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Crise Comarit-Comanav Ferry: L’empire Abdelmoula à la dérive
Il fut un temps où le Groupe maritime Comarit-Comanav Ferry naviguait en pleine expansion, alors qu’il était conduit, de main de maître, par son PDG Abdelali Abdelmoula qui faisait valoir ses qualités de grand gestionnaire perspicace maîtrisant tous les domaines de la finance et de la navigation maritime.

Grâce à un Conseil d’Administration à la hauteur de la tâche et un talentueux Directeur général, M. Houari, peu visible mais bien rôdé à la tâche, l’ensemble coiffé par le PDG Abdelali Abdelmoula, le Groupe maritime brassait un très important chiffre d’affaire générant d’importants bénéfices.
Néanmoins, le vent a tourné avec l’arrivée du fils junior Samir Abdelmoula, relayant son père au poste de PDG du Groupe Comarit-Comanav. On assistera alors à la survenue de problèmes en cascade parmi lesquels le départ volontaire du Directeur général n’ayant pu s’adapter à la nouvelle situation, davantage compliquée par le « remerciement » du Directeur financier, en autres cadres émérites.
C’est ainsi qu’on assistera au début de la fin de la compagnie à cause d’une gestion désastreuse ayant précipité le déclin du Groupe maritime.
Les malheurs de l’Empire Abdelmoula ne s’arrêteront pas là, puisque le fils Samir a embrassé une carrière politique à travers une entrée spectaculaire au Parti Authenticité et Modernité (PAM) qui le projettera aux postes de maire de Tanger et de conseiller à la deuxième Chambre du parlement. Et là, on assistera à un transfert de la gestion catastrophique de la Compagnie maritime Comarit-Comanav-Ferry, à l’hôtel de ville de Tanger où les problèmes se sont cumulés, paralysant d’une manière quasi-totale, l’expédition des affaires publiques et celles des citoyens. Il aura fallu plusieurs mois pour que, finalement, on se rende compte de la nécessité de forcer le départ du maire-fantôme Samir Abdelmoula, et son remplacement à la tête du Conseil de la ville. A la surprise générale, l’intéressé se refugiera immédiatement après au sein du Parti Justice et Développement puis passera ensuite le flambeau à son père qui est parvenu à décrocher un siège de député dans la circonscription de Sidi Kacem. On connaît la suite.
Pendant ce temps, alors que le Groupe maritime Comarit-Comanav Ferry continuait dans sa lancée vers la dérive, un individu mal intentionné, répondant au nom de Taoufik Ibrahimi, alléché par l’idée de récupérer la compagnie Comanav-Ferry dont il avait été précédemment le Directeur général, édifiait un plan diabolique pour affaiblir davantage l’empire Abdelmoula, avec le dessein de s’approprier ladite compagnie.
Néanmoins, le pot aux roses sera découvert et Taoufik Ibrahimi, a été récemment interpellé et conduit dans les locaux de la Brigade nationale de la Police judiciaire (BNPJ) en compagnie d’autres personnes dont un responsable d’une centrale syndicale et un ancien directeur des ressources humaines de la compagnie.
Selon une source digne de foi, ce serait un certain Mohamed Rami, très proche de M. Taoufik Ibrahimi, mis sur écoute depuis plusieurs mois, qui aurait mené les enquêteurs vers M. Ibrahimi sachant que ce dernier aurait manigancé une stratégie avec un véritable scénario machiavélique pour faire couler le Groupe maritime Comarit-Comanav de Abdelali Abdelmoula. Dans son entreprise aventureuse, Ibrahimi serait, néanmoins allé trop loin en touchant à des intérêts stratégiques de l’Etat, en incitant, semblerait-il, un syndicat à déclencher des grèves sauvages au port de Tanger Med. On en connaît les conséquences fâcheuses.
Par ailleurs, on reprocherait à M. Ibrahimi, qui avait supervisé l’audit de Comanav avant sa cession à un groupe français, d’avoir surévalué la compagnie, un constat fait tardivement par les Français qui avaient payé un montant de 200 millions d’euros pour l’acquisition de Comanav et de Comanav Ferry ; une crise diplomatique entre la France et le Maroc avait été alors évitée de justesse, après que l’Etat marocain soit intervenu dans cette affaire en incitant Comarit à racheter des parts du groupe français, lui offrant pour cela le soutien de la Banque populaire. Mais Comarit, qui avait donc acheté Comanav Ferry, se serait aperçu, à son tour, de la surévaluation de l’entreprise, et sa direction avait décidé d’en saisir la justice.
Tous ces dysfonctionnements conjugués aux manigance de Ibrahimi et consorts ont précipité le Groupe Comarit-Comanav Ferry dans une situation dramatique. Aujourd’hui, alors que voilà bientôt six mois que le groupe Comarit-Comanav Ferry est en arrêt d\'activité à cause de la mise en saisie conservatoire de plusieurs unités de sa flotte et que tous les plans de sauvetage ont échoué, le PDG Abdelali Abdelmoula tire sa dernière carte, annonçant une entente avec des « interlocuteurs » italiens prêts à investir 40 millions d’euros pour sauver sa compagnie. Cet investissement italien est néanmoins conditionné par une importante contribution financière du gouvernement marocain de l’ordre de 25 millions d’euros ; une participation des banques par des abandons de créances et le rééchelonnement sur 10 ans des dettes résiduelles ; un rééchelonnement des dettes fournisseurs et l\'accord des organisations syndicales pour une garantie de paix sociale de 5 ans.
Or, pas plus tard que cette semaine, le ministre de l’Equipement et du Transport, M. Aziz Rebbah a donné à M. Abdelmoula jusqu’à la fin de ce mois de juin pour statuer sur l’avenir de sa compagnie et résoudre le problème de ses salariés impayés depuis le début de la crise. S\'il ne réagit pas dans le délai imparti, le ministre serait obligé de faire appel à d’autres sociétés qui accepteraient d’employer les marins du Groupe Comarit-Comanav Ferry.
On ne voit donc pas encore le bout du tunnel dans cette triste affaire…à moins d’un miracle.
Et pour que ce miracle puisse se réaliser, nous serions tentés de conseiller à notre ami Abdelali Abdemoula de s’orienter vers Dieu dans ses prières et de profiter de l’avènement du mois sacré de Ramadan pour multiplier les actes de charité… !
Abdelhaq BAKHAT




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