|
|
 |
 |
| Bab Marsa dans la médina de Tanger: Fin des travaux de reconversion de la Forteresse portugaise en espace de créativité |
Journées portes ouvertes du 15 au 17 juin 2012
C’est dans la soirée d’hier vendredi qu’ont été lancées les Journées Portes marquant la fin des travaux de réhabilitation et de conversion de la Forteresse portugaise située à Bab Marsa, dans l’ancienne médina de Tanger, en « espace d’échanges et de créativité, d’ouverture et de tolérance, réconciliant Tanger avec sa mémoire », comme aiment l’appeler les membres de la Fondation Tanger Al Madina (FTAM), principal initiateur et maître d’ouvrage délégué du projet, en partenariat avec l’INDH, la wilaya et la mairie de Tanger, la Société d’aménagement du port de Tanger (SAPT) et la mairie de Malaga.
Lors d’une conférence de presse tenue à l’occasion, mardi au siège de la FTAM à la Légation américaine, on apprendra que le financement de ce projet qui a nécessité une enveloppe budgétaire de 2,5 millions de dirhams, s’est fait dans le cadre de l’Initiative nationale du développement humain (INDH), avec la contribution financière de la wilaya et la mairie de Tanger, la Société d’aménagement du port de Tanger (SAPT) et la mairie espagnole de Malaga.
Le site connu sous diverses appellations : Tour portugaise, Top Hana, Borj Hajoui, Terrassa ou encore Bab Marsa, sera désormais ouvert à la population en tant que lieu culturel et artistique, par excellence, explique Mme Hanae Bekkari, vice-présidente de la FTAM, dans un exposé avec diaporama à l’appui, développant les différentes phases des études et des travaux, et les objectifs du projet qui aspire à raviver l’histoire de la médina et de la Forteresse portugaise ; réconcilier les habitants avec le cadre bâti ; initier les femmes et les enfants de la médina à l’éducation civique, à travers des activités artistiques ; s’approprier le lieu par les habitants pour une pérennité de l’action et la réhabilitation de l’espace.
Cette réalisation qui cible essentiellement la population de la médina, femmes, enfants et jeunes, mais aussi le grand public à l’échelle nationale et internationale, sera focalisée sur des créations artistiques ; des formations ; des échanges en faveur de ladite population ; des ateliers de formation des enfants et des jeunes par des artistes professionnels tels que musiciens, plasticiens, scénographes, Gnaouas, etc, et des expositions d’œuvres, notamment en rapport avec la médina, entre autres activités artistiques en plein air, explique Mme Bekkari.
Le programme des trois Journées Portes ouvertes comprend l’ouverture des différentes salles au public et la vulgarisation des méthodes de formations en musique gnaouie et classique, en arts plastiques et en acrobatie ; de la création chorégraphique, en son et lumière et une jam-session entre artistes.
La journée de demain dimanche sera consacrée à la célébration des arts plastiques à partir de 11 heures.
L’un des grands avantages du site de Borj Al Hajoui, est qu’il se situe sur le flanc bas de la médina, à Bab Al Marsa, accès principal à la médina à partir du port lui-même en cours de reconversion, sachant que la médina se place, elle-même dans un contexte touristique riche par ses aspects culturel, artisanal, architectural et commercial, où l’on retrouve l’essence même de la culture marocaine.
Pour le professeur Adil Alaoui Hafidi, Président de la FTAM, la réalisation du projet de la Forteresse de Bab Marsa constitue un maillon important dans la série de projets aspirant à la sauvegarde, la préservation et la réhabilitation de la médina en tant que noyau imprégné de culture et chargé de l’histoire d’une population.
Selon M. Alaoui Hafidi , « Ces réalisations relèvent du devoir collectif incluant la participation des habitants qui ne doivent pas rester en marge car, dira-t-il, l’espace de la Médina s’invente, se réinvente, s’ajuste, s’approprie, se restructure, s’unit, se désunit, rassemble, s’oppose, se construit et se produit, au gré de ses habitants et selon les ressources qu’ils mobilisent ».
Evoquant le rôle de la Fondation Tanger Al Madina (FTAM), dans un ensemble de démarches, le président de cette Fondation a rappelé que la FTAM est une ONG dont le but est justement de préserver, sauvegarder, réhabiliter et réconcilier la médina avec sa population.
« Nous avons créé des cours d’alphabétisation pour les femmes de la médina de Tanger, en arabe, en espagnol, en français et en anglais, ciblant un public jeune dont notamment des demandeurs d’emploi afin de les insérer dans la vie socio-économique », indique l’intervenant, ajoutant qu’à travers ces cours, la FTAM s’assigne pour objectifs de lutter contre l’analphabétisme, promouvoir l’alphabétisation et la formation professionnelle, aider à l’insertion de la femme dans la vie socio-économique, créer un environnement propice pour son instruction et l’éducation de ses enfants.
La Fondation encadre également à un certain nombre d’enfants vivant dans des quartiers difficiles de la Médina, pour favoriser leur épanouissement par le biais de la peinture, du sport et de l’informatique, dans un esprit de rehausser leur confiance en eux, et cultiver entre eux un esprit d’équipe, le respect d’autrui, le savoir et le pouvoir de s’exprimer dans des ateliers pratiques, conclue le Président.
Pour sa part, Me Ahmed Guennoun, Président de l’association Nassaïm Al Andalous, estime que « la mythique médina de Tanger étant devenue « orpheline », doit retrouver son identité, sa légitimité, la consolidation de son patrimoine fragilisé, et bénéficier d’une remise en valeur à travers la lutte contre la pollution et les constructions anarchiques, et l’amélioration de l’assainissement, dans l’optique d’obtenir une médina durable, bénéficiant d’un développement durable » conclura l’intervenant.
M. ABOUABDILLAH
|
|
|
|