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Conférence rotarienne A Tanger
Crise économique internationale: Le problème grec et ses conséquences Le Maroc très peu touché !

Dans le cadre de ses activités culturelles, le Rotary club féminin Tanger Spartel a organisé, dans la soirée de mercredi au Solazur hôtel à Tanger, une très importante conférence en relation avec la crise économique internationale, sous le thème «Le problème grec et ses conséquences » animé par l’expert Ali N’aït Annaga, ancien Conseiller de LL.MM. Mohammed V et Hassan II, et ancien secrétaire général du ministère de la Défense, entre autres importantes fonctions occupées.

Ont pris part à cette rencontre économico-culturelle, la présidente du club organisateur, Mme Malika Benslimane et les membres de son club; les présidents et des membres des autres clubs rotariens de Tanger, ainsi que de nombreux invités de marque dont des opérateurs économiques, des enseignants universitaires, des étudiants et plusieurs représentants de la société civile.
L’éminent conférencier a commencé par repositionner la Grèce dans son cadre antique, remontant à l’époque classique du IVe siècle av. J.-C. et après, où Périclès, Hippocrate, Ptolémée, Platon et Aristote ou encore Socrate, étaient considérés comme les fondateurs de la philosophie, les Inventeurs de la logique et les précurseurs de l\'investigation scientifique ( NDLR : médecine, anatomie, physiologie, physique, chimie, mathématiques, astronomie, trigonométrie, géométrie, géographie, météorologie, zoologie, botanique), soulignant que certaines productions du monde grec ont eu un rôle majeur dans le développement de la civilisation occidentale, et une influence sur le monde arabo-musulman, parue notamment dans les travaux des illustres chercheurs Avicenne (Ibnou Sina) et d’Averroès (Ibnou Rochd) qui ont marqué, en profondeur, l’histoire de la science et de la philosophie.
De retour à la Grèce contemporaine, M. Ali N’aït Annaga rappelle que l\'économie de la Grèce était l\'une des plus dynamiques avec un taux de croissance de 4,2 % grâce notamment à l\'apport de capitaux étrangers. Cette économie avec une baisse des taux d\'intérêts, permettait à la Grèce de financer d\'importants déficits structurels.
Mais, malgré cette apparence, le pays connaissait quelques faiblesses qui ne sont apparues qu\'après l\'adhésion de la Grèce à l\'Union européenne, puis son entrée dans la zone euro, souligne le conférencier, précisant que cette adhésion elle-même s\'est faite d’une façon très superficielle, voire inconditionnelle, ayant suscité par la suite des controverses en raison des particularités économiques de ce pays mais aussi d\'accusations de falsifications de ses comptes publics, ce qui est apparu, plus tard, comme une tricherie.
La Grèce ne se doutait pas qu’en intégrant l\'UE dans ces conditions, elle se piégeait elle-même par le manque de transparence, notamment dans la présentation de sa dette publique, sachant que la tricherie apparaîtrait plus tard, a affirmé le conférencier, expliquant que depuis son entrée dans l\'euro, cette dette a toujours été supérieure à 100 % du PIB. La crise financière de 2007-2010 et la crise économique qui a suivi ont particulièrement touché la Grèce. Ses deux principaux secteurs économiques, le tourisme et le transport maritime, ont été sévèrement affectés et ont vu leur revenu chuter de 15 % en 2009. Le taux de chômage s\'est élevé à 10,3 % au quatrième trimestre 2009 contre 7,9 % un an plus tôt. Les jeunes entre 15-29 ans ainsi que les femmes sont les plus touchés avec un taux respectif de 20,4 % et 14 %, soit près du double de celui des hommes.
La dette publique s\'élevait à 142,5% du PIB à la fin du premier trimestre 2011 et devait représenter 158 % du PIB à la fin de 2011.
En volume, la dette hellénique a atteint le montant de 350 milliards d\'euros à fin 2011.
On considérera alors, trop tard, que l\'adhésion de la Grèce à l\'UE il y a trente ans, et que son entrée dans l\'euro il y a dix ans avaient été \"des erreurs\" d’appréciation de ses capacités à faire partie de l’Union.
La crise grecque marque de façon plus globale le début de la crise de la dette dans toute la zone euro et atteint d\'autres pays comme l\'Espagne, le Portugal et l\'Italie, mais, ce qui fait la spécificité de la crise grecque par rapport aux autres pays de la zone euro, c\'est l\'ampleur de ses problèmes structurels et notamment sa difficulté à prélever l\'impôt.
Cela a conduit l\'UE à créer une force opérationnelle pour aider l’État grec et, avec le FMI (Fonds monétaire international), on conclura un accord portant sur des prêts d\'un montant de 550 milliards d\'euros, conditionné par la mise en place par la Grèce d\'un ajustement structurel. Par ailleurs, la crise grecque pousse les pays à réformer les structures de la zone euro.
Depuis mai 2011, la Grèce a dû à nouveau faire appel aux pays européens et au FMI. La crise connaît une seconde période de tensions. En particulier, elle entraîne de nouveaux débats entre Européens dont certains économistes ont commencé à avancer que, face à l\'ampleur de la dette et à l\'importance de la charge des intérêts, la seule issue pour la Grèce serait de sortir de la zone euro et de dévaluer, seule solution, selon ces auteurs, permettant de redonner un souffle à la Grèce et à l\'économie de repartir. Les positions allant dans ce sens ont augmenté à mesure que les problèmes du pays s\'accroissaient.
Dès lors,, une question s\'impose avec acuité et elle est posée avec pertinence par M. Ali N’aît Annaga : la Grèce doit-elle quitter l\'euro?
Dans sa réponse, le conférencier signale deux tendances : pour les uns, ce serait un désastre économique et politique; pour les autres, ce serait plutôt une solution salutaire, dira-t-il.
A partir de là, on peut considérer que l’idée de quitter l’euro pourrait effectivement constituer pour la Grèce une issue pour son problème qui n\'est pas seulement un problème d\'endettement excessif, mais aussi un problème de compétitivité insuffisante. Cependant, la restructuration de la dette grecque — jugée désormais incontournable — résoudra le premier problème, mais pas le second. Sans une dévaluation franche et massive de sa monnaie, la Drachme, la Grèce devrait faire baisser les prix et les salaires d\'environ 30 % pour rétablir sa compétitivité. Un processus long, politiquement conflictuel (tous les prix et les revenus ne baissent pas au même rythme) et économiquement suicidaire pour un pays criblé de dettes.
Donc, à première vue, le scénario d\'une sortie de l\'euro peut paraître effectivement salutaire, cependant, il devient de plus en plus douteux à mesure qu\'on le considère en détail, car il fait l\'impasse sur les détails pratiques de l\'opération : changer de monnaie ne se fait pas du jour au lendemain ; il faut d\'abord le décider et le faire approuver par les instances législatives du pays, puis le mettre en place. Il faut aussi imprimer des billets, frapper des pièces et surtout reprogrammer les caisses des magasins, les guichets automatiques, les ordinateurs, etc.
Autant dire que d\'ici à ce que la nouvelle Drachme voit le jour, tous les déposants un tant soit peu avertis auront le temps d\'imaginer ce qui les attend : la conversion de leur pécule en une monnaie vouée à s\'effondrer. Ils se précipiteront alors pour vider leur compte en banque et sortir leur argent du pays. Un phénomène qui a déjà d\'ailleurs commencé… mais qui prendrait là une toute autre ampleur. D\'autant qu\'on n\'imagine pas la Banque centrale européenne (BCE) continuer à soutenir les banques d\'un pays qui s\'apprête à quitter le navire de l’UE. Bref : «le système bancaire grec serait détruit avant même que la Grèce quitte la zone euro».
En outre, qu\'adviendrait-il des dettes de la Grèce ? Les contrats régis par la loi grecque seraient libellés en «nouvelle Drachme», mais les autres resteraient en euros. Les nombreux agents endettés à l\'international seraient étranglés par des dettes devenues de ce fait encore plus exorbitantes, notamment les banques, s\'il en reste encore debout à ce stade.
Et pire encore : il ne faudrait plus compter sur la moindre source de financement extérieur, ni privée, ni publique. Comment le gouvernement paierait-il alors les fonctionnaires ? Soit il baisserait encore un peu plus leurs salaires – ce qui serait peu vraisemblable vu ce qu\'ont déjà subi les Grecs -, soit il utiliserait sa nouvelle autonomie monétaire pour faire fonctionner la planche à billets. Un jeu qui peut dégénérer en hyperinflation. Bref : système bancaire à terre, inflation forte voire débridée, appauvrissement généralisé… Des désordres économiques de cette ampleur font généralement le lit de la violence sociale et politique.
Enfin, une fois la Grèce sortie de la zone euro, ses maux risqueraient de se transférer rapidement à d\'autres Etats membres. Et si on généralisait la cure par amputation des membres «malades», cela reviendrait à un démantèlement de la zone euro, ce qui avait été d’ailleurs déjà envisagé il n’y a pas longtemps. Le coût économique en serait incalculable et les conséquences politiques potentiellement considérables. Sur fond de dislocation du marché intérieur et de défauts tous azimuts, on voit mal comment le projet européen pourrait y survivre.
C’est donc bien parce que la solution de la sortie de la zone euro serait catastrophique que sa probabilité est faible. Mais elle n\'est pas nulle. Un pays ne peut certes pas être expulsé de la monnaie unique, mais il peut être poussé à en sortir. Si l’on se lasse de voir la Grèce manquer à ses engagements, et qu’on décidait de couper ses financements et, surtout, si la BCE (Banque centrale européenne) cessait de fournir de la liquidité aux banques grecques, alors Athènes n\'aurait plus d\'autre choix que d\'abandonner l\'euro. Le cas de figure n\'est pas prévu par les traités. Cela signifie qu\'aucune règle ne l\'encadre : difficile donc de croire à la possibilité d\'un \" divorce à l\'amiable \" qui minimiserait les dégâts.
C’est dire que le tableau n’est pas aussi rose qu’on peut l’imaginer!
A une question de l’auditoire de la conférence rotarienne de mardi, relative à la répercussion potentielle de la crise grecque sur l’économie marocaine, M. Ali N’aît Annaga estime que la protée ne serait pas tellement grande étant donné la nature et la dimension réduite des échanges commerciaux entre les deux pays, sinon à travers le Statut avancé accordé au Maroc par l\'UE
Soulignons à ce propos que le volume des échanges commerciaux entre le Maroc et la Grèce a connu une forte croissance entre 2005 et 2009. Durant les neufs premiers mois de l’année 2010, la valeur des échanges commerciaux a atteint 1518.6 MDH. Par ailleurs, une baisse importante des exportations marocaines vers la Grèce a été relevée, passant de 1604,4 MDH en 2007 contre 897,6 MDH en 2008 et 830.8 MDH en 2009. Les investissements grecs au Maroc sont également faibles : en 2009, ils ont atteint 1,3 Mdhs, soit une baisse par rapport à 2008 où un volume de 2,1 Mdhs.




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