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Des tambours de guerre au sein du PJD ..

Des tambours de guerre au sein du PJD ..

Le 08-11-2017 à 11:55:13

A mesure que la date du huitième congrès national du Parti de la Justice et du Développement (PJD) approche, l’éventualité que l'actuel secrétaire général, Abdelilah Benkirane, soit reconduit à la tête du parti de la Lampe pour un troisième mandat s’annonce plutôt difficile, voire improbable.
Alors que Benkirane s’accroche à ce troisième mandat après avoir épuisé les deux rounds règlementaires, sans compter une rallonge d’un an, les tambours de guerre battent entre les dirigeants du parti.

En effet, l’option de ce troisième mandat ne fait pas l’unanimité et provoque des tensions. On relève, effectivement, que des clans se démarquent à l’exemple de celui des ministres actuels du PJD qui annoncent ne pas cautionner la reconduction de Benkirane au secrétariat général du parti.
«Cette approche de la gestion du parti est totalement étrangère à notre culture», a affirmé Aziz Rebbah, membre du secrétariat général du PJD et actuel ministre de l’Énergie, des Mines et du Développement durable dans le gouvernement de Saâdeddine El Othmani, annonçant que les ministres du PJD et autres leaders qui s’opposent à un troisième mandat de Benkirane à la tête du parti de la Lampe ne siègeront pas au sein de la prochaine direction du parti si l’actuel secrétaire général était élu à l’issue du prochain congrès prévu les 9 et 10 décembre prochain. «Nous avons besoin d'une nouvelle direction et de nouvelles institutions», a martelé Rebbah, estimant que la question du troisième mandat n’était pas concevable dans la conjoncture actuelle.

La situation est telle que certains opposants à un troisième mandat de Benkirane vont jusqu’à présager un séisme dévastateur au sein du parti.

Ainsi, sans pour autant envisager de provoquer une scission au sein du parti, les opposants à un troisième mandat pour le « Zaïm » sortant semblent décidés à aller jusqu’au bout.
De son côté, Abdelilah Benkirane qui oppose une fin de non-recevoir aux injonctions de ses opposants, refuse de prendre publiquement position sur les tiraillements que connaît son parti, comme il refuse de renoncer à «son» troisième mandat puisque, dit-il, «telle est la volonté des frères».

Pour toute réponse au clan des ministres de son parti, il a affirmé qu'il avait compris, dès son entrée au gouvernement, ne pouvoir compter que sur lui-même et que, pendant son mandat, nombre de décisions importantes avaient été prises sans le consulter.
Côté Mustapha Ramid, figue de proue du parti de la Lampe et actuel ministre d’Etat en charge des Droits de l’Homme, les choses ne semblent pas meilleures, depuis que Benkirane, s’attribuant à lui seul la victoire du PJD aux législatives de 2011, l’a taxé de « passivité » et de « manque d’engagement ».

Cela s’est passé samedi 21 octobre dernier, lorsque Abdelilah Benkirane a présidé la rencontre nationale des élus communaux de sa formation politique, s’attaquant, entre autres à Mustapha Ramid en disant : «Celui qui avait mené la campagne électorale ayant précédé les élections de 2011, c’était bien moi. Soyons clairs, certains sont partis en pèlerinage à la Mecque ; d’autres se sont contentés du peu qu’ils pouvaient. D’autres encore ont même refusé de prendre part à ce scrutin». L’allusion à Ramid était claire.

Dans un long post Facebook, publié jeudi 26 octobre dernier, Ramid fait une sortie sans précédent, tant par sa franchise que par sa teneur, particulièrement dure, se disant surpris par de tels propos, affirmant que la déclaration de Benkirane était hors-sujet puisque, explique-t-il, «La rencontre devait être consacrée à l’action des élus communaux. Les propos du frère secrétaire général n’avaient donc aucun lien avec le sujet et ne font que creuser les différends et conflits entre nous».

Pour Mustapha Ramid, non seulement cette sortie porte atteinte aux règles devant régir toute divergence de points de vue «entre frères», mais dénote un «certain extrémisme» et une «certaine pensée unique».

Reprochant à Benkirane de ne pas faire ce qu'il dit et l’accusant d’égocentrisme, de monopolisation de la prise de décision et de dénigrement de l’action et du travail des autres dirigeants, en plus du mensonge, Ramid fait remarquer que la sortie du secrétaire général contredit ses propres orientations et directives appelant à la sérénité et l'unité des rangs, ajoutant : «Je tiens à préciser que je suis le seul à être concerné par le pèlerinage à la Mecque et le refus de participer aux élections. Et le frère secrétaire général ne sait que trop que je suis rentré au Maroc dès l’entame de la campagne électorale pour porter aide et assistance à nos candidats, notamment à Casablanca, Sidi Bennour, Oujda, Berkane, Tiznit, Laâyoune et Boujdour.

«En agissant de la sorte, le frère secrétaire général réduit à néant tous les efforts passés et présents de ses frères, à un moment crucial de la vie du parti. Il donne l’impression que le parti, c’est lui et que c’est lui le parti», rétorque Mustapha Ramid qui boycotte d’ailleurs toutes les réunions du secrétariat général, et qui est franchement et farouchement opposé à un troisième mandat de Benkirane à la tête du PJD.

Abdelilah Benkirane s’est également fait remarquer récemment par une déclaration désobligeante à l'encontre de ses «frères» du Mouvement de l’Unicité et de la Réforme (MUR) dont la plupart des dirigeants sont également hostiles à un troisième mandat de l'ancien chef du gouvernement à la présidence de la Lampe.

En face, les partisans de Benkirane fustigent les opposants. Ainsi, Amina Maelainine et Abdelali Hamieddine affirment, en réaction aux propos de Ramid, de Rebbah et des membres de la direction du MUR, que «Benkirane est un chef charismatique irremplaçable». Et, alors que Hamieddine déclare aussi légale que démocratique la décision de la commission des statuts, relevant du Conseil national, de revoir les articles 16 et 37, sa collègue encourage Benkirane à faire une tournée dans le pays, à tenir des meetings et à confirmer sa popularité pour appeler les militants à soutenir sa candidature à sa propre succession.

Toujours est-il que, aussi épineux soient-ils, ces différents ne semblent pas inquiéter, outre mesure, le principal concerné, Abdelilah Benkirane qui, comme à son habitude chaque fois qu’il est confronté à un problème mettant en jeu sa popularité, a entrepris de tenir, à son domicile, des réunions avec des sympathisants de différentes régions, dans le cadre d’une campagne de mobilisation et de recrutement de partisans au sein des sections locales du parti. Ainsi, des dizaines de Pjidistes viennent régulièrement de lointaines contrées pour «rendre visite» au secrétaire général, sans manquer, avant de repartir, de poser pour les photos de promotion destinées aux réseaux sociaux. Une manière familière à Benkirane pour redorer son blason et tenter de tordre le bras et déstabiliser ses détracteurs.

Plutôt serein, du moins en apparence, il affirme pourtant ne pas vouloir surenchérir quant aux déclarations de ses « frères d'armes » au sein du PJD, pour éviter toute scission au sein du parti et préserver son unité, dit-il.
Unité dites-vous ?
Comment peut-on encore parler d’unité alors que le PJD connaît sa crise la plus grave, qu'une guerre des chefs est déjà déclarée et que de grosses brèches commencent à apparaître dans l’enceinte de ce parti jusque là considéré comme inébranlable, en comparaison avec d’autres formations politiques nationales.

Autant dire que le fossé se creuse davantage entre les différents clans et que les rapports entre les dirigeants du parti en sont arrivés à un point de non-retour ; leurs malentendus ne sont pas près de prendre fin, chacun s’activant à étaler le linge sale du parti en public.

Ceci laisse présager un tumultueux prochain congrès des frères.
Et pourquoi pas, un éclatement de l’organisation du parti avant même la date du congrès national annoncé pour les 9 et 10 décembre prochain...
PH : DR

Par : Dr Abdelhak BAKHAT





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