils n’interviennent pas pour que le statu quo et le statut juridique soient préservés, le Maroc assumera ses responsabilités », a averti le ministre marocain des Affaires étrangères, repris par le ministre de l’Intérieur qui a affirmé que « le royaume ne restera pas les bras croisés devant les attaques destinées à altérer le statut historique et juridique de la zone démilitarisée et il est prêt à tout, absolument à tout, pour préserver son intégrité territoriale.

Côté polisario, les déclarations sont aussi menaçantes affirmant que tout acte militaire venant du Maroc trouvera face à lui la lutte de l’armée de libération sahraouie, habituée du terrain et des combats de ce genre.
Rares sont les occasions où on a assisté à une telle obstination de part et d’autre et toutes les raisons sont réunies pour passer aux armes à l’approche de la réunion du Conseil de Sécurité de l’ONU sur le sujet.
On peut conclure donc que l’option de la guerre reste possible, en cas d’épuisement des voies diplomatiques pour la résolution de cette crise. En revanche, il ne faut pas négliger le fait que le régime algérien s'est toujours appliqué à manipuler le polisario et à provoquer le Maroc en vue de le pousser à une confrontation armée.

Cette confrontation est ainsi planifiée, espérée, souhaitée, voulue et encouragée par l’Algérie afin de détourner l’opinion publique algérienne de ses réelles préoccupations en brandissant l’épouvantail de l’ennemi et du danger extérieur. Cela permettrait aussi à Alger de lancer son ballet diplomatique et de mobiliser ses lobbies pour arracher des condamnations contre le Maroc.

En outre, mener une manœuvre pareille dans un timing aussi sensible n’est pas favorable au royaume. Une action militaire dans une zone sensée être sous surveillance de la Minurso risque de discréditer le Maroc lors de l’adoption de la prochaine résolution annuelle sur le Sahara occidental par le Conseil de Sécurité.
Dans tous les cas, et quoique l’armée marocaine, vu son efficience, sa combativité et le soutien du peuple marocain, est capable de rayer le polisario de la carte en un temps record, la sagesse voudrait que la meilleure façon de régler une crise est de l’éviter.
Par : Dr. le Dr Abdelhak BAKHAT
Ph : DR




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