News Les 4 premiers mois du gouvernement Al Othmani, Quel bilan ?
(Catégorie Politique)
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الخميس 28 سبتمبر 2017 - 11:02:13

Le 28-09-2017 à 11:02:13
Le chef de gouvernement, Saâd-Eddine El Othmani, a présenté, lundi 11 septembre courant, le bilan d’étape des 120 premiers jours d’exercice de son exécutif, décliné en cinq axes: politique, gestion, économie, société et diplomatie.
Concrètement, ce bilan aborde les six volets suivants : réformes institutionnelles et réforme de l’Administration ; l’investissement et le soutien aux entreprises ; l’éducation et de la formation ; la Santé ; l’emploi et enfin la protection sociale et la lutte contre les disparités territoriales.

Tout ceci couronné par un soutien inconditionnel à la politique africaine initiée par le Roi Mohammed VI.
Si El Othmani qualifie ce bilan de positif, certains experts estiment que le gouvernement est certes parvenu à activer quelques mesures importantes, mais il reste encore très attendu sur bon nombre de dossiers épineux.
C’est dire que le chemin est encore long devant l’Exécutif dont la tâche s’avère assez ardue au regard de certaines considérations d’ordre législatif, mais aussi politique, à cause notamment du séisme qui secoue le premier parti au pouvoir, à savoir le Parti de la Justice et du Développement (PJD), et qui provoque bien des secousses au sein de l’exécutif gouvernemental.
Les détails :

En ce qui concerne donc la poursuite des réformes institutionnelles ainsi que la réforme de l’Administration, le gouvernement se félicite d’avoir adopté, durant ces quatre premiers mois de son existence, neuf projets de loi, dont celui relatif au Conseil national des droits de l’Homme, ou encore celui des nouveaux statuts de Bank Al-Maghrib, et 65 décrets afférents aux collectivités locales, à la réforme de l’Administration, à la lutte contre la corruption, et à la facilitation des procédures de légalisation des documents administratifs.

Le deuxième volet concerne l’encouragement de l’investissement et le soutien aux petites et moyennes entreprises, avec notamment l’exonération pendant 5 ans des entreprises nouvellement créées, dans l’optique d’offrir aux sociétés un cadre leur permettant de créer davantage d’emplois et de mieux contribuer au développement de l’économie nationale. On prévoit, en outre, que la Loi de finances 2018 constituera un levier pour le soutien des entreprises et l’investissement.

Le troisième volet concerne l’épineux dossier de l’Education et de la Formation, notamment l’équipement et la modernisation les écoles dans le but d’offrir un cadre idéal de travail, la résolution de la problématique de l’encombrement des classes et le recrutement de 35000 enseignants afin de combler le déficit et remplacer les 24.000 partants à la retraite.

Ce volet comprend également l’élargissement de la catégorie des étudiants et des élèves éligibles aux bourses d’études, y compris 70 000 stagiaires des centres de formation professionnelle.

Le quatrième axe concerne le secteur de la Santé avec le lancement d’un nouveau plan d’action couvrant la période 2017-2021, qui a déjà démarré avec l’inauguration de six nouveaux hôpitaux durant les mois de juillet et août derniers, tandis que les travaux ont été entamés pour la construction d'un autre centre hospitalier.

Parallèlement, on s’apprête à mettre en place un programme devant assurer au secteur de la Santé les ressources humaines dont il a besoin, afin de relever les défis liés à ce secteur stratégique qui ne répond pas aux attentes des citoyens.

Le cinquième volet est consacré à l’emploi À ce niveau, on rappelle l’adoption récente par une commission interministérielle du programme national de promotion de l’emploi, à travers des contrats régionaux pour renforcer le rôle des régions dans ce cadre, et une approche participative pour tenter de résoudre le problème du chômage.

Enfin, le sixième volet concerne la protection sociale et la lutte contre les disparités territoriales. Un programme spécialement dédié à ce volet est en cours d’élaboration et devrait toucher au développement social en général et dans le monde rural, en particulier. Des plans d’action ont déjà été adoptés dans ce sens et un dispositif spécial devrait être déployé durant la période allant de 2018 à 2023. A souligner que la généralisation de la couverture sociale a déjà été entamée avec l’adoption par le parlement de la loi étendant la couverture aux non-salariés et aux indépendants.

Dans son commentaire de ce premier bilan d’étape, le chef de gouvernement qui l’a qualifié de « positif », a annoncé qu'il institutionnaliserait la présentation de ce genre de bilan tous les quatre mois en demandant aux experts et aux observateurs de les éplucher et de les analyser.

Ainsi, après une première lecture, certains experts se sont donc prononcés, estimant qu’il s’agit d’un bilan en demi-teinte n’ayant pas apporté de grandes révélations, sinon de nouvelles promesses.

On convient du fait que, malgré le contexte général marqué par une grogne sociale et les événements du Rif, le gouvernement est certes parvenu à activer quelques mesures importantes, mais il reste encore très attendu sur bon nombre de dossiers épineux.

En effet, la machine du dialogue social est toujours en panne ; la régionalisation avancée est tributaire de l’élaboration d’une feuille de route claire entre le gouvernement et les conseils régionaux ; la réforme du système des retraites est encore en stand by ; celle de la Caisse de compensation et la possible levée progressive de la subvention des matières comme le gaz butane, le sucre et la farine ;

la correction des dysfonctionnements de l’Administration ; la résolution des problématiques de l’école marocaine, pour ne citer que ces dossiers épineux.
Ajoutons à cela 3 autres points faibles enregistrés durant ces quatre derniers mois, soulevés par le porte-parole du gouvernement, Mustapha El Khalfi lui-même, à savoir: la non-application du système de couverture de santé pour les parents ; la manifestation du jeudi 20 juillet à Al Hoceima qui a eu lieu malgré que l’ensemble des parties concernées étaient engagées dans l’accélération de la réalisation des projets de développement de la ville, et enfin l’échec d’imposer le cota de 7% pour l’emploi des personnes handicapées dans l’administration publique qui n’a pas encore l’aptitude pour appliquer cette décision.

C’est dire que le chemin est encore long devant le gouvernement El Othmani dont la tâche s’avère assez ardue au regard de certaines considérations d’ordre institutionnel, mais aussi politique.

En effet, la majorité gouvernementale qui est composée de six formations politiques, à savoir le Parti de la Justice et du Développement (PJD), le Rassemblement National des Indépendants (RNI), l’Union Constitutionnelle (UC), le Mouvement Populaire (MP), l’Union Socialiste des Forces Populaires (USFP) et le Parti du Progrès et du Socialisme (PPS), traverserait une zone de turbulences, à cause notamment du séisme qui secoue le Parti de la Justice et du Développement (PJD) et qui provoque bien des secousses au sein de l’exécutif gouvernemental dont les leaders des partis de la majorité ne se sont réunis que deux fois en l’absence du secrétaire général du PJD, Abdelilah Benkirane, qui boycotte ce genre de rencontre, ce qui empêche la signature de la fameuse Charte gouvernementale permettant d’éviter la discorde, de consolider leur coalition et une coordination dans le travail sur le terrain.

Ainsi, l’euphorie enregistrée lors de la présentation, lundi 11 septembre, encore en l’absence de Benkirane, du bilan d’étape du gouvernement n’a pas duré. A peine les chefs de la majorité ont-ils fini leurs discours optimistes et enthousiastes que les députés du PJD se sont empressés de leur gâcher la fête, lorsque, le chef du groupe parlementaire du PJD, Driss El Azami El Idrissi, député, maire de Fès et chef du groupe parlementaire du parti islamiste, a tenu à exprimer ouvertement ses réserves au chef du gouvernement quant aux engagements que ce dernier a pris au nom du parti. El Azami El Idrissi s’est montré très clair: «si l’engagement du PJD dans la majorité gouvernementale suppose que ses députés votent avec la majorité, cela ne les oblige pas à soutenir les positions du gouvernement», a-t-il martelé, ajoutant : «Parler d’une parfaite cohésion au sein de la majorité gouvernementale est exagéré. Il ne faut pas duper les gens» dira-t-il.

Ainsi, Saâdeddine El Othmani qui appréhende un retournement de force au sein de la majorité, mobilise son équipe gouvernementale pour la prochaine rentrée parlementaire qui s’annonce chaude, notamment que les récentes sorties médiatiques du secrétaire général du Parti de la justice et du développement (PJD), Abdelilah Benkirane, augurent d’une session d’automne sous haute tension. Benkirane a, en effet, appelé les membres de son parti à revoir leur méthodologie d’action et s’en remettre aux bases et aux principes fondateurs du parti, ce qui fait craindre un nouveau «blocage» institutionnel provoqué par les députés, essentiellement du PJD, sachant que le gouvernement ne peut travailler sans le concours du parlement.

En attendant de voir plus clair, le porte-parole de l’Exécutif, Mustapha El Khalfi assure que le gouvernement reste mobilisé pour réaliser les objectifs de son programme, et accorde un grand intérêt à l’écoute des citoyens, des acteurs économiques et sociaux, ainsi que la société civile, visant prioritairement le service du citoyen et de la Nation..

Synthèse du Dr Abdelhak BAKHAT

PH : DR

Le Journal De Tanger



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