News Le Roi remet les pendules à l’heure :«Il ne s’agit pas de se partager un butin électoral ! »
(Catégorie Activités Royales)
Posté par Administrateur
الاثنين 14 نوفمبر 2016 - 11:51:18

Le 14-11-2016 à 10:35:01
Extrtait du Discours prononcé par SM le Roi Mohammed VI le 6 novembre courant, depuis la capital sénégalaise, Dakar, à l’occasion de la commémoration du 41ème anniversaire de la glorieuse Marche Verte.
Cet extrait est consacré par le Souverain à la constitution du nouveau gouvernement :

« Le Maroc a besoin d’un gouvernement sérieux et responsable. Toutefois, la formation du prochain gouvernement ne doit pas être une affaire arithmétique, où il s’agit de satisfaire les desideratas de partis politiques et de constituer une majorité numérique, comme s’il était question de partager un butin électoral »..

Le discours de SM le Roi se résume en quatre points essentiels : la politique africaine, le retour du Maroc à l’Union africaine, la question du Sahara Marocain et la constitution du nouveau gouvernement.

Si nous avons retenu ce dernier point, c’est parce qu’il représente une importance capitale pour notre pays durant les cinq prochaines années que devrait durer le gouvernement III de Abdelilah Benkirane dont le parti PJD est sorti majoritaire des dernières élections législatives du 7 octobre dernier, ce qui justifie sa désignation par le Roi pour former le futur gouvernement.

Or, on a l’impression que Benkirane patine en traçant une politique visant principalement à isoler dans l’opposition le parti Authenticité et Modernité d’Ilyas Al Omari. Dans la foulée , il adopte sa tactique usuelle de vouloir contenter la quasi-totalité des autres partis siégeant au parlement, en leur offrant des portefeuilles ministériels dans une sorte de démarche que le Souverain a qualifiée dans son dernier discours d’«affaire arithmétique, où il s’agit de satisfaire les desideratas de partis politiques et de constituer une majorité numérique, comme s’il était question de partager un butin électoral ».

Cela s’est d’ailleurs déjà vu lors de la constitution du gouvernement sortant qui compte une trentaine de ministres, avec, dans certains cas 3 ministres par département, alors que, par exemple, un pays comme la Chine qui compte un milliard et demi d’habitants, en possède beaucoup moins.

«Le gouvernement, c’est plutôt un programme clair et des priorités définies concernant les questions internes et externes, avec l’Afrique au premier chef. Un gouvernement apte à aplanir les difficultés héritées des années passées, concernant le respect des engagements du Maroc vis-à-vis de ses partenaires », indique le Roi, ajoutant que « Le gouvernement est une structuration efficace et harmonieuse qui s’adapte au Programme et aux priorités. C’est un ensemble de compétences qualifiées, avec des attributions départementales bien définies ».


Afin que le prochain gouvernement se fasse conformément à ces critères et suivant une méthodologie rigoureuse, le Souverain s’engage à y veiller en personne, affirmant : « Je ne tolérerai aucune tentative de s’en écarter ».

Prenons l’exemple de l’Union socialiste des forces populaires (USFP, gauche), ennemie déclarée du PJD, dont le leader, Driss Lachgar s’est dit, contre toute attente, disposé à participer au gouvernement Benkirane III. « Nous avons décidé de mener des consultations avec le chef de gouvernement désigné», a-t-il déclaré. Le même Lachgar qui, à la veille des élections du 7 octobre dernier, avait prévenu « d’un scénario à la syrienne » si jamais le parti islamiste devait arriver en tête, rappelle notre confrère Jeune Afrique.
Pourtant, au terme du scrutin législatif, l’USFP a perdu la moitié de ses sièges au parlement (20 contre 42 en 2011), une des plus importantes défaites de son histoire ; mais, Lachgar, toujours aussi audacieux, ne s’est pas empêché de répondre à l’invitation de ses adversaires idéologiques ; mieux, il a des vues sur la présidence du parlement.

Avec ce virage, l’USFP voudrait rejoindre ses anciens partenaires de la Koutla (une coalition formée par les socialistes de l’USFP, les nationalistes de l’Istiqlal et les anciens communistes du PPS, mais qui n’a jamais vraiment fonctionné), qui sont d’accord pour pactiser avec les islamistes afin de faire contrepoids aux penchants conservateurs de ces derniers.

Le 17 octobre déjà, à l’issue d’une réunion avec Hamid Chabat de l’Istiqlal, Driss Lachgar avait fait savoir que son parti ferait tout pour « l’intérêt de la nation » et pour éviter tout retard dans la formation du nouveau gouvernement, au-delà de tout conflit politique.

Dans les rangs de la gauche, le virage à 180 degrés du patron socialiste a eu l’effet d’une douche froide, ce qui n’a nullement offusqué Driss Lachgar qui n’a qu’une obsession : récupérer ce qu’il a perdu dans les élections en décrochant un maximum de portefeuilles ministériels dans le futur gouvernement. Il compte sans doute sur cela pour faire oublier la débâcle de son parti et, du même coup, apporter un peu d’eau à la rose fanée de l’USFP.

Toujours dans l’idée de ranimer la Koutla révolue, l’Istiqlal de Hamid Chabat et le PPS (parti progrès et socialisme) de Nabil Benabdellah ont décidé de participer au prochain gouvernement.

En réponse aux critiques émises au sujet de sa rencontre avec Hamid Chabat, malgré les différends ayant existé entre les deux hommes, Abdelilah Benkirane a affirmé qu’ « il existait des problèmes avec le secrétaire général de l’Istiqlal qui ont été oubliés en raison de ses récentes prises de position ».

Pour ce qui est du PPS, il faut rappeler qu'avant même l'annonce des résultats des élections législatives du 7 octobre, une nouvelle alliance entre le parti dirigé par Nabil Benabdellah et le Parti de la justice et du développement (PJD) de Benkirane, semblait scellée, tant les secrétaires généraux respectifs des deux partis entretiennent apparemment d’excellentes relations politico-amicales. Et ce ne sont visiblement pas les mauvais résultats du PPS (12 sièges obtenus, soit moins que le nombre requis pour former un groupe parlementaire) qui allaient changer la donne.

Là où ça ne marche pas encore comme le voudrait Benkirane, c’est du côté du Mouvement Populaire de Mohand Laenser qui ne cache pas son inquiétude quant au rapprochement entre le parti majoritaire (PJD) et les partis de la Koutla démocratique (Istiqlal, USFP et PPS) .

C’est aussi le cas pour le Rassemblement national des indépendants de Aziz Akhanouch qui veut bien faire partie de la nouvelle équipe gouvernementale, mais à une condition sine qua non : écarter le parti de l’Istiqlal de Habit Chabat, une condition compliquée qui obligera Abdelilah Benkirane à revoir de fond en comble la composition de la future coalition gouvernementale. Cette position du RNI a mis le Chef du gouvernement dans une situation très embarrassante, notamment vis-à-vis de l’Istiqlal et du PPS. Ne pouvant pas compter sur le soutien franc de l’USFP pour construire sa majorité en compagnie du Parti de l’Istiqlal et du Parti du progrès et du socialisme (PPS), Abdelilah Benkirane est obligé de négocier avec le RNI qui joue à fond la carte du nombre. En effet, en scellant une alliance avec le parti du l’Union constitutionnelle (UC), ce parti dispose désormais d’un groupe parlementaire de 56 députés. Et pour mettre encore plus de pression sur le Chef du gouvernement, le parti de Aziz Akhannouch peut compter sur le soutien du MP et de son SG, Mohand Laenser.

Maintenant, avec l’entrée en scène de SM le Roi qui voit d’un œil critique toutes ces gesticulations, la formation du nouveau gouvernement est partie pour durer et risque de prendre encore quelques semaines, et en tous les cas elle ne se fera sûrement pas avant la clôture des travaux de la COP 22 qui se déroulent depuis lundi à Marrakech.

Le seul parti qui paraît isolé pour le moment est le Parti authenticité et modernité (PAM) d’Ilyas Al Omari , obligé d’attendre que chacun se soit positionné vis-à-vis du PJD pour former son opposition. Mais il a déjà commencé son travail de parti opposant en annonçant son intention d’adresser un mémorandum au Roi demandant un amendement de la Constitution dans le but de mieux encadrer l’exercice du pouvoir et de faire barrage à l’instrumentalisation de la religion dans les campagnes électorales. Le PJD n’a qu’à bien se tenir.
Bon vent, M. Benkirane..

Par : M. ABOUABDILLAH

Le Journal De Tanger



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