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Très bonne et joyeuse fête de l’Aïd al Adha

Très bonne et joyeuse fête de l’Aïd al Adha

Le 19-09-2015 à 12:39:44

A l’instar du monde musulman, les Marocains commémorent, jeudi 10 Dou Al Hijja 1436 de l’Hégire (24 septembre 2015), la fête de l’Aïd Al Adha (Fête du Sacrifice). Bien qu’elle ne soit pas obligatoire dans la Chariâ (Loi musulmane), cette «Sounna Mouakkada» (Recommandation appuyée), qui constitue une grande connotation religieuse, est intégrée à part entière dans nos traditions.

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Si cette fête représente une précieuse occasion pour créer la joie au foyer, symbolisée notamment par le bonheur lu dans les yeux des enfants autour de leur mouton, elle se traduit également par de grands sacrifices pour l’immense majorité de nos familles qui, d’ordinaire, arrivent à peine à joindre les deux bouts.

En effet, intervenant quelques semaines seulement après les grandes vacances, le mois sacré de Ramadan et la fête de l’Aïd Al Fitr, mais surtout au lendemain de la rentrée scolaire, toutes ces occasions où la bourse est mise à rude épreuve, l’Aïd Al Adha se présente pour beaucoup de familles comme une source de dépenses particulièrement élevées auxquelles elles ne peuvent faire face sans s’endetter. Ainsi, bon nombre de gens s’adresseront à un parent, à un ami, à leur employeur ou à une maison de crédit pour obtenir un prêt.


D’autres, moins chanceux ou encore moins solvables, se verront contraints de vendre des objets personnels pour amasser la somme d’argent nécessaire, non seulement pour l’achat du mouton qui apportera la gaieté au foyer, mais également pour faire face aux dépenses parallèles, notamment l’acquisition de nouveaux habits pour les enfants, à l’occasion de la fête, ou encore l’achat de dérivés comme les épices, le charbon, les fruits et légumes en quantité, en prévision de la fermeture des marchés et différents commerces durant plusieurs jours après la fête.

Ce lourd tribut nécessitera pour beaucoup une longue période de remboursement, parfois étalée sur toute l’année. Surtout quand on sait que les prêteurs d’argent qui se convertissent en véritables usuriers aiguisent leurs couteaux en prévision de la fête pour appliquer des intérêts dépassant toute norme. Et dire qu’ils font dans le social.

Le prix du Mouton
Selon le ministère de l’Agriculture, le cheptel ovin et caprin destiné à l’abattage cette année à l’occasion de l’Aïd Al Adha est estimé à 8,8 millions de têtes, dont 8 millions d’ovins mâles et 3,1 millions d’agnelles. En tout, 8.5 milliards de dirhams sont dépensés par les Marocains durant cette fête. La demande est estimée à 5,3 millions de têtes, dont 4,8 millions d'ovins mâles et 580 mille caprins.

L’état sanitaire des animaux est également bon dans l’ensemble des régions du royaume, assure-t-on.

A Tanger, le marché du mouton a été transféré loin du centre ville depuis quelques années, d’abord au quartier de Sidi Driss et, depuis trois ans, plus loin encore dans la zone Harrarine, sur la route menant à Sidi Driss et Aouama.

Un arrêté de la mairie contresigné par l’autorité locale, interdit toute vente ailleurs qu’en ce lieu et exclue notamment le commerce habituel de troupeaux dans des garages de différents quartiers de la ville. On impute cette interdiction formelle aux montagnes de saletés accumulées et les mauvaises odeurs dégagées par la présence de moutons en ville, et surtout par les détritus qui sont jetés dans les canalisations d’égouts qui s’en trouvent ainsi bouchées. Cependant, cela n’a pas empêché certains vendeurs de passer outre cette interdiction et de continuer à louer des garages dans certains quartiers pour écouler leurs troupeaux avec l’avantageuse possibilité de conserver le mouton acheté et payé jusqu’à la veille de l’aïd. Ceci s’explique par le fait que la plupart des ménages sont logés à l’étroit dans des appartements ou dans des maisons individuelles sans dépendances.

Le marché a connu une activité relative jusqu’au jour de paie des fonctionnaires et des salariés qui a permis aux ventes de prendre leur vitesse de croisière. Comme à leur habitude, les marchands ont soufflé tantôt le chaud, tantôt le froid à force de fluctuations faisant varier les prix entre 2000 et 3500 dirhams, mais on a aussi vu quelques rares moutons emportés à 6000 DH ce qui est interprété comme la folie d’un jour ! Il faut noter cependant qu’aucune norme n’est respectée dans les souks populaires par le fait de la spéculation incontrôlée qui ne profite malheureusement pas directement à l’éleveur, mais à ces nombreux intermédiaires-revendeurs qui convoitent d’importantes marges bénéficiaires.

Ceci poussait certains acheteurs, à moins d’une semaine de la fête, de se rendre régulièrement au souk du mouton, non pas pour acheter, mais plutôt pour en faire l’état des lieux, espérant une accalmie et une baisse des prix les poussant à reculer l’échéance de leur acquisition. C’est un calcul risqué qui peut s’avérer positif... mais parfois négatif car il peut arriver que les prix flambent à l’approche du jour J, notamment si les marchands venus d’ailleurs évacuent le souk tangérois avant terme, pour rentrer chez eux. Cela s’est déjà vu !

Au niveau national, le prix du kilogramme vif tournait autour de 60 dirhams le kg, si l’on prend comme indicateurs les ventes opérées au kg dans les grandes surfaces comme Marjane, Assouak Essalam et autres.

Autre nouveauté, cette année : l'achat du mouton sur lnternet. Certains ont trouvé cette méthode efficace et plus avantageuse que le fait de parcourir les souks traditionnels.

En somme, toutes ces démarches, tous ces calculs et toute cette frénésie qui précédent le jour J convergent vers un seul objectif final, celui de l’acte du sacrifice. qui aura lieu dans la matinée de mercredi après Sala al Aïd.

Après, il ne restera plus que la viande dans le frigo, avec une partie dédiée aux pauvres comme le dicte la religion musulmane.

Mohamed ABOUABDILLAH




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