News Synthèse du Discours du Roi ..
(Catégorie Région & La ville)
Posté par Administrateur
الاثنين 28 أغسطس 2017 - 13:19:52

Le 28-08-2017 à 13:19:52
Jusqu’à la veille du 20 août, date commémorative de la Révolution du Roi et du Peuple, les discussions de bon nombre de Marocains, dans les cafés, dans les salons feutrés, ou encore sur les réseaux sociaux, s’articulaient depuis le discours prononcé par le Roi Mohammed VI, le 29 juillet dernier à l’occasion de la fête du Trône, autour de suites supposées comme une grâce royale globale des détenus d’Al Hoceima ou des sanctions exemplaires contre les responsables fautifs de l’Administration et du champ politique.
Certes, après le discours du Trône qui était d’une rare virulence, aux critiques particulièrement acerbes contre les dirigeants politiques et les hauts fonctionnaires, ou du moins une partie d’entre eux, chacun est en droit d’attendre des actions, des mesures disciplinaires, sinon imminentes, du moins pas immédiates car, rien n’indique qu’il n’y aura pas grâce ni sanctions. Question de temps !
En fait, la politique d’un Etat ne se tisse pas autour d’un café et encore moins sur les réseaux sociaux car, si l’opinion publique fonctionne au sentiment, à l’affect et à l’émotion, le chef d’Etat réagit sur des faits concrets.
Et, si le Souverain a orienté son discours du 20 août sur l’Afrique, voilà pourquoi ! .

D’abord, c’est pour réorienter l’opinion publique marocaine trompée par une remarque intempestive qui remonte au mois de février dernier, lorsque Abdelilah Benkirane, alors chef de gouvernement en sursis, s’était approximativement demandé, populiste fidèle à lui-même : « Pourquoi le Maroc engloutit de l’argent en Afrique, au détriment des Marocains ? ».

Dans son rétablissement de la vérité, Mohammed VI a lancé un boulet dont les éclairs ont éclaboussé Benkirane et tous ceux qui pensent comme lui : « Ce n’est qu’un mythe avancé par ceux qui sont guidés par d’autres intérêts car le Maroc construit des partenariats fructueux, axés sur le partage de son savoir-faire, sur des investissements et des programmes rigoureusement définis, associant les secteurs public et privé dans les pays concernés, dans une approche économique et humaine et non financière ! ».

Une façon pour le Souverain de rassurer que l’orientation du Maroc vers l’Afrique ne se fera pas au détriment des priorités nationales.

Le Roi est ainsi revenu sur une année d’efforts, une façon de dire que durant les neuf mois de blocage gouvernemental à Rabat et de tumulte à Al Hoceima, lui, il faisait son travail : 14 visites continentales en cinq mois, adhésion à l’Union africaine, rapport du Secrétaire général de l’ONU sur le Sahara (après Guergarate) puis résolution 2351, accord officiel pour l’adhésion du Maroc à la Cédéao, grands projets afro-africains, notamment en matière de phosphates ou encore le mégaprojet du pipeline reliant le Maroc au Nigeria, qui scellent l’émergence du royaume comme un acteur central au sein de l’UA.

Ceci ne peut être dissocié de notre cause nationale concernant le Sahara Marocain, puisque la proposition d’autonomie du Maroc bénéficie d’un appui considérable, illustré par le nombre croissant de pays ayant retiré leur reconnaissance de l’entité fantomatique de la RASD. D’autre part, la crise de Guerguerate et la gestion proactive de ce dossier ont permis de faire échec aux tentatives destinées à altérer la situation qui prévaut dans notre Sahara, et de démystifier la chimère entretenue par les ennemis du Maroc autour de supposés « territoires libérés ».

La réintégration de l’UA permet donc au Maroc d’avancer ses pions de l’intérieur en ce qui concerne la question du Sahara, sachant que la situation politique et économique de l’Algérie joue désormais en sa faveur étant donné qu’Alger ne dispose plus des moyens financiers pour faire aboutir sa diplomatie anti-marocaine au sein de l’Union africaine où le Maroc n’a jamais autant joui d’une image aussi favorable, ce qui permet de noter un bilan très positif.

En outre, au-delà du véritable projet géoéconomique, il y a lieu de noter la solidification des liens culturels et religieux avec l’Afrique de l’Ouest.
Le Roi s’est attardé aussi sur le volet historique soulignant que la politique du royaume du Maroc en Afrique n’est pas le fruit d’une décision fortuite et n’a pas été non plus dictée par des calculs conjoncturels ou des supputations éphémères, mais serait le gage de sa fidélité à l’histoire commune qui lie le royaume à l’Afrique et l’expression d’une foi sincère dans la communauté du destin qui les rassemble.

« L'Afrique qui est au cœur d'une intense bataille économique entre tous les continents représente l'avenir qui commence aujourd'hui », estime le Roi Mohammed VI, soulignant : « Quiconque délaisse l'Afrique ou la sous-estime par un désintérêt manifeste pour ses causes, ou encore mène une politique de subornation pour s'assurer des positions favorables, ne doit en vouloir à personne d'autre qu'à lui-même». Autre boulet pour Benkirane.

D’un autre côté, on peut toujours s’interroger pourquoi le Roi n’est-il pas revenu sur les questions de politique intérieure et institutionnelle, évoquées dans le discours du Trône, notamment la crise du Rif.

La situation dans le nord du pays est certes vive, mais pas explosive, auquel cas elle aurait déjà explosé. Cela n’a pas été le cas, car les traitements requis ont été mis en œuvre.

Le traitement sécuritaire, décrié par tant de personnes, était nécessaire car dans un pays, l’ordre public doit être maintenu, sans conditions. Et cela a été fait au prix de 400 blessés parmi les forces de l’ordre, et un mort dans la population, dont on ne connaît pas encore les conditions exactes du décès, quoique des allumeurs de mèches tiennent à tout prix à imputer la responsabilité de ce drame aux forces de l’ordre.

Le traitement socioéconomique a été initié, certes tardivement, peut-être même très tardivement, mais cela est aujourd’hui en pleine réalisation, sauf à vouloir être nihiliste. Le problème est donc dans le passé, mais il faut s’attacher à envisager l’avenir en profitant de l’accalmie, en cela qu’il faudra agir avant que les gens ne (re)descendent dans la rue.

Outre le fait que cela doive passer par des révocations au pire, des blâmes au mieux, ce qui ne saurait tarder, le gouvernement qui, comme nous l’avons démontré dans notre précédente édition, est face à ses responsabilités et doit cesser ses réunions pour passer à l’action sur le terrain.

Etait donc pas nécessaire que le Roi revienne dans son dernier discours sur le cas d’Al Hoceima, puisque ce qui a été dit est dit. Maintenant aux faits… !
L’autre question à poser est celle de savoir pourquoi le Roi n’a pas gracié les prévenus d’Al Hoceima encore en détention, ainsi qu’il l’avait fait le 29 juillet pour certains d’entre eux. La réponse est juridique, judiciaire, politique et sécuritaire.

Pour répondre à cette question, il faudrait sans doute attendre que toute la lumière soit faite sur les véritables origines et sur les dessous de la crise d'Al Hoceima. Des manifestations à caractère économique et social, certes. Mais est-ce que cela s’arrête vraiment là ?
Une fois qu’on le saura, il sera ensuite toujours temps d’évoquer la grâce royale en fonction de l’implication de chacun.

Ce sera sans doute du cas par cas ! .
Synthèse du Dr Abdelhak BAKHAT
PH : DR


Le Journal De Tanger



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