News Tanjazz :18 années de supercherie avec, à la clé, un scandale diplomatique
(Catégorie Art & Culture)
Posté par Administrateur
الأربعاء 13 سبتمبر 2017 - 17:50:28

Le 13-09-2017 à 17:50:28
Voilà maintenant 15 années que nous combattons cette gangrène qui continue à dévorer le champ culturel et à polluer la scène artistique dans notre ville. Si nous sommes parvenus à en atténuer progressivement le mal en convaincant notamment certains sponsors à ne plus financer ce festival, comme, partiellement, une banque de la place, un important groupe industriel dans la région ou encre le département du Tourisme qui s’étaient laissés berner par les beaux-parleurs de Tanjazz, ne leur présentant, en réalité, que du vent et de l’eau dans le jazz, nous nous rendons compte aujourd’hui que la bataille est encore longue pour venir à bout de ce cancer récalcitrant.

Pendant les trois premières années du festival Tanjazz, nous avions cru en ce qui se présentait comme une opportunité pour parfaire l’activité culturelle à Tanger et, comme beaucoup de gens, notamment des sponsors bernés, nous avions applaudi l’ouverture de ce festival et encouragé les organisateurs à persévérer..

Mais nous avons vite déchanté en constatant, au bout de trois éditions, que ce festival n’était, en fait, qu’une supercherie et un moyen d’enrichissement, monté de toutes pièces par une poignée d’opportunistes étrangers au bord de l’abîme, qui avaient profité d’un vide culturel, à l’époque, non pas pour remplir la scène culturelle, mais plutôt pour se remplir les poches et s’engraisser au détriment d’un public qui se laissait bercer par l’espoir de voir en « Tanjazz », un plus pour l’activité culturelle et du même coup touristique pour notre cité.

Nous nous sommes rendus à l’évidence en concluant que Tanjazz est une fête de la musique tout juste, sauf qu’il faut faire des économies pour se payer les spectacles ; ça coûte cher. Mais, c’est aussi et surtout l’occasion de picoler pour beaucoup.Comprenez les jeunes. Voire des mineurs, filles et garçons marocains, tangérois, qui cassent leur tirelire pour passer des soirées débordantes d’alcool et de hachich.

Après donc 18 années de supercherie et de médiocrité, nous revenons, encore une fois à la charge, avec la ferme conviction et le dure volonté d’aller jusqu’au bout de ce drame culturel, étant persuadés que Tanjazz est usé à la corde, fatigué ; il a le souffle court et il est tellement marqué par la personnalité de ses concepteurs que personne, notamment les sponsors, mais aussi le public, ne se hasarderont plus désormais dans cette mésaventure en déclin dont le concept est érodé, poussiéreux et dont la corde va lâcher.
Car, Tanger la nouvelle est dans une autre dynamique. Les organisateurs de Tanjaz le savent, mais tant que la vache continue à produire du lait, ils s’accrochent, en faisant semblant, de temps à autre, de vouloir arrêter. Une manière de reculer pour mieux sauter.

Pour les personnes qui n’avaient pas suivi notre démarche depuis 15 années, nous leur rapportons que le Journal de Tanger dénonce, depuis tout ce temps, les méfaits et la stérilité du festival Tanjazz qui, en fait, ne rapporte absolument rien à Tanger ni sur le plan culturel, ni dans le domaine touristique et encore moins en terme de divertissement. Au contraire, ce festival fait beaucoup plus de mal que de bien.
C’est pour cela que nous persévérons !

Nos aimables lecteurs se souviennent que Le Journal de Tanger avait ouvert un front de contestation contre le festival Tanjazz dès sa quatrième édition, après avoir relevé un fait grave, nonobstant les aspects artistique et culturel creux du festival.

Notre attention et celle de l’opinion publique avertie avaient, en effet, été attirées par un phénomène gravissime : les coulisses du festival Tanjazz étaient converties, chaque nuit, en un lieu de débauche pour nos jeunes dont des mineurs filles et garçons.

Nous nous étions soulevés contre ce fait de détournement de notre jeunesse qui consumait ouvertement de l’alcool et de la drogue fournies par les organisateurs qui récoltaient un argent astronomique à travers ces bars nocturnes aménagés au sein même du palais des institutions italiennes (Palais Moulay Hafid) affecté au festival.

Face à ce véto que nous opposions fermement, les organisateurs de Tanjazz avaient tenté d’établir un semblant de filtration des entrées à ces buveries, mais ce n’était qu’un moyen de tromper l’ennemi que nous étions, et qui n’a finalement servi à rien puisque la dangereuse mascarade a continué.


Autre fait dénoncé par notre journal, celui des programmes proposés au public.
A ce propos, nous ne nous souvenons pas avoir noté dans tout le parcours du festival Tanjazz, un moment mémorable, un artiste de renommée internationale, une véritable tête d’affiche pour un véritable grand soir de concert, ni même avoir lu, ne serait-ce qu’un fois, dans la presse spécialisée, un reportage sur ce festival. Tout simplement, parce que Tanjazz n’est pas un festival ! Ce sont juste des séances de musique médiocre, jouée par des troupes médiocres, face à un public désintéressé, désenchanté et désabusé.

Cette prise de boucliers du Journal de Tanger marquée par des positions ouvertes contre la manière dont est organisé le festival Tanjazz vide de toute substance culturelle ou artistique digne de ce nom, et ses effets négatifs sur notre jeunesse et sur le champ culturel tangérois, nous avait valu une série de correspondances « d’indignation », rarement convaincantes, parfois insultantes, adressées à notre rédaction par des correspondants que nous soupçonnions d’être commandités par les organisateurs du festival qui ne trouvaient pas les éléments nécessaires pour riposter eux-mêmes à notre solide argumentation, sachant que nous avions raison sur tout ce qui était dénoncé dans les colonnes de notre hebdomadaire. Agissant par soutien systématique, par intérêt, par amitié ou tout simplement par complaisance, envers les organisateurs du festival Tanjazz, et s’érigeant ainsi en avocats du diable,

toutes les personnes qui nous ont écrit avaient un objectif commun : tenter de museler notre journal pour l’empêcher d'exprimer une vérité criarde dont nous étions et sommes toujours convaincus, celle de considérer que Tanjazz est un leurre encouragé par des organismes privés trompés. Pire ! parfois soutenu par des entités publiques qui dilapidaient ainsi les deniers du contribuable...! A l’exemple de l’Office national marocain du Tourisme (ONMT) ou encore le Conseil régional Tanger-Tétouan à l’époque. Ces mêmes deniers publics qui finissaient dans la poche des organisateurs de Tanjazz, au détriment d’autres manifestations beaucoup plus populaires organisées dans nos murs.

Ainsi nous avons eu affaire, entre autres, à une certaine Yasmine Temsamani ; à Paul Brichet de Lyon en France ; à Florence Platte de Paris et même à un correspondant se disant Américain répondant au nom de Bill Haring. Nous avons aussi eu droit à un manifeste signé par un groupe d’ ‘’intellectuels’’.

Cette manière de commanditer des particuliers pour parler en leur nom, démontre que les organisateurs locaux de Tanjazz n’ont pas l’audace de se défendre eux-mêmes, alors que la loi les autorise pourtant à exiger de notre journal de publier leur « droit de réponse ». Et cela n’a qu’une seule explication : ils savent que nous avons raison et ils ne possèdent pas d’éléments judicieux pour contrecarrer notre argumentation basée sur des faits concrets et tangibles.

Puis, en changeant chaque fois de « défenseurs » mais aussi de continents, ce qui pourrait paraître subtil alors qu’en fait c’est débile, les organisateurs de Tanjazz voudraient donner l’impression que leur fameux festival est internationalement connu et apprécié, alors que sa réputation, mauvaise du reste, ne dépasse pas la périphérie tangéroise, pour ne pas dire le voisinage de son lieu d’organisation.

Toujours est-il que, chaque fois, nous nous faisions un devoir de répondre personnellement sur dans nos colonnes à chaque correspondant, en publiant fidèlement et intégralement sa lettre, conformément à la déontologie de notre métier de journalistes.

Dans la foulée, nous avons retenu deux correspondances que nous avons jugées importantes. La première émanant du président du Conseil régional du Tourisme à Tanger, convenant que le festival « Tanjazz n'apporte effectivement aucun plus à l'activité touristique de notre ville », un témoignage qui, venant d’un professionnel du secteur, pèse de tout son poids.

L’autre lettre est celle d’Aboul Anwar de la diaspora marocaine, dont nous vous livrons fidèlement un extrait ci-après :
« Le collectif des intellectuels de ’’Akhir Zamane’’ s’insurge, très maladroitement d’ailleurs, contre les critiques formulées dans un article de presse au sujet d’un festival (un de plus), jugé sans intérêt pour le grand public. Mais, en toute logique, peut-on reprocher à un journal d’exprimer son avis au sujet d’un évènement quelconque qui se déroule dans la ville, d’autant plus qu’il s’agit d’un journal de l’importance du Journal de Tanger, qui vient de ‘’boucler’’ son premier centenaire et qui a survécu aux grands évènements politiques et économiques qui ont bouleversé le XXème siècle, marqué, comme vous le savez, par deux guerres mondiales !!!..... Je voudrais demander à ceux parmi les signataires du manifeste qui portent des noms de familles connues à Tanger, d’interroger leurs parents, en garçons et filles sages et bien élevés, sur le nationalisme , le militantisme du Journal de Tanger, sa direction, et ses personnels journalistique, technique et administratif , pour remettre cette ville sur les rails non du TGV, plutôt du développement global et soutenu ! » (fin de citation).

Aujourd’hui, d’aucuns se demanderont pourquoi nous poursuivons notre démarche de dénonciation alors que le festival Tanjazz continue « tranquillement » son bout de chemin? Quand nous disons tranquillement, c’est pour souligner la passivité et le désintérêt des autorités locales et communales, mais aussi les responsables de notre

culture, dont le devoir est de constituer une synergie face à ce mal culturel qui dévore notre cité au glorieux passé intellectuel.


En fait, Tanjazz est au bout du rouleau et ses organisateurs en sont conscients. C’est pour cela que l’année dernière, au terme de la 17ème édition, le concepteur principal avait annoncé qu’il n’y aurait pas de 18ème édition et que le temps était venu pour clôturer définitivement ce festival, faisant valoir un problème de trésorerie dû à une chute des recettes et au départ des sponsors.

Comment donc expliquer l’organisation de la 18ème édition de cette année ?
En réalité l’annonce de clôturer définitivement le festival n’était qu’une nouvelle astuce trouvée par les rusés organisateurs pour tenter de gagner la sympathie du public et surtout de sponsors providentiels et, du même coup, continuer à exploiter leur affaire juteuse.

D’ailleurs, chacun le sait, Tanjazz rapporte beaucoup à ses organisateurs qui devraient dévoiler leur bilan recettes-dépenses. Ils ne le font pas et ils ne le feront jamais. Mais ce n’est qu’un secret de polichinelle puisque les sponsors eux, s’en chargent en déclarant au fisc les sommes consacrées à ce festival.

Le fait donc de s’apitoyer sur leur sort en versant des larmes de crocodile, n’était qu’une manière de reculer pour mieux sauter et de jeter de la poudre aux yeux du public, si public il y a. En fait, ils n’ont jamais eu l’intention de tenir parole et la preuve c’est que le festival se déroule en ce moment même dans les conditions habituelles de médiocrité, en l’absence de toute réaction officielle.

Sans vouloir aucunement critiquer l’art lui-même, nous ne contestons pas la valeur ni les origines du jazz, le vrai jazz en tant qu’art majestueux. Or, quel genre de jazz nous sert le festival Tanjazz : « Pour cet année, pas de tête d’affiche ni de très grands noms, mais plutôt des révélations prometteuses », ose annoncer l’instigateur de Tanjazz, comme si c’était une nouveauté alors que l’on sait qu’il n’y a jamais eu de tête d’affiche, sinon des amateurs.

Si, tout de même, cette année, les illuminés organisateurs de Tanjazz ont eu la lumineuse idée d’inviter à leur 18ème édition une chanteuse sioniste qui ne blaire pas les Arabes. Il s’agit de l'artiste Noam Vazana d'origine israélienne qui devait se produire dans la soirée d’hier vendredi sur la scène de Tanjazz.

Cette soldate de l'armée de l'air israélienne s’assigne pour objectif, et elle ne le cache pas, de « se produire à travers le monde pour donner une image positive d'Israël ».

Tout le monde s’est donc inquiété de la présence de cette sioniste à Tanger et un soulèvement musclé est relevé sur les réseaux sociaux où des internautes de tous bords ont appelé à l'annulation du concert de Noam Vazana.
Mais qu’en pense donc le principal instigateur de ce gros problème qui frôle le scandale diplomatique ?


Dans une déclaration à la presse, l’organisateur de Tanjazz, fidèle à lui-même, a déclaré que « cette polémique est "ridicule", estimant que Noam Vazana n'est pas particulièrement une caractéristique du sionisme : « je ne veux même pas rentrer dans ce débat qui est ridicule", explique-t-il, dans une fuite en avant, faute d’arguments plausibles.

Remarquez que le mot « ridicule » est prononcé à deux reprises, ce qui revient à dire qu’au sens de cet individu, les Marocains en général et les Tangérois en particulier sont des gens ridicules parce qu’ils ont le mérite de craindre que la présence de cette israélienne à Tanger soit considérée comme "une normalisation" des liens entre le Maroc et Israël.
Pour l’intéressé, peu importe le nationalisme des Marocains. Par contre, ce qui lui importe le plus, c’est de gagner de l’argent même en bafouant l’honneur des citoyens.

Finalement, à quelles fins organise-t-on et encourage-t-on ce genre de festival qui n’a absolument rien à voir, ni avec notre culture, ni avec notre patrimoine culturel. Avons-nous déjà vu Paris, Chicago ou Marbella organiser annuellement un festival de Gnaouas ? Ou alors sommes-nous toujours traumatisés par tout ce qui vient d’outre-mer?
Finalement, à quelles fins organise-t-on et encourage-t-on ce genre de festival qui n’a absolument rien à voir, ni avec notre culture, ni avec notre patrimoine culturel. Avons-nous déjà vu Paris, Chicago ou Marbella organiser annuellement un festival de Gnaouas ? Ou alors sommes-nous toujours traumatisés par tout ce qui vient d’outre-mer?
Sachons que le public intellectuel marocain ne s’intéresse pas, outre mesure, à ce médiocre jazz qu’on lui sert à Tanger et qui ne profite, en fin de compte, qu’à une poignée de gens qui y trouvent une opportunité pour « tuer le temps ». Faisons un détour pour nous rendre compte sur place du peu de « fans » de Tanjazz. Vous vous rendrez compte que nous n’inventons rien…
Cessons donc, autorités et collectivités, mais aussi sponsors privés, d’être trop complaisants avec un étranger qui profite de nous et de l’argent marocain à des fins tout à fait personnelles, et tournons-nous plutôt vers notre héritage culturel qui a besoin d’être redoré et vers nos propres artistes qui ont rudement besoin d’être soutenus et encouragés…!.

Par : Dr Abdelhak BAKHAT


Le Journal De Tanger



Cet item a été imprimée depuis le site .:: Le Journal De Tanger News ::.
( http://www.lejournaldetanger.com/news.php?extend.2603 )