Législatives Enchères ouvertes : qui dit mieux ?

Législatives Enchères ouvertes : qui dit mieux ?
Le 03-10-2016 à 11:00:22 La campagne électorale pour les législatives du 7 octobre 2016 a été lancée samedi 24 septembre courant pour se terminer le jeudi 6 octobre prochain à minuit.

Durant cette période, les candidats de 32 partis politiques vont devoir convaincre les 15.702.592 électrices et électeurs de voter en leur faveur pour qu’ils puissent obtenir un siège parmi les 395 de la Chambre des représentants qui est la Première chambre du Parlement, pour un mandat de 5 ans qui prendra fin en octobre 2021..[/color]***Il faut cependant tenir compte du fait que, jusqu’à présent, sur les 15 millions de Marocains en droit de voter, à peine 50% environ se rendent aux u
es, et parmi les causes évidentes, un manque de confiance dans certains partis politiques, toutes pour leurs programmes fragiles et leurs promesses non tenues, notamment en matière d’emploi, de santé, d’enseignement et de gestion des affaires publiques.

Depuis les législatives de 2011, l'élection des membres de la Première Chambre se fait sur des bases électorales différentes : 305 sièges au niveau des circonscriptions locales, et 90 sièges sur la base de la circonscription nationale.

Pour assurer une place aux femmes, les partis politiques se sont engagés à réserver aux candidates femmes 60 sièges de la liste nationale, tandis que les 30 sièges restants sont réservés aux candidats jeunes ayant moins de 40 ans.

Dans la Région Tanger-Tétouan-Al Hoceima, ce sont quelque 300 candidats représentant plus de 90 listes électorales qui sont en lice pour les élections législatives.

La circonscription de Tanger-Assilah s’accapare la part du lion avec 16 listes électorales de partis politiques qui sont en lice pour pourvoir 5 sièges, suivie de Tétouan où 12 listes, dont une sans appartenance politique (SAP), sont en concurrence pour s’adjuger les 5 sièges de la circonscription.

C’est le cas également des autres circonscriptions de la région avec Al Hoceïma (4 sièges), Larache (4 sièges), M’diq-Fnideq (2 sièges), Chefchaouen (4 sièges), Ouazzane (3 sièges) et de Fahs-Anjra (2 sièges).
Certains observateurs estiment que les circonscriptions de Tanger, Tétouan, Al Hoceïma, Larache et Ouazzane connaitront une concurrence acha
ée en raison du poids des partis politiques participant et la candidature de nom connus sur l’échiquier politique, dont certains assument des fonctions ministérielles et d’autres ayant déjà siégé à la Chambre des représentants durant plusieurs mandats consécutifs.
Cet avis semble relativement loin de la réalité, si l’on tient compte de la médiocrité de certains candidats déjà catalogués par les citoyens, soit comme peu efficaces, soit carrément nuls.

Quelles têtes de liste trouve-t-on dans la circonscription de Tanger-Assilah, par exemple ?
- Fouad El Omari pour le PAM, ancien maire de Tanger ;
- Mohamed Najib Boulif pour le PJD. Boulif, ministre-délégué au Transport sortant, a perdu beaucoup de sa notoriété à Tanger, après son soutien maladroit à la suppression de plusieurs vols de Royal Air Maroc au départ de Tanger. Ensuite, il est secondé par un transfuge, Samir Abdelmoula qui traine derrière lui le triste dossier des marins abandonnés de la Comarit-Comanv ;

- Hassan Bouhriz pour le RNI ;
- Ahmed Yahya pour l’USFP ;
- Hicham Temsamani, salafiste, pour le parti de l’Istiqlal ;
- Ghizlane Maamouri pour le PPS, seule femme du lot.

A ce propos, on relève au niveau de la région nord une faiblesse au niveau de la présence de femmes en tant que têtes de listes, dont seulement deux candidates : outre Ghizlane Maamouri du PPS, on trouve dans la circonscription d’Ouazzane, Ouiame M’harchi du PAM.

Nous sommes donc àmoins d’une semaine des élections législatives et, en jetant un coup d’œil sur la liste des partis engagés, deux favoris se dégagent : le parti au pouvoir Justice et développement (PJD) de Abdelilah Benkirane, et le Parti Authenticité et Mode
ité (PAM) d'Ilyas El Omari , de
ier né des grands partis et qui se forge une place de plus en plus influente sur la scène politique marocaine.

Lors des de
ières élections communales et régionales de 2015, ces deux partis politiques ont dominé les scrutins ne laissant que des miettes aux autres formations. Sauf surprise donc ; ce constat les place en pôle position pour s’accaparer probablement la majorité des voix le 7 octobre prochain.
Derrière les chefs de ces deux partis, on trouve une meute de prétendants au fauteuil de chef du gouve
ement.

L’autre grand favori, c'est Ilyas El Omari, le frère-ennemi de Benkirane. Cet homme qui s’annonce super-puissant, et qui a pris les commandes du Parti authenticité et mode
ité en janvier de
ier, n'a aucun passif dans le domaine de la politique et il n’avait aucune fonction officielle, mais son principal atout reste sa maitrise de tous les rouages de l’échiquier politique, et aussi ses relations privilégiées. Cependant, Ilyas El Omari se dit, pourtant, non intéressé par un poste ministérielle et encore moins par celui de chef du gouve
ement.

D’autres figures emblématiques de la scène politique prétendent au poste de chef de gouve
ement. Parmi eux, Salaheddine Mezouar, l’actuel ministre des Affaires étrangères, qui ne cache pas ses ambitions montrant que son parti, le Rassemblement national des indépendants RNI, a pris définitivement ses distances avec le PJD, après une longue cohabitation au sein du gouve
ement actuel. Mezouar qui estime que Benkirane ne représente plus aucun intérêt pour lui, serait même ouvert à une alliance avec le PAM pour barrer la route au PJD.

Il y a une nouvelle figure qui a investi le champ politique d'une manière subtile. C’est Nabila Mounib, leader du Parti socialiste unifié PSU né au lendemain des élections législatives de 2011, où il n’a pourtant remporté que 0,25% des voix.

Cette femme, apparemment sûre d'elle, essaie de monter en chevauchant le cheval des faiblesses du gouve
ement Benkirane et du Parlement actuel,et va jusqu'à prétendre à la fonction de Premier ministre.
S’il est difficile de voir Nabila Mounib devenir la première femme au poste de chef du gouve
ement en octobre prochain, la montée en puissance de son parti laisse prédire que l’avenir lui appartient.

Autre cliché ; celui du parti de l'Istiqlal. Les prochaines législatives réserveront-elles, comme les communales et régionales de 2015, un triste destin pour Hamid Chabat, battu dans son propre fief à Fès ?
Pas si sûr, cette fois car, contrairement aux de
ières élections, Chabat s'est écarté de ses sorties médiatiques hasardeuses, jugées enfantines, comme c’était le cas du défilé des ânes qui a ridiculisé le parti de la Balance. Laissant donc de côté sa rivalité avec Benkirane et préférant marcher sur les traces pacifiques de son prédécesseur, Abbas El Fassi, Chabat vient peut-être de trouver la formule magique en envisageant même une alliance avec le PJD si ce de
ier sort gagnant des élections : mais Chabat semble avoir encore du chemin à faire avant d'atteindre la Primature ou même des postes ministériels.
D’autres noms auraient pu être dans la course, tels Driss Lachgar de L’USFP, Nabil Benabdallah du PPS ou encore Mohamed Sajid de l’Union Constitutionnelle, mais il sera difficile, voire impossible, pour un de ces noms de briguer la place de Premier ministre.

Pour le SG de l’USFP, Driss Lachgar, il paie la chute de popularité de son parti qui n'est pas prêt de se relever.
Mohamed Sajid ancien maire de Casablanca et SG du parti du Cheval, a pour sa part, la mission de redresser d'abord la barre d’une Union constitutionnelle qui n’est plus que l’ombre d’elle-même.
Enfin, l’alliance du PPS avec le PJD ferme toutes les portes à Nabil Benabdallah devant Abdelilah Benkirane qui croit, à tort ou à raison, à son maintien au fauteuil de la Primature.

Reste le cas du technocrate, ministre actuel de l’Agriculture et la Pêche maritime, Aziz Akhannouch, perçu par certains comme Chef du gouve
ement potentiel, quitte à rallier le PAM, avec la bénédiction d’Ilyas El Omari.
Le tout est de couper le chemin devant le PJD et Benkirane.
D’ailleurs, avant même le lancement officiel de la campagne électorale, le duel a commencé entre le Parti justice et développement (PJD) et le Parti authenticité et mode
ité (PAM) .

Alors que Abdelilah Benkirane se plaint des pressions que subiraient les candidats de son parti afin qu’ils ne se présentent pas ; les dirigeants du PAM qualifient et accusent ouvertement le PJD de mettre la pression sur les candidats du PAM pour rejoindre les rangs du parti islamiste.

À Rabat, Kénitra, Fès et presque partout ailleurs, un véritable Bras de fer est engagé entre le PJD et le PAM.
A Tanger, c'est Fouad El Omari du PAM qui croise le fer avec Abdelmoula.
D’autres duels peuvent apparaître, sachant que les deux partis n’ont pas encore dévoilé toutes leurs cartes.
Mais, Abdelilah Benkirane compte aussi et surtout sur le bilan de ces 5 de
ières années de son gouve
ement, qu’il juge positif.
Cependant, est-ce l'avis de tout le monde et surtout celui du PAM ?
C'est ce que nous essayerons de découvrir prochainement dans une analyse du bilan gouve
emental qui devrait être incessamment présenté par le chef du gouve
ement sortant. .[/color]
Ph : DR

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