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| Le plan de sauvetage de Comarit-Comanav continue à patiner |
Communiqué du PDG du Groupe Comarit-Comanav-ferry Abdelali Abdelmoula adressé le 27 Juillet 2012 à l’ensemble des collaboratrices et collaborateurs à terre et à bord
Le 15 juin dernier, je vous avais fait part d’une offre reçue, via nos interlocuteurs Italiens, d’un fond d’investissement prêt à investir 40 M Euros, sous réserve de certaines conditions de participation de l’Etat, des Banques et des partenaires sociaux au sauvetage du Groupe.
Afin de mener à bien les discussions avec les pouvoirs publics et les Banques il était indispensable de disposer au préalable de la documentation garantissant la disponibilité du montant de l’investissement prévu.
Ces éléments que nous attendions pour le 22 juin ont fait l’objet de retards successifs et nous sont annoncés maintenant pour mi Aout.
Cette situation d’attente n’est plus acceptable; aussi avons-nous tenu, hier 26 juillet des Assemblées Générales Extraordinaires des sociétés Comarit et Comanav Ferry pour engager la demande de mise en redressement judiciaire des sociétés.
Cette procédure présente l’avantage de mettre les sociétés Comarit et Comanav Ferry sous la protection de la justice, et après la désignation d’un administrateur judiciaire, de mettre en place un plan de continuité.
Ce plan de continuité, pourra s’appuyer, soit sur le fond d’investissement italien si ses propositions se concrétisent, Soit sur un projet indépendant qui devrait être proposé par un groupe de fournisseurs disposés à capitaliser leurs créances et monter un tour de table selon des modalités à définir.
Je sais les terribles difficultés auxquelles chacun de vous et vos familles sont confrontés mais je me dois de vous dire que, compte tenu de la complexité du dossier, la sortie de crise ne devrait pas intervenir avant l’automne prochain.
Je vous remercie pour votre dévouement à tous, au cours des derniers mois et vous réitère ma détermination pour continuer à œuvrer dans ce contexte à la mise en place d’une solution.
Je vous remercie vivement de votre précieuse compréhension et vous présente mes salutations confraternelles.
Abdelali Abdelmoula
On constate ainsi que, pour la première fois depuis le début de la crise, Ali Abdelmoula semble vouloir jouer la carte de la franchise avec ses collaborateurs. Dans la lettre ci-dessus, il reconnait que le rétablissement de la situation sa compagnie maritime, d’une façon ou d’une autr, ne se fera pas immédiatement, puisqu’il renvoie la reprise du dossier à l’automne prochain, annonçant ainsi, au mieux, un nouveau délai de trois à cinq mois, alors qu’aujourd’hui, l’actif et le passif du Groupe s’inscrit dans le noir : 11 navires immobilisés (Al Mansour, Marrakech, Marrakech Express, Mistral Express, Ibn Battouta, Boughaz, Banassa, Bni Ansar, Berkane, Biladi, Bissat, Boraq) ; 7 mois de retard dans le paiement des salaires et de cotisations sociales pour plus de 1800 salariés ; 400 Millions de dirhams de dettes fournisseurs et 1,2 Milliard de DH de dettes bancaires.
D’autre part, l’ensemble du personnel du groupe reste sur sa faim, devant se contenter, pour le moment et jusqu’à nouvel avis, des « regrets et des remerciements » du PDG.
Le Groupe fait également face à une autre menace, celle de se voir retirer par l’autorité compétente les autorisations d’exploitation des lignes dont il détient la jouissance, et cela pour défaut du respect de l’engagement de performances souscrit dans le cahier des charges.
Le plus important et le plus urgent donc pour la compagnie c’est de réaliser son redressement judiciaire afin de poursuivre les négociations dans un climat plus serein.
Le tribunal de commerce de Tanger statuera sur l’ouverture de la procédure au plus tard dans les deux semaines suivant sa saisie de l’affaire, après avoir recueilli les témoignages nécessaires des dirigeants.
La procédure de mise en redressement n’est prononcée que si la situation de l’entreprise n’est pas irrémédiablement compromise. Si c’est le cas, cela permettrait la mise en place d’un plan de continuité pour permettre de poursuivre les discussions avec des repreneurs potentiels dans un climat plus serein.
A la suite du jugement d’ouverture qui sera notifié par le greffe du tribunal, un avis sera publié dans un journal d’annonces légales, ainsi qu\'au Bulletin Officiel par lequel les créanciers sont invités à déclarer les montants dus au syndic nommé par le juge.
L’activité de l’entreprise pourra se poursuivre même après le prononcé du redressement judiciaire. Au cours de la procédure, un syndic de gestion est mis en place ou alors le tribunal nommera un administrateur judiciaire, est seul habilité à exiger l’exécution des contrats en cours. Il peut être chargé par le jugement, soit de surveiller les opérations de gestion, d’assister dans la gestion ou d’assurer seul l\'exploitation.
Il prépare ainsi la solution avec le concours ou l’assistance éventuelle d’un ou plusieurs experts. Le syndic dresse le bilan financier, économique et social de l’entreprise et propose soit un plan de redressement assurant la continuation de l’entreprise ou sa cession à un tiers, soit la liquidation judiciaire.
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