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Abdelkader  vendeur ambulant de journaux  à l’ère du Coronavirus

La voix cassée,  le visage à peine ridé, une démarche à la fois lente  et sûre, Abdelkader, célèbre vendeur de journaux à la criée à Tanger, ne  désespère pas.
Nous l’avons rencontré, comme à l’accoutumée,  dans un quartier qui lui est familier, non loin du cinéma  Roxy.  Sauf que cette fois, il avait les bras moins chargés de journaux.
Abdelkader a consenti à satisfaire notre curiosité : « Cela fait  36 ans que je pratique le métier de vendeur ambulant de journaux. D’habitude, je vends plusieurs journaux, nationaux et internationaux ; maintenant  je n’ai qu’un seul journal à vendre : Le journal de Tanger. Je me bats, mais c’est très difficile ».
Ces  paroles traversent, avec émotion le masque de protection contre le Covid 19 que porte ce père de famille qui a toujours affectionné   son travail.
Malgré tout, il garde un brin  de fierté, mais arrive  à peine à cacher son embarras devant l’impact des mesures de confinement sur son activité.
Ce brave homme  a longtemps été un travailleur acharné, comptant sur la force de ses jambes et de ses bras pour parcourir,  à longueur de journée, cafés, restaurants, établissements de tous genres où il avait sa clientèle.
Cette activité a pu,  jusqu’ici, lui permettre de subvenir aux besoins de sa famille composée de 9 membres.
Durant plus de trois décennies, ses habitudes  n’ont véritablement pas changé, mais, depuis peu, le Coronavirus a tout balayé devant lui. Comme devant bien d’autres personnes qui pratiquent des métiers similaires et qui font aujourd’hui face à un manque pour combler leurs  besoins et ceux de leur  famille.
A la question de savoir s’il a perçu une quelconque aide, sa réponse est désespérante  : « Walou, Walou (rien :), Je ne peux compter que sur moi-même ! ».
Pourquoi ? La cause de cet oubli peut provenir de plusieurs facteurs, dont assurément celui de l’ignorance. Abdelkader, comme près de 35 % des Marocains est analphabète. De là à maitriser les technologies de l’informatique pour accéder à  l’aide mise en ligne par l’Etat, cela représente pour lui une fiction… un calvaire.
Quant à l’avenir, Abdelkader l’envisage avec un mélange de crainte et d’optimisme. Il espère que le monde reviendra à un  rythme normal et que lui-même retrouvera ses journaux et ses clients …

 Sali Bouba.O

 

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