News Aïd Al Adha ..
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Posté par Administrateur
الثلاثاء 29 أغسطس 2017 - 19:16:08

Le 29-08-2017 à 19:16:08
A l’instar du monde musulman, les Marocains commémorent, le 10 Dou Al Hijja 1438 de l’Hégire (1er septembre 2017), la fête de l’Aïd Al Adha (Fête du Sacrifice). Bien qu’elle ne soit pas obligatoire dans la Chariâ (Loi musulmane), cette «Sounna Mouakkada» (Recommandation appuyée), qui constitue une grande connotation religieuse, est intégrée à part entière dans nos traditions.

Si Cette Fête représente une précieuse occasion pour créer la joie au foyer, symbolisée notamment par le bonheur lu dans les yeux des enfants autour de leur mouton, elle se traduit également par de grands sacrifices pour l’immense majorité de nos familles qui, d’ordinaire, arrivent à peine à joindre les deux bouts.

En effet, intervenant juste à la fin des grandes vacances, et quelques semaines après le mois sacré de Ramadan et la fête de l’Aïd Al Fitr, mais surtout à moins d’une semaine de la rentrée scolaire, toutes ces occasions où la bourse est mise à rude épreuve, l’Aïd Al Adha se présente pour beaucoup de familles comme une source de dépenses particulièrement élevées auxquelles elles ne peuvent faire face sans s’endetter. Ainsi, bon nombre de gens s’adresseront à un parent, à un ami, à leur employeur ou à une maison de crédit pour obtenir un prêt. D’autres, moins chanceux ou encore moins solvables, se verront contraints de vendre des objets personnels pour amasser la somme d’argent nécessaire, non seulement pour l’achat du mouton qui apportera la gaieté au foyer, mais également pour faire face aux dépenses parallèles, notamment l’acquisition de nouveaux habits pour les enfants, à l’occasion de la fête, ou encore l’achat de dérivés comme les épices, le charbon, les fruits et légumes en quantité, en prévision de la fermeture des marchés et différents commerces durant plusieurs jours après la fête.

Ce lourd tribut nécessitera pour beaucoup une longue période de remboursement, parfois étalée sur toute l’année. Surtout quand on sait que les prêteurs d’argent qui se convertissent en véritables usuriers aiguisent leurs couteaux en prévision de la fête pour appliquer des intérêts dépassant toute norme. Et dire qu’ils font dans le social.


Le prix du mouton
et les caprices du marché


Le ministère l’Agriculture, de la Pêche Maritime, du Développement Rural et des Eaux et Forêts affirme que le cheptel disponible pour la fête d’Al Adha dépasse largement la demande habituelle avec 25,47 millions de têtes (19,87 millions de têtes d’ovins et 5,6 millions de caprins) et permet d’assurer une offre en animaux destinés à l’abattage pour la fête de l’Aid Al Adha d’environ 9 millions de têtes dont 5,14 millions d’ovins mâles, 1,75 millions d’agnelles et 2,11 millions de caprins. L’état sanitaire du cheptel national est bon dans l’ensemble des régions du Royaume.

Les ventes des animaux d’abattage permettront de générer un revenu important pour les éleveurs des petits ruminants et contribueront à dynamiser les activités économiques dans le monde rural. D’une manière générale les prix en vigueur actuellement varient, en moyenne, entre 39 et 45 dh le kilo, selon la race, le sexe et l’âge, ce qui est abordable comparativement aux prix de l’année dernière qui variaient entre 55 et 80 dirhams dans le meilleur des cas.

Autre nouveauté, cette année encore : l'achat du mouton sur lnternet. Certains ont trouvé cette méthode efficace et plus avantageuse que le fait de parcourir les souks traditionnels.

A Tanger, le marché du mouton est transféré loin du centre-ville depuis quelques années. Comme chaque année, un arrêté de la mairie contresigné par l’autorité locale, interdit (en principe) toute vente ailleurs qu’en ce lieu et exclue notamment le commerce habituel de troupeaux dans des garages de différents quartiers de la ville. On impute cette interdiction aux montagnes de saletés accumulées et les mauvaises odeurs dégagées par la présence de moutons en ville, et surtout par les détritus qui sont jetés dans les canalisations d’égouts qui s’en trouvent ainsi bouchées. Cependant, cela n’a pas empêché certains vendeurs de passer outre cette interdiction et de continuer à louer discrètement des garages dans certains quartiers pour écouler leurs troupeaux avec l’avantageuse possibilité de conserver le mouton acheté et payé jusqu’à la veille de l’aïd. Ceci s’explique par le fait que la plupart des ménages sont logés à l’étroit dans des appartements ou dans des maisons individuelles sans dépendances.

Le marché qui connaît encore une activité relative, bougera dès le jour de paie des fonctionnaires et des salariés, ce qui permettra aux ventes de prendre, de plus en plus, leur vitesse de croisière. Comme à leur habitude, les marchands soufflent tantôt le chaud, tantôt le froid à force de fluctuations faisant varier les prix entre 2000 et 3000 dirhams, mais on a aussi vu quelques rares moutons emportés à 5000 DH ce qui est interprété comme la folie d’un jour ! Il faut noter cependant qu’aucune norme n’est respectée dans les souks populaires par le fait de la spéculation incontrôlée qui ne profite malheureusement pas directement à l’éleveur, mais à ces nombreux intermédiaires-revendeurs qui convoitent d’importantes marges bénéficiaires. Ceci pousse certains acheteurs à se rendre régulièrement au souk du mouton, non pas pour acheter, mais plutôt pour en faire l’état des lieux, espérant une accalmie et une baisse des prix les poussant à reculer l’échéance de leur acquisition. C’est un calcul qui peut s’avérer positif...

mais risqué car, parfois il peut arriver que les prix flambent à l’approche du jour J, notamment si les marchands venus d’ailleurs évacuent le souk tangérois avant terme, pour rentrer chez eux. Cela s’est déjà vu !
En somme, toutes ces démarches, tous ces calculs et toute cette frénésie qui précédent le jour de la fête convergent vers un seul objectif final, celui de l’acte du sacrifice qui sera célébré le vendredi 10 Dou Al Hijja 1438 de l’Hégire (1er septembre 2017),. Après le jour de fête, il ne restera plus que la viande dans le frigo, avec une partie dédiée aux pauvres, comme le dicte la religion musulmane.

Le sacrifice empêché
de Saïdouna Ibrahim


Saïdouna Ibrahim est le père commun des croyants appartenant aux trois religions monothéistes. Il a une double ascendance : Ishac (Isaac) qu’il a eu de son épouse Sara, et Ismaïl qui lui a été donné par Hajar (Agar). La tradition attribue à l’un la descendance juive et à l’autre la descendance arabe.

Une nuit, Saïdouna Ibrahim a été mis à l’épreuve par Dieu qui lui intima, dans un songe, l’ordre de sacrifier son fils. Saïdouna Ibrahim s’exécute alors, à l’aube naissante. Il dit à Ismaïl : «Mon enfant, je t’ai vu en rêve, offert par moi en sacrifice à Dieu. Réfléchis à la question et fais-moi part de ce que tu en penses». Sans l’ombre d’une hésitation, Ismaïl répond : «Oh, mon père, fais ce que l’on t’ordonne, tu me trouveras, s’il plaît à Dieu, parmi ceux qui supportent l’épreuve».

Lorsqu’ils se furent tous deux abandonnés à la volonté divine, et que Saïdouna Ibrahim eut couché son fils, le front sur terre, pour l’immoler, Dieu l’interpella : «O, Ibrahim ! tu as ajouté foi à la vision. C’est ainsi que Nous rétribuons les êtres doués d’excellence».

A ce moment précis, un bélier venant du Paradis, et conduit sur terre par l’Ange Jibril (Gabriel) pour le sacrifice, se substitue au fils de Saïdouna Ibrahim.

Par ce transfert, Dieu lui rachète toute sa postérité prophétique et autre, afin de mieux le préserver et le bénir.

L’épisode du Sacrifice de Saïdouna Ibrahim illustre le thème coranique de l’épreuve (bala), qui agit comme une véritable pédagogie à l’adresse des croyants, et à fortiori des Prophètes : leur élection et leur investiture ont pour passage obligatoire la purification. Saïdouna Ibrahim a été choisi comme «Khalil Allah» (ami intime de Dieu) parce qu’il a subi avec succès maintes épreuves. L’une des plus intenses fut sans doute ce rêve au cours duquel le Patriarche se vit en train d’immoler son fils.

Les commentateurs et autres traducteurs des textes religieux insistent sur la dimension onirique de la scène. En réalité, concluent-ils, la vision qu’a reçue Saïdouna Ibrahim ne lui intimait pas d’immoler matériellement son fils, mais de le consacrer à Dieu ; «Voici certes l’épreuve évidente», épreuve suprême de soumission à Dieu que de se croire contraint d’égorger un être cher. Selon certains soufis, l’épreuve consistait à donner son vrai sens à la vision. Ils fonts remarquer que l’enfant est le symbole de l’âme. C’est donc son «moi» que Dieu demande à Saïdouna Ibrahim d’immoler, pour mettre à l’épreuve cette âme prophétique élevée, certes, mais encore capable d’amour pour un autre que Dieu. Or, afin d’être pleinement investi de l’intimité divine, le Prophète doit vider son cœur de tout attachement aux créatures.

D’ailleurs, l’épisode du Sacrifice suit immédiatement un passage où l’on voit Saïdouna Ibrahim détruire les idoles adorées par son peuple. Ainsi donc, après la soumission (istislam), vient la paix (Assalam), à travers l’animal (le mouton), créature pure, parce qu’elle connaît par intuition directe son Créateur à l’instar des règnes animal et végétal.

Toujours est-il que la commémoration du Sacrifice de Saïdouna Ibrahim, actualisée chaque année par le Sacrifice du mouton est devenue la grande fête (Aïd El Kébir ) des musulmans, célébrée le 10 Dou Al Hijja, mois de pèlerinage (Al Hajj). Ceux qui accomplissent Al Haj savent bien que c’est une épreuve.

Le pèlerinage est considéré comme l’offrande sacrificielle dont le parcours rituel permet à la Communauté musulmane de se régénérer et de restituer sur les Lieux Saints de l’Islam, l’acte du Sacrifice de Saïdouna Ibrahim. Si cette action garde aujourd’hui toute sa pertinence, et si le partage et le don de viandes aux personnes démunies et indigentes, exceptionnellement remplacée, au choix, depuis quelques années par des dons pécuniaires, perpétue l’hospitalité sacrée dictée par les textes religieux, il importe de ne pas perdre de vue le sens premier du sacrifice : la purification intérieure de l’âme.

Voyageurs :
prenez vos billets à l’avance !


Des pics exceptionnels sont attendus dès la fin de la semaine et tout au long de la semaine de l’Aïd Al Adha. Les moyens de transport collectif (trains, autocars, taxis) en partance des différentes villes du Royaume sont pris d’assaut pendant les jours qui précèdent l’Aïd mais aussi après la fête, pour le retour.

Pour éviter que les voyageurs ne vivent un véritable calvaire pour aller passer l’Aïd en famille, le ministère du transport et l’office national des chemins de fer prennent généralement des mesures exceptionnelles pour éviter l’encombrement dans les transports, mais il est vivement recommandé aux voyageurs d’acquérir leurs billets, bien à l’avance, auprès des gares routières ou ferroviaires.

Parmi les mesures prises en pareille circonstance, il y a celui de la mise en circulation de trains supplémentaires. Il faudrait donc se renseigner auprès des gares ONCF ou à travers le centre d’appels «Kétary» fonctionnant sans interruption au n° de téléphone 0890203040.

Concernant les autocars, le ministère de tutelle mobilise une capacité supplémentaire de départs et met en place dans les gares routières une commission spéciale pour assurer le suivi de l’opération du transport et contrôler les prix pour éviter que les billets ne soient vendus au marché noir. Chose très fréquente..

PH : DR


Le Journal De Tanger



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