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El Othmani subit les conséquences de l’héritage Benkirane

El Othmani subit les conséquences de l’héritage Benkirane

02-06-2018 à 13:34:31

Le chef de gouvernement Saâdeddine El Othmani a dû faire face à une situation explosive héritée de son prédécesseur connu pour son pragmatisme et son flegme, tout en essayant de mettre en œuvre son propre programme gouvernemental. Mais même en ayant été écarté de la scène politique, Benkirane a trouvé le moyen de compliquer la tâche de son successeur, en s’en prenant à ses alliés de la majorité, au risque de faire éclater la coalition gouvernementale.

En effet, depuis que le tapis a été tiré sous les pieds d’Abdelilah Benkirane, d’abord en tant que chef de gouvernement, ensuite en qualité de secrétaire général du parti justice et développement (PJD), son successeur à ces deux postes, Saâdeddine El Othmani, tente, tant bien que mal, d’éviter les mines semées sur son chemin par son prédécesseur.

Mais, El Othmani qui est aussi la cible d’invectives de la part de ses «frères» du PJD, loin de se montrer affecté, fait face à la situation avec maitrise de soi et beaucoup de retenue.

Ce qui l’empêche, par contre, d’avancer, c’est le lourd héritage laissé par son prédécesseur, se matérialisant dans la hausse des prix du carburant, le dialogue social, les contestations populaires, la dissociation de la formation du recrutement, mais aussi la caisse de compensation, le tout constituant une bombe sociale qui menace d’éclater à tout moment.

En outre, à peine nommé, El Othmani s’est retrouvé à devoir gérer le dossier brûlant des manifestations du Rif. Des mécontentements sociaux ont également éclaté dans d’autres régions, comme Zagora et Jerada. Pour y répondre, El Othmani devait faire vite et surtout proposer des mesures concrètes pour limiter les dégâts. Cela n’a, toutefois, pas mis son gouvernement à l’abri d’un séisme politique qui a emporté plusieurs ministres qui officiaient également dans l’équipe Benkirane. Le gouvernement El Othmani en est sorti indemne, mais il est toujours hanté par le risque d’un nouveau séisme politique.

Autre dossier problématique légué par l’ancien gouvernement, la décompensation du carburant et la libéralisation des prix à la pompe. C’est une décision que Benkirane a prise sans trop se soucier de ses conséquences sociales, allant jusqu’à affirmer : «Ce qui m’intéresse, c’est que l’Etat soit fort. La réaction de la population aux hausses des prix n’a pas d’importance». Cette déclaration a suscité un tollé dans le milieu associatif et sur les réseaux sociaux. Une décision dont El Othmani est en train de payer les conséquences, contrairement à Benkirane qui «affrontait» les tensions sociales en se cloitrant chez lui, attendant que les problèmes se résolvent d’eux-mêmes.

Et même lorsque les syndicats ont réclamé la reprise du dialogue social, Benkirane a tout fait pour envenimer ses relations avec ces derniers. Il a fallu attendre l’avènement du gouvernement El Othmani pour que les deux parties, ainsi que la CGEM, reprennent à nouveau contact. Certes, il n’y a pas eu d’accord le 1er mai, mais le gouvernement garde la porte ouverte pour la reprise des pourparlers avec ses partenaires sociaux. En attendant, El Othmani a déjà réussi à rétablir la confiance entre le gouvernement et les syndicats. Ce qui n’est pas peu.

Cela étant, El Othmani doit également faire face aux conséquences d’autres décisions de Benkirane qui ont érodé le pouvoir d’achat des citoyens et particulièrement de la classe moyenne. On citera en ce sens la réforme du régime de retraite des fonctionnaires et l’opération de sauvetage de l’ONE (devenu plus tard ONEE) qui s’est traduite par une flambée des factures d’électricité et l’augmentation des prix des produits de grande consommation.

Pendant ce temps, la mise en œuvre de la Constitution, qui devait s’achever avant la fin du mandat du gouvernement Benkirane, est restée en rade. Les institutions constitutionnelles censées donner corps aux réformes engagées par le gouvernement précédent sont soit gelées soit non encore instituées. Cela a eu pour conséquence des perturbations d’ordre politique et économique aux effets néfastes sur des domaines vitaux et stratégiques..




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