News MEDays 2017 Redynamiser le dialogue euro-africain
(Catégorie Economie)
Posté par Administrateur
الثلاثاء 07 نوفمبر 2017 - 18:11:44

Le 07-11-2017 à 18:11:44
Tanger s’apprête à accueillir du 8 au 11 novembre la dixième édition du Forum international MEDays. Comme à chaque mois de novembre, la ville du Détroit abritera donc pendant quatre jours l’évènement phare de l’Institut Amadeus qui est placé sous le haut patronage du Roi Mohammed VI. Pour cette édition 2017, les MEDays ont vu les choses en grand avec au total quelque 3.000 participants et 150 intervenants triés sur le volet, parmi lesquels plusieurs anciens chefs d’États et de gouvernements, des ministres, des décideurs politiques, des dirigeants d’entreprises, des universitaires ainsi que des représentants de la société civile et des médias...

D’ores et déjà, de nombreux intervenants de haut niveau ont confirmé leur présence parmi lesquels Alpha Condé, chef d’État guinéen et président de l’Union africaine (UA), Samia Hassan Suhulu, vice-présidente de la Tanzanie, Pierre-Claver Maganga Moussavou, vice-président du Gabon, Bertie Ahern, ancien premier ministre d’Irlande, Iveta Radicova, ancienne première ministre de Slovaquie ainsi qu’André Flahaut, ministre d’État et ministre du Budget, de la Fonction publique et de la Simplification administrative en Fédération Wallonie-Bruxelles et Latifa Ibn Ziaten, fondatrice et présidente de l’association Imad Ibn Ziaten pour la Jeunesse et la Paix. Tous ces participants auront l’occasion d’échanger autour du nouveau pouvoir économique de l’Afrique ainsi qu’autour des questions liées au développement durable et au nouvel échiquier géopolitique mondial.
L’initiative du "dialogue euro-africain" sera également à l’honneur. Lancée à l’occasion du 10e anniversaire du Forum MEDays, "elle se veut un pont de dialogue et de rapprochement entre les continents européen et africain, dans le but d’impulser une nouvelle dynamique euro-africaine", indique Brahim Fassi Fihri, fondateur d’Amadeus. Plusieurs questions sectorielles seront ainsi discutées lors de cette Initiative, concernant notamment le secteur financier, les IDE en Afrique, l’immigration, le co-développement et la gouvernance sécuritaire.

La journée d’ouverture lui sera consacrée à l’organisation de trois workshops devant aboutir à des recommandations autant sur les questions économiques que politiques entre l’Union européenne et les États africains. Ces sessions de travail s’articuleront autour de trois thématiques clés: le rapport gagnant-gagnant dans les relations en l’Afrique et l’UE, l’impact des incertitudes européennes (immigration, Brexit, crises économiques...) sur le continent africain ainsi que le devoir humanitaire et l’impératif sécuritaire dans l’approche de la question migratoire.

Questionné au sujet des crises que connait l'Europe pour savoir s’il est encore pertinent de parler de partenariat Afrique-UE quand beaucoup de voix s'élèvent au sein du continent africain appelant plutôt à privilégier les approches Sud-Sud, Brahim Fassi Fihri estime que les deux ne sont pas incompatibles. « C'est dans l'ADN du forum MEDays depuis 2008 de mettre en avant la coopération Sud-Sud parce que les pays africains doivent montrer qu'ils sont capables de s'unir et de parler d'une même voix sur les enjeux internationaux » affirme-t-il, ajoutant : « Les crises politiques et économiques dans les pays européens, et d'une certaine manière dans le projet européen, ont des répercussions sur l'Afrique.

Nous devons donc apprendre à peser sur l'agenda de nos partenaires et proposer des solutions innovantes que ce soit sur la migration, sur le partenariat économique ou sur la mobilité, notamment celle des chercheurs et des étudiants. Le Sud-Sud, tel qu’imaginé par le Maroc, sous l’impulsion de SM le Roi Mohammed VI, ne signifie pas une Afrique qui s'isole du monde, au contraire c'est un appel à prendre collectivement et avec responsabilité notre place dans la discussion internationale ».

Au sujet des stratégies à mettre en place pour l'accès aux financements qui représente toujours un handicap de taille pour les projets innovants en Afrique, le président d’Amadeus estime que
les approches Sud-Sud, notamment la coopération bilatérale entre les pays, sont particulièrement efficaces dans ce domaine pour faire réussir ce genre de projets. Premièrement parce que la mobilisation du financement et le montage de projet sont une expertise qu'il est peut-être plus facile de se transmettre entre pays d'un même continent qui sont confrontés aux mêmes problématiques.

« Je pense ici à ce que MASEN ou d'autres organismes font sur le continent, d'abord sur leurs projets au Maroc, puis dans le cadre de partage d'expertise avec d'autres pays africains. Ensuite parce que les financements africains existent et peuvent être capitalisés, mobilisés et investis sur des projets crédibles sur le continent. C'est toute la pertinence de créer des zones sous régionales africaines plus intégrées avec une plus grande mobilité des capitaux », dira-t-il.

Pour ce qui est des flux migratoires sans précédent, et pas forcément du Sud vers le Nord, la question est de savoir comment concilier entre l'impératif humanitaire et sécuritaire pour gérer ces mouvements migratoires, Fassi Fihri considère que la question de la migration n'est pas une question de paramètres techniques ou de curseur sécuritaire/humanitaire, elle doit être pensée en amont et nous devons en venir aux causes. Le Maroc est concerné au premier lieu car les chefs d'Etat africains lui ont confié le rapport et les contributions de l'Union africaine (UA) sur le sujet. Il faut savoir aussi que la plus grande et délicate des migrations africaines sera interne. C'est le déplacement des populations des campagnes vers les villes. Ce sont donc les pays africains qui devront absorber ces mutations sociales et économiques et il faudra le faire à travers le développement des projets de logement, de santé, d'éducation qui représentent par ailleurs des opportunités d'investissement.

« Concernant les migrations transfrontalières, les causes les plus évidentes lorsqu'on regarde la nationalité des migrants, sont celles des conflits et des changements climatiques, notamment la dégradation des sols et la raréfaction de l'eau.
Depuis 2009, le forum MEDays plaide pour plus de capacités d'intervention et de capacités politiques au niveau africain. L'UA a en ce sens fait beaucoup de chemin et prend dorénavant ses responsabilités quand surviennent les crises politiques. La question du climat, par contre, ne dépend pas que de notre continent car elle est globale mais nous devons passer à la vitesse supérieure en termes de coopération technique et d'engagement des projets dans les zones exposées. Sur les questions de la gestion des sols et de l'eau le Maroc a d'ailleurs une expertise à valoriser sur le continent », explique le président d’Amadeus.

PH : DR


Le Journal De Tanger



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