News L’heure des Comptes a Sonné !
(Catégorie Politique)
Posté par Administrateur
الاثنين 30 أكتوبر 2017 - 16:07:50

Le 30-10-2017 à 16:07:50
Lorsque le Roi Mohammed VI a parlé dans son discours prononcé le 13 octobre courant au parlement, de séisme politique, on s’est douté que quelque chose de sérieux se préparait, mais on ne discernait pas ladite chose avec précision. C’est que donc la reddition des comptes se préparait et son déclenchement n’attendait que le verdict de la Cour des comptes au sujet des dysfonctionnements dans la gestion et la réalisation du projet «Al Hoceima Manarat Al Moutawassit».

Aussitôt ce rapport publié et soumis le 24 octobre à l’appréciation du Roi, le vent du grand nettoyage a soufflé, emportant sur son passage ministres et responsables à différents niveaux.
Ainsi, la première vague de limogeage a concerné Mohamed Hassad, actuel ministre de l’Éducation et ex-ministre de l’Intérieur, Mohamed Nabil Benabdellah, ministre de l’Habitat et de l’Aménagement du territoire, Houcine El Ouardi, ministre de la Santé, Larbi Bencheikh, secrétaire d’État chargé de la formation professionnelle et ancien directeur de l’OFPPT.
Le Roi a également fustigé quatre anciens ministres et relevé un directeur d’Office et 14 hauts responsables de leurs fonctions.
Maintenant, qu'est-ce qui va changer et surtout quelle sera la nouvelle configuration du gouvernement?

La décision du Roi repose sur sa qualité de Chef de l'État, garant du bon fonctionnement des institutions du royaume et de l’application de la Constitution de 2011 sur le principe de reddition des comptes qui, jusque-là, restait inappliqué.

Aujourd’hui, le temps est donc venu pour que le Roi pose les jalons d'une nouvelle ère de gouvernance, avec une mise en œuvre de la reddition des comptes, comme il l'a souligné dans ses derniers discours.

On va sans doute assister bientôt à d'autres révocations de responsables, puisque le Souverain a chargé le chef du gouvernement de prendre les mesures nécessaires contre 14 responsables administratifs impliqués dans le rapport de la Cour des comptes dans la non-exécution des projets à Al Hoceima.

En fait, que reproche-t-on à ces responsables limogés?
On peut répondre en faisant valoir un point commun à tous ces responsables : ils n’ont pas été à la hauteur de la responsabilité qui leur était confiée et de la confiance qui était placée en eux. Ils ont déçu !
Le rapport de la Cour des comptes a, en effet, soulevé plusieurs dysfonctionnements et retards dans la mise en œuvre du plan "Al Hoceima, phare de la Méditerranée". Pire, certains départements se sont vite empressés de se débarrasser de cette « corvée » en la rejetant sur l'Agence du Nord pour la réalisation des projets planifiés, alors qu'ils disposent des moyens et compétences nécessaires pour le faire eux-mêmes.
Résultat évident : débordée, l’Agence du nord a pris un énorme retard d’où le déclenchement du hirak d’Al Hoceima.

Que va-t-il se passer maintenant ?
En théorie, la révocation de quatre ministres ouvre la voie à plusieurs scénarios. Le chef de gouvernement, Saâdeddine El Othmani devra être chargé par le Roi de remplacer les postes vacants ou, dans un cas plus extrême, opérer une refonte totale de son équipe gouvernementale. Dans un contexte où la majorité gouvernementale est relativement affaiblie, le Chef du gouvernement aura besoin du soutien des autres partis de la majorité, et plus particulièrement du soutien de son propre parti, le PJD qui connaît des tensions internes. Ce qui laisse le champ ouvert à toutes les possibilités.

Mais, dans la réalité, on relève, avec une certaine satisfaction, que le séisme politique actuel n’apporte pas un grand préjudice à la majorité et ne remet donc pas en question la légitimité du gouvernement de Saâdeddine El Othmani qui a pratiquement deux choix devant lui. Le premier est le remplacement technique des postes vacants dans son gouvernement.
C'est-à-dire de désigner quatre ministres pour remplacer les quatre limogés, qui seraient affiliés aux mêmes partis touchés : le Mouvement populaire (MP) et le parti du Progrès et du Socialisme (PPS). Le deuxième choix consisterait à élargir le cercle des concertations gouvernementales de manière à ce qu'elles comprennent d'autres partis, essentiellement l'Istiqlal qui est le troisième parti en termes de sièges parlementaires après le PJD et éventuellement du PAM, qui connaît l'émergence d'un courant favorable à l'alliance avec le PJD.

Ce deuxième choix est plus probable car le PPS pourrait décider de sortir de la majorité, après avoir perdu deux ministères et surtout après que Nabil Benabdellah, son secrétaire général, a été révoqué.

Au niveau du parlement, le poids de la majorité ne sera pas ébranlé même si le PPS et le MP rejoignent l’opposition, sachant que le RNI et le PJD s'en sont sortis sains et saufs.

Mais, au-delà de ces considérations techniques, les partis politiques doivent tirer la leçon pour veiller à proposer, à l’avenir, des profils compétents aux hautes fonctions. Le message s’adresse aussi à tous les responsables au sein de l'État qui doivent assimiler, une fois pour toutes, que personne n'est au-dessus de la loi et que, dans l'avenir, personne ne sera épargné des mesures de sanction.

La preuve, la révocation du directeur de l'ONEE, qui n'a pas d'appartenance politique, ainsi que le limogeage de Mohamed Hassad qui signifie que le ministère de l'Intérieur aussi est soumis aux règles, et que la loi est au-dessus de tous. Il ne faut plus s'étonner de voir des walis ou gouverneurs limogés dans l'avenir pour avoir failli à leurs missions.

Tout ceci témoigne de l'intransigeance du Roi, et de la nécessité pour les dirigeants d'assumer désormais leurs responsabilités politiques et techniques.

Dernière question : l’ancien chef de gouvernement, Abdelilah Benkirane, est-il indirectement éclaboussé par ce nettoyage gouvernemental ?
Logiquement, Benkirane détient une part de responsabilité dans les retards et non-exécution des projets à Al Hoceima. Si le communiqué royal a innocenté Benkirane, d'un point de vue purement juridique, il était le chef du pouvoir exécutif et il est donc responsable de son fonctionnement. Pour le moins, on peut retenir la responsabilité de l’ancien chef de gouvernement pour non-vigilance afin de rattraper les retards des projets, même après la montée des mouvements contestataires à Al Hoceima.

PH : DR


Le Journal De Tanger



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