News les grands travaux d’Hercule, dernières retouches
(Catégorie Economie)
Posté par Administrateur
الجمعة 21 يوليو 2017 - 12:26:09

Le 21-07-2017 à 12:26:09
Tanger été 2017, les grands travaux s’achèvent enfin.
Le nouveau port de pêche, désolant parti pris d’une architecture moderno-archaïque, toits à une pente comme les mauvais architectes en mal de modernité et fascinés par le lamentable Le Corbusier en construisaient dans les zones industrielles prétentieuses des années 70. Port de pêche dont la surface construite est deux fois plus importante que le plan d’eau-quelques bateaux, beaucoup de bureaux! Naturellement les usagers n’ont pas été consultés… les consulter !...
vous plaisantez ce ne sont que des pécheurs ! Quel dommage car ce port aurait pu être réussi en s’inspirant simplement de ce qui a fait la renommée du Maroc de par le monde. La modernité, la subtilité de son architecture vernaculaire dont le nombre d’or a été pendant des siècles le dénominateur commun et la pierre angulaire des bâtisseurs marocains. La nouvelle Mosquée à droite du port de pêche est la parfaite illustration de ce talent lorsqu’il est inspiré par la marocanité et l’originalité intrinsèque qu’elle génère. Voilà pourquoi la nouvelle tour de guet tristouille, furieusement tendance et sans âme parait bien dérisoire, malgré son volume imposant, à côté de l’élégant minaret de la Mosquée. N’aurait-il pas été plus efficace de s’inspirer d’une sorte de phare-fanal, monumental vigie de l’Afrique dans le Détroit, heureux contraste face à toute la dégradation de la côte Ibérique. La banalité, le mauvais gout ont-il définitivement pris le pouvoir grâce à cette mondialisation d’une effrayante médiocrité dont les grands- prêtres sont Internet et Fesse-bouc le bien nommé. Le Royaume du Maroc, premier royaume du monde Islamique doit-il accepter de se précipiter dans cette impasse qui conduit le monde à sa perte.

Ce nouveau port de pêche aurait pu être un atout touristique supplémentaire et formidable pour la ville. Une vitrine de l’originalité Arabo-berbère du « Royaume le plus beau du monde » comme le disent encore les publicitaires. Au lieu de cela un triste copié-collé des ports les plus bas de gammes des côtes européennes, lamentable ratage aussi navrant que cette marina incongrue qui occupe maintenant un large dixième de la grande plage (toujours aussi polluée !...merci Amendis Veolia Environnement) de l’une des plus belles baie du monde. Marina style parking à bateaux – marina battue par les vents- marina sans arbres, sans charme, sans esprit. Marina située au cœur du Détroit de Djebel Tarik dont les eaux sont parmi les plus difficiles à naviguer dans le monde marin. Eaux de l’Océan Atlantique et de la Méditerranée, pleines de courants, de contres courants et de tourbillons provoqués par un débit de 99 milles mètres cubes d’eaux à la seconde et l’ont espère attirer les yachtmen des deux mers dans un tel contexte. Avec en prime pour le plaisancier en vadrouille un service portuaire dont l’animation inévitable : police des Frontières, Douanes, Affaires maritimes, auront tous beaucoup de difficulté à créer l’ambiance festive, conviviale et libre que les yachtmen ont l’habitude de trouver dans les ports d’Occident. Une fois amarré dans cette zone de pontons flottant aux milieux de tous les mails en verre miroir et aluminium à bâbord, les hôtels 6(ou 7 étoiles pourquoi pas) … à tribord (tous ces bâtiments étant encore à l’état de maquettes. La construction prévue pour X années avec toutes les nuisances, bruits, poussières, pollution de l’air par les engins de chantier et les camions etc …). Et pendant ce temps la le yachtman pour se remettre de la visite des services portuaires déjà évoqué aura le choix, une promenade le long de la baie en direction du fabuleux Movenpick et de son casino Israélo-Russe à l’autre bout de cette zone hallucinante concocté par un bureau d’étude ?... un architecte ?... un designer ?... un urbaniste ?... où le planton du chaouch des services de la fourrière municipale ?... on se demande ? En effet comment peut-on réussir à réunir dans un si bel espace une collection d’aberrations aussi importante- ces mini lampadaires innombrables avec leur projecteurs plantés là comme les tuteurs d’un champ dévasté , sorte d’espace surréaliste , austère, presque minimaliste, ponctué de poubelles soigneusement positionnées dans l’axe de la vue sur mer, ce dallage en ciment coquille d’œuf- ces blocs d’accès aux parking, styles ascenseurs de puits de mine avec leurs enveloppes-cage de verre tintées verdâtre dont l’entretien problématique est garanti par le mélange poussières, air marin, pluies, vents et condensation des brumes de bord de mer qu’elles devront affronter.

Les rampes d’accès aux parkings, en épingle à cheveux, extrêmement courtes seront sûrement la cause de freinages et de tamponnages quasiment inévitable dans le flot impatient des automobilistes en goguettes. Pauvre baie de Tanger déjà défigurée par une collection d’immeubles indigne du génie millénaire marocain et de la notoriété planétaire de la perle du Détroit.

Un bétonnage sans âme et sans état d’âme d’un site qui a enchanté pendant des siècles tout les visiteurs du monde, artistes, écrivains , têtes couronnées, illustres personnalités, aristocrates, milliardaires, voyageurs et curieux. Triste constat de l’aberration de la dictature de la modernité mal comprise ainsi que de la lèpre ravageuse du mauvais gout triomphant et stérilisateur qui envahit inexorablement tout les plus beaux sites de notre minuscule et si fragile planète. En 1991 Tahar Benjelloun avait signé dans le journal français le Monde un important article d’une page entière qui s’intitulait « Tanger : le grand réveil » 25 ans plus tard que dire du mauvais rêve qui s’étale sous nos yeux.

Par :Docteur Mohamed Al Tizniti


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