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LÉGISLATIVES 2007 : Entretien avec le membre du Comité administratif du Congrès National Ittihadi (CNI) DRISS EL OUAFI

Le Congrès National Ittihadi (CNI), issu d’une scission au sein de l’USFP en 1997, vient d’en subir une à son tour. Il s’apprête néanmoins à participer aux prochaines élections dans le cadre d’une alliance tripartite, d’ores et déjà fragilisée par le

Notre invité de la semaine du spécial législatives, Driss El Ouafi, membre du comité administratif du CNI, pense qu’on doit encore « rouvrir une de
ière fois les listes d’inscriptions et faire mobiliser davantage de moyens pour amener ceux qui ne se sont pas inscrits, soit par indifférence pure et simple, ou par manque de confiance à reconsidérer leur position et réaliser l’importance de leur participation ».

Enseignant, Driss El Ouafi est né en 1953 à Sidi Kacem où il a fait ses études élémentaires et secondaires avant de rejoindre la Faculté de la Chariaâ (théologie) Al Karawiyine à la capitale spirituelle du royaume.
Membre du comité central de la Jeunesse Ittihadie de 1976 jusqu’à la scission, Driss El Ouafi a été aussi membre du comité central de l’USFP de 1993 jusqu’à la scission qui s’était produite lors du VIème congrès national de ce parti. Aujourd’hui, il est entre autres, membre des commissions paritaires régionales de l’enseignement et secrétaire général de l’union locale de la Confédération démocratique du travail (CDT).

Driss El Ouafi est marié et père de cinq enfants.
ENTRETIEN :
• RGD : Opter pour l’union suppose un grand courage, une volonté de faire prévaloir les idées sur les personnes et l’intérêt général sur les ambitions partisanes.
• Annahj Addimocrati est un parti cohérent avec ses convictions et ses idéaux et mérite tout notre respect.
• Al Adl Wal Ihssane voudrait ramener le pays à l’obscurantisme du passé.
• Notre slogan sera localement, ici à Tanger, « La jeunesse marocaine avec le CNI pour le changement ». Nous n’entendons pas par changement, celui des sièges, des visages, mais des mentalités surtout.
• Tanger est l’une des villes où l’on n’a pas encore tranché. Si à Fahs Anjra, la candidature de Me Abdellah Zaïdi au nom de l’alliance tripartite est accordée, il n’en est pas de même en ce qui conce
e celle de Me Bakkioui.
• Ou bien le PADS présentera sa liste tout seul, ou alors il y aura d’un côté une liste PADS et d’un autre côté une liste mixte PSU/CNI.

• L’essentiel pour nous, c’est de faire face aux mafias des élections et de dénoncer toute tentative de falsifier la volonté populaire.
• PJD : c’est un parti qui est en manque de crédibilité auprès des gens qui ont une conscience politique.
• Les Marocains ne sont pas dupes et savent très bien qui est qui.
• Expo 2012 : Cette Expo, si elle nous est accordée, et nous la méritons, sera la chance de notre vie malgré nos réserves sur certaines questions relatives à la campagne promotionnelle.

Q : Selon certains observateurs, votre engagement au sein de l’alliance du Rang de la Gauche Démocratique (RGD) de même que votre participation aux prochaines législatives auprès du Parti socialiste unifié (PSU) et du Parti d’avant-garde démocratique socialiste (PADS) serait le fruit de votre faiblesse après la scission qui s’est produite au sein du CNI.
R : La décision prise par le CNI d’intégrer le ‘’G3’’ (coalition PSU/PADS/CNI) pour participer aux élections de septembre est un choix conforme aux orientations du parti et de sa plateforme qui s’est voulu un mouvement de redressement de la ligne démocratique au sein de l’USFP lors de sa naissance. Puis il a cherché à rejoindre les formations politiques qui, comme lui, aspirent à faire émerger un parti socialiste démocratique fort au Maroc, non pas à travers les slogans, mais par un exercice démocratique dans les faits. L’avènement de cette coalition, officialisée lors du grand meeting du G3 le 27 mai de
ier, constitue aussi le début d’une lutte pour le redressement du processus démocratique au Maroc. C’est vous dire que ce choix n’est pas un signe de faiblesse, comme pourraient le penser certains. Bien au contraire. Opter pour l’union suppose un grand courage, une volonté de faire prévaloir les idées sur les personnes et l’intérêt général sur les ambitions partisanes.

Q : Vous parlez du G3. Qu’en est-il du G4, le RGD étant composé aussi d’Annahj Addimocrati qui a opté pour le boycott au même titre que les islamistes d’Al Adl Wal Ihssane? Pensez-vous que ces appels au boycott auront un impact sur la participation des citoyens au prochain scrutin?
R : Annahj Addimocrati est un parti cohérent avec ses convictions et ses idéaux et mérite tout notre respect. Si nous sommes convaincus au sein de ce G3 du RGD que la politique du siège vide profite aux forces rétrogrades et estimons que nous devons participer aux institutions pour faire avancer les choses dans notre pays, il n’en demeure pas moins que nous restons très attentifs aux aspirations de nos camarades d’Annahj avec lesquels nous partageons l’idée d’aller de l’avant dans l’union des forces de la vraie gauche démocratique. G3 ou G4, c’est juste une façon de dire les choses, car si nous scrutons les différentes sensibilités qui composent aujourd’hui ce RGD, rien qu’en examinant de plus près le PSU par exemple, nous allons nous rendre compte qu’il est le fruit d’une fusion de courants politiques importants. Le RGD reste ouvert à tous ceux qui partagent sa vision et son projet de société. Il est évident que pour se faire admettre au sein de cette alliance, il faut adhérer à la plateforme commune et obtenir l’accord de la structure de coordination. Ceci dit, en ce qui conce
e la position des adeptes de Cheikh Yassine, on ne peut en aucun comparer leur position à celle d’Annahj. Al Adl Wal Ihssane voudrait ramener le pays à l’obscurantisme du passé. Cette Jamaâ prétend avoir un ‘’cercle politique’’. Pourquoi alors ne fait-elle pas la politique selon les règles de la politique en s’impliquant dans la société politique, en définissant son projet, si elle en a un, au lieu de demeurer comme une secte fanatisée par les visions de son leader spirituel.

Quant à l’impact du boycott, ce n’est pas l’appel au boycott qui risque de réduire la participation. Nous savons tous qu’il faut crédibiliser les institutions en garantissant des élections libres, sans fraude, sans argent sale, si nous voulons que les citoyens reprennent confiance. Je pense qu’on doit encore rouvrir une de
ière fois les listes d’inscriptions et faire mobiliser davantage de moyens pour amener ceux qui ne se sont pas inscrits, soit par indifférence pure et simple, ou par manque de confiance à reconsidérer leur position et réaliser l’importance de leur participation. Pour notre part au CNI, nous misons dans ces élections sur le changement et notre slogan sera localement, ici à Tanger, « La jeunesse marocaine avec le CNI pour le changement ». Nous n’entendons pas par changement, celui des sièges, des visages, mais des mentalités surtout. Mentalité des gouve
ants, des politiciens, des entrepreneurs, des citoyens en général.

Q : Votre G3 se présente en principe avec des candidatures communes aux élections. Il paraît que ce n’est pas facile d’obtenir le consensus autour des têtes de listes. Pouvez-vous confirmer que ce sont des candidat PADS qui seront têtes de liste à Tanger, en l’occurrence le bâtonnier Abdeslam Bakkioui pour Tanger Assilah et Me Abdellah Zaïdi pour Fahs Anjra ?
R : Il a été convenu au niveau de la commission tripartite nationale que là où un candidat de l’une des coupoles des trois partis se présenterait, tout prétendant devrait s’abstenir et se désister en sa faveur, comme à Rabat Hassan par exemple où dorénavant c’est le camarade Ben Omar du PADS qui sera tête de liste. Mais à Rabat Mouhit, Benjelloun (PADS) et (Sassi) s’obstinent et on est en voie de prendre une décision, quitte à ce qu’il y ait des listes séparées là où il est difficile d’obtenir
un accord. Tanger est justement l’une des villes où l’on n’a pas encore tranché. Si à Fahs Anjra, la candidature de Me Abdellah Zaïdi au nom de l’alliance tripartite est accordée, il n’en est pas de même en ce qui conce
e celle de Me Bakkioui. Je crois que le problème relève d’un manque de communication entre les structures locales. Nous au CNI, nous travaillons en silence et nous ne nous sommes toujours pas prononcés au sujet des candidatures et des listes, estimant qu’il est plus sage d’attendre que les idées mûrissent chez nos alliés au PSU et spécialement au PADS.

Q : Pourtant, le jou
al Assahifa, proche du PSU, avait annoncé que c’est le PADS qui allait prendre la tête de liste à Tanger. Quelle issue aura cette situation si chacun reste sur sa position ?
R : Ce qui a été publié sur Assahifa, de même que les déclarations du responsable local du PSU sur l’hebdomadaire Achamal ont accentué les différences de points de vue au lieu de les rapprocher. Ceci dit, si l’on arrive à l’impasse, il y a deux possibilités : ou bien le PADS présentera sa liste tout seul, ou alors il y aura d’un côté une liste PADS et une liste mixte PSU/CNI.

Q : Ne pensez-vous pas que de telles divergences risquent d’avorter le projet unioniste du RGD qui en est encore au stade embryonnaire ?
R : Je ne pense pas. Je sais que nous sommes suffisamment rodés, politiquement parlant, pour affronter ce genre de difficultés conjoncturelles, d’autant plus que nous ne considérons ces élections qu’un front de lutte parmi d’autres. L’essentiel pour nous c’est de faire face aux mafias des élections et de dénoncer toute tentative de falsifier la volonté populaire.
Q : Depuis la scission au sein du CNI et de la CDT, c’est désormais le Parti socialiste (PS) qui occupe l’emblématique local du Petit Socco à Tanger que le propre ancien CNI avait en quelque sorte ‘’squatté’’ au lendemain de la scission au sein de l’USFP. Est-il vrai que 50% des militants du CNI ont rejoint le PS ?
R : Il faut d’abord rappeler que lors des assises du congrès de Bouznika de mars 2006, nous avions demandé le redressement de la situation organisationnelle du parti où une poignée de personnes conduite par Abdeslam Bensalah s’autoproclamant leaders du parti imposaient un véritable blocus contre la majorité des militants. Ce qui a embarrassé nos camarades dissidents qui étaient minoritaires et ne représentent pas 50%, loin de là.

Pour ce qui est du local de Souk Dakhel (Petit Socco), je sais qu’il y a une procédure judiciaire en cours. Me Achahbar peut vous en dire davantage sur la question. Ce local qui était le siège de l’USFP et de la CDT est devenu objet de litige depuis plusieurs années déjà. En 1995, Me Abderrahmane El Youssoufi avait adressé un écrit consentant à ce que le local reste comme siège de la CDT à Tanger. Maintenant on ne sait pas trop s’il est le siège du PS ou de l’ODT, ou des deux à la fois. Dans ce siège, il y a une dizaine de machines et une dizaine d’ordinateurs qui ont été offerts à la CDT- et non pas à l’ODT- par l’organisation syndicale espagnole UGT de la Catalogne afin de servir de supports pour la formation professionnelle. Sans entrer dans les détails, je me limiterai à dire que le fait de s’en servir aujourd’hui à des fins lucratives serait scandaleux.

Q : Revenons aux élections, ne pensez vous pas que ces scissions et cette balkanisation favorise la montée du PJD que certains sondages donnent comme grand favori des prochaines législatives capable d’obtenir la majorité ?
R : Je ne serai ni le premier ni le de
ier à douter de la crédibilité de ces soi-disant sondages. Mais vous l’avez dit vous-même.
Le paysage politique est balkanisé. Il l’est tellement qu’il est impossible pour un parti, quel qu’il soit d’obtenir la majorité. Le PJD a su tirer profit d’une conjoncture déterminée qui ne va pas durer éte
ellement. Mais c’est un parti qui est en manque de crédibilité auprès des gens qui ont une conscience politique : Les conditions de sa création, ses négociations et pactes avec le ministère de l’intérieur, le situent au même niveau que les partis de l’administration, et ce n’est pas son discours démagogique
aux ingrédients religieux qui y changera quelque chose. Les Marocains ne sont pas dupes et savent très bien qui est qui.

Q : Quelle est, pour conclure, votre opinion sur la candidature de Tanger à l’organisation de l’Expo de 2012 ?
R : Cette Expo, si elle nous est accordée, et nous le méritons, sera la chance de notre vie malgré nos réserves sur certaines questions relatives à la campagne promotionnelle. Lors de différentes rencontres auxquelles nous avons été conviés nous avons exprimé clairement nos attentes qui sont celles des citoyens. Il faut que la mobilisation pour cet événement aille de pair avec la politique prioritaire de développement humain menée à l’échelon national. La mise à niveau de la ville, oui. Mais celle-ci ne devrait pas omettre le volet social.

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