Dernières nouvelles :

Image

Discours du Trône

Discours du Trône

Le 03-08-2015 à 12:20:19
* Désenclaver les régions éloignées ;
* Parfaire les services consulaires ;
* S’ouvrir sur les langues et les cultures ;
* Contrecarrer les manœuvres des adversaires
* Tolérance et modération

A l’occasion des festivités commémorant le 16e anniversaire de l’accession de SM le Roi Mohammed VI au Trône de Ses glorieux ancêtres, le Souverain a adressé, jeudi, un discours à la Nation qui trace de nouvelles voies pour le développement du Royaume.
«Nous avons fait de cette commémoration une occasion annuelle pour marquer une pause et nous interroger sur les réalisations que le Maroc a accomplies et sur les défis qu’il affronte», dira en introduction, SM le Roi.
***
«Ce qui vous atteint m’affecte aussi,ce qui vous apporte bonheur me réjouit» Comme dans chaque discours, c’est aux citoyens, vus comme l’élément central du développement du pays, que vont les premières pensées du Souverain. Et comme à chaque à fois, ce sont les catégories démunies et vulnérables qui jouissent d’une attention particulière de sa part : «Tout ce qui a été réalisé, nonobstant son importance, restera insuffisant pour notre pays tant qu’une frange de la société continue à souffrir des conditions pénibles de la vie, et tant qu’elle éprouve le sentiment d’être marginalisée, malgré tous les efforts déjà consentis». Et pour que tous les citoyens puissent profiter des richesses de la nation, SM le Roi Mohammed VI réaffirme son engagement personnel : « Je continuerai à travailler jusqu’au dernier souffle pour arriver à ce dessein. Car notre ambition pour rendre heureux notre peuple est sans limites. Tout ce que vous vivez m’intéresse : ce qui vous atteint m’affecte aussi, ce qui vous apporte bonheur me réjouit également. Ce qui vous tracasse figure toujours en tête de mes préoccupations».

20 mille projets pour désenclaver les régions éloignées
Le Souverain est particulièrement préoccupé par «cette situation de précarité que vivent certains de nos concitoyens dans les régions éloignées et enclavées, surtout sur les sommets de l’Atlas et du Rif, les zones sahariennes arides et les oasis, ainsi que certains villages dans les plaines et sur les côtes». Il mesure avec exactitude l’ampleur du déficit accumulé dans ces régions et leurs vrais besoins, sur la base d’une étude globale, de terrain, dont il a chargé le ministre de l’Intérieur. «Cette étude a porté sur toutes les régions du Royaume. Elle a permis d’identifier plus de 29.000 douars, dans 1.272 communes, souffrant d’un tel déficit. Les régions et les domaines concernés ont été répertoriés par ordre de priorité. De même qu’ont été examinés environ 20.800 projets, dédiés à plus de 12 millions de citoyens, vivant dans plus de 24.000 douars, avec un budget global de 50 milliards de dirhams environ». Il s’agit là d’un nouveau grand chantier pour lequel le Souverain a invité le gouvernement à établir «un plan d’action intégré, fondé sur le partenariat entre les différents départements ministériels et les institutions concernées, en vue de trouver les moyens de financement des projets et de définir un échéancier précis pour leur mise en œuvre». Il a également engagé le gouvernement à accorder plus d’importance aux politiques sociales.

Les orientations royales données au sujet de ce grand nombre de projets à venir concernent la possibilité d’intégrer ces projets à l’Initiative Nationale pour le Développement Humain dans sa nouvelle approche et leur insertion dans les futurs programmes des Conseils régionaux et locaux. Lesquels disposent désormais de ressources importantes et de larges compétences dans le cadre de la régionalisation que le Roi Mohammed VI dit appeler de ses vœux. «La Région doit constituer un pôle de développement intégré, dans le cadre d’un équilibre et d’une complémentarité entre ses zones, ses villes et ses villages, de telle sorte qu’elle contribue à endiguer le mouvement d’exode vers les villes», recommande le Souverain, en appelant aussi à la promotion des zones marginales et des quartiers anarchiques en périphérie urbaine.

Parfaire les services consulaires pour les Marocains du monde
Avec la même bienveillance, le Souverain a évoqué les préoccupations réelles et les aspirations légitimes des membres de la communauté marocaine à l’étranger et son mécontentement notamment du mauvais traitement qui lui est réservée par certains consulats : «Nous pensions qu’ils (ndlr, les Marocains du monde) affrontaient des difficultés uniquement à l’intérieur du Maroc. Or nombre d’entre eux se plaignent également d’une série de problèmes dans leurs relations avec les missions consulaires marocaines à l’étranger». Le Roi Mohammed VI a révélé que certains consuls, au lieu de remplir leur mission comme il se doit, se préoccupent plutôt de leurs affaires personnelles ou de politique. D’où ce rappel fait au ministre des Affaires Etrangères de la nécessité de s’employer avec toute la fermeté requise à mettre fin aux dysfonctionnements et autres problèmes que connaissent certains consulats. «Il faut, d’une part, relever de ses fonctions quiconque a été reconnu coupable de négligence, de dédain pour les intérêts des membres de la communauté, ou de mauvais traitement à leur égard. D’autre part, il faut veiller à choisir les consuls parmi ceux qui remplissent les conditions requises de compétence, de responsabilité et de dévouement au service de nos enfants à l’étranger», a précisé le Souverain. Il a en outre réaffirmé la nécessité de faire montre de la plus grande fermeté contre tous abus dont pourraient être victimes des immigrés à leur retour dans la patrie.

Sur un autre registre, le Roi Mohammed VI a appelé à la mise en œuvre des dispositions de la Constitution relatives à l’intégration des représentants des Marocains de l’étranger dans les institutions consultatives et les instances de gouvernance et de démocratie participative.

S’ouvrir sur les langues et les cultures
«La réforme de l’enseignement est à la base du développement (…). Cette réforme doit être menée dans le cadre d’un contrat national contraignant, et ce, à travers l’adoption d’une loi-cadre cernant la vision à long terme et mettant fin à l’interminable cercle vicieux de la réforme ». C’est ainsi que résume le Souverain l’esprit qui doit prévaloir pour doter le pays d’un système éducatif devant être tracé sous le signe de l’ouverture et de la promotion sociale, tout en étant le gage de protection de l’individu et de la collectivité contre les fléaux de l’ignorance et de la pauvreté, et les démons de l’extrémisme et de l’ostracisme.

Le Souverain explique que la réforme de l’enseignement doit se départir de tout égoïsme et de tous calculs politiques qui hypothèquent l’avenir des générations montantes, sous prétexte de protéger l’identité. Et d’ajouter : «Contrairement à ce que prétendent certains, l’ouverture sur les langues et les autres cultures, ne portera aucunement atteinte à l’identité nationale. Bien au contraire, elle contribuera à l’enrichir, d’autant plus que l’identité marocaine est, grâce à Dieu, séculaire et bien enracinée, et qu’elle se distingue par la diversité de ses composantes qui s’étendent de l’Europe jusqu’aux profondeurs de l’Afrique».

Autre recommandation royale : il ne doit plus y avoir de place pour ce «complexe qui fait penser que le baccalauréat est une question de vie ou de mort pour l’élève et sa famille, et que celui ou celle qui ne l’obtient pas n’a pas d’avenir». Par ailleurs, le Souverain a souligné que insisté sur la réhabilitation de la formation professionnelle dont l’importance doit être bien expliquée dans le pays.

Diplomatie : rester vigilant pour contrecarrer les manœuvres des adversaires
Grâce à l’engagement royal, les acquis du Maroc sur le plan diplomatique sont indéniables. Ils lui valent le respect de la communauté internationale. «Les développements advenus dans l’affaire du Sahara ont démontré la justesse de notre position au niveau onusien et la sincérité de nos orientations au niveau national. C’est ainsi, en effet, que sera lancée, par la grâce de Dieu, la mise en œuvre de la régionalisation avancée et du modèle de développement des provinces du Sud du Royaume», a déclaré le Souverain. Et d’ajouter : «Cela ne signifie pas que nous avons clos ce dossier. Au contraire, chacun doit rester vigilant et mobilisé pour contrecarrer les manœuvres des adversaires et s’opposer à toute déviation susceptible de se produire dans le processus de règlement onusien».

Par ailleurs, le Roi Mohammed VI a réaffirmé la démarche du Maroc qui reste marquée, sur le plan diplomatique, par l’ouverture sur le monde, en faisant de la coopération sud-sud efficiente une approche stratégique. Dans le même esprit, le Royaume maintient son engagement en faveur des causes justes, précise le Souverain. Ce dernier insiste sur l’importance «de trouver des solutions aux situations qui sévissent au Yémen, en Syrie, en Irak et en Libye, sur la base du dialogue, de l’implication de leurs peuples respectifs dans toutes leurs composantes et du respect de leur souveraineté et de leur intégrité territoriale», et «de permettre aux Palestiniens, direction et peuple, de recouvrer leurs droits légitimes et d’établir l’Etat palestinien indépendant sur les frontières de 1967, avec pour capitale Jérusalem-Est».

Fidèle à l’esprit d’ouverture qui est le sien, le Maroc veille, a déclaré le Roi Mohammed VI, à renforcer ses partenariats avec la France, l’Espagne et le reste de l’Europe. Avec cette région du monde, le Souverain plaide en faveur d’un partenariat équilibré et équitable transcendant les intérêts conjoncturels étriqués. «Nous sommes également soucieux de développer notre partenariat stratégique avec les Etats Unis, qui repose sur les valeurs et les principes auxquels croient nos deux peuples amis», avant de réitérer l’engagement du Maroc à approfondir et enrichir le partenariat qui le lie respectivement à la Russie et à la Chine, et à ouvrir de plus larges perspectives devant les relations de coopération avec les pays d’Amérique latine et les pays asiatiques», a-t-il annoncé .

Tolérance et modération
«Y-a-t-il une raison pour que nous renoncions à nos traditions et à nos valeurs civilisationnelles marquées du sceau de la tolérance et de la modération, et que nous embrassions des doctrines étrangères à notre éducation et à notre morale Evidemment non.

Donc, ne permets à personne venu d’ailleurs de te donner des leçons sur ta religion et n’accepte l’incitation de personne à suivre un rite ou une doctrine originaire de l’Est ou de l’Ouest, du Nord ou du Sud, et ce, indépendamment de mon respect pour toutes les religions célestes et les doctrines qui s’y rattachent.

Tu dois récuser tous les facteurs de division et avoir à cœur, comme à ton habitude, de préserver l’unité de ton rite et de tes symboles sacrés, et rester ferme sur tes principes et fier de ta religion et de ton appartenance à la patrie.»





Partager ceci :
Par : Administrateur
Total Views
Nombres commentaires :
Add comment