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| Grande soirée de gala au profit des Enfants autistes de Tanger |
L’Association des Parents et Amis des Enfants Autistes de l’Institut Princesse Lalla Meryem de Tanger (A.P.A.E.A.), a organisé dans la soirée de samedi 12 mai courant au Mövenpick- hôtel à Tanger, un grand dîner de gala et une tombola, avec la gracieuse participation d’éminents artistes marocains dont le distingué ténor de la chanson marocaine, le professeur Abdelouahab Doukkali ; le brillant comédien Mohamed El Khyari ; les deux jeunes lauréats de Studio 2M, Lamie Zaïdi et Mouhcine Salaheddine; la diva Yousra, le réputé animateur de télévision Imad Ntifi et le chanteur populaire Ahmadoullah Rouicha qui a hérité l’art de son défunt père Mohamed Rouicha.
Les fonds de cette soirée sont destinés à la gestion de l’A.P.A.E.A. et de l’école de l’Association des Jeunes Autistes de Tanger.
Ont pris part à cette soirée caritative plus de 300 convives dont plusieurs invités de marque comptant le Consul général de France à Tanger, M. Pierre Thénard ; l’Emir Saoud du royaume d’Arabie Saoudite et l’artiste égyptien El Hiloue, entre autres. Etaient évidemment présents, le directeur de l’Institut Princesse Lalla Meryem de Tanger le Dr M’hamed Diouri ainsi que la présidente Fadila El Majda et les membres de l’A.P.A.E.A.
Dans le hall d’accueil, le talentueux artiste-peintre Saïd Qadder exposait ses œuvres aux couleurs chatoyantes et aux thèmes quasiment marocains représentant, entre autres, «Les chevaux de la liberté », «La femme touareg », « La Fantasia» ou encore le «Thé marocain».
L’artiste Qadder au eu l’amabilité de surprendre l’assistance en offrant au professeur Abdelouahab Doukkali une fantastique et merveilleuse peinture représentant le chanteur en action avec son réputé luth entre les mains. M. Doukkali s’est montré très ému devant tant de délicatesse de la part de l’artiste-peintre et face au tonnerre d’applaudissements de la salle.
La manifestation qui s’est ainsi déroulée dans une ambiance festive grâce à l’engagement spontané et au dévouement inconditionnel de nos artistes précités, a été notamment marquée par l’allocution prononcée par la présidente de l’association organisatrice qui a brossé à la nombreuse assistance un tableau succinct des activités de son association.
La présidente Fadila El Majda, elle-même mère d’un enfant autiste de 16 ans, a indiqué que l’A.P.A.E. compte des membres de familles d’enfants atteints de cette pathologie; d’amis ; de professionnels de l’autisme et de membres bienfaiteurs.
Elle a précisé que son association, créée en 2003, possède un statut particulier et qu’elle siège au Conseil d’administration de l’Institut Princesse Lalla Meryem de Tanger, institut pilote inauguré en 2002, lui-même placé sous la tutelle du ministère de la Femme, de la Famille, de la Solidarité et du Développement social.
L’A.P.A.E.A a pour objectifs de base de collaborer avec l’Institut en matière de diagnostic précoce de l’autisme, d’apprentissage élémentaire et de scolarisation de base pour une meilleure intégration scolaire, de guidance parentale ; de formation et recyclage des éducateurs et d’organisation de rencontres de sensibilisation sur l’autisme, une maladie encore très mal connue au Maroc.
Institut Princesse Lalla Meryem pour enfants autistes
à Tanger
Dans un nouveau grand pas vers les personnes handicapées, SM le Roi Mohammed VI avait inauguré mardi 9 juillet 2002 à Hay Branes à Tanger « l’Institut Princesse Lalla Meryem pour enfants autistes ».
Ce centre est une véritable première car il est l’un des premiers centres spécialisés à accueillir les enfants souffrant de ce type de handicap.
Aujourd’hui, le centre accueille en régime de demi-internat, une quarantaine d’enfants âgés de 4 à 18 ans auxquels il dispense un soutien psychologique et pédagogique et les dote d’une qualification éducative et sanitaire. Ensuite, ces jeunes sont orientés vers l’école spécialisée de l’Association des Jeunes Autistes, également présidée par Mme Fadila El Majda.
L’institut Princesse Lalla Meryem pour enfants autistes s’étend sur une superficie totale de 5.000 m2, dont 1.500 m2 couverts comptant plusieurs services administratifs, éducatifs et sanitaires.
Un premier pavillon regroupe les services de rééducation et de soins médicaux et paramédicaux. Un deuxième rassemble des salles dédiées à l’éducation et aux travaux manuels. Un troisième est consacré à l’orientation. Enfin, le centre est complété par un espace vert pour la récréation et la distraction des jeunes pensionnaires.
En fait, c’est quoi l’autisme ?
Le terme d’autisme, utilisé par l’américain L. Kanner en 1943 et emprunté au psychiatre suisse Eugen Bleuler, caractérise la non communication avec le monde extérieur, non communication se traduisant notamment par un évitement du regard.
L’autisme est sans doute le pire des handicaps, parce qu’il ne se voit pas, ne se remarque pas, n’est pas compris. C’est une pathologie due à une anomalie du développement neurologique pendant la période de maturation du cerveau. Ce syndrome appartient à la famille des troubles envahissants du développement.
La sévérité et la forme de ces troubles varient grandement d’un enfant à l’autre. Ces troubles, qui durent toute la vie, peuvent être associés à d’autres handicaps : déficience intellectuelle, troubles sensoriels ou moteurs, maladies génétiques, épilepsie… L’autisme se présente de façon différente d’un enfant à un autre.
Actuellement, les personnes atteintes d’autisme sont presque systématiquement dans l’incapacité de s’insérer socialement et professionnellement puisqu’elles n’ont pas librement accès à une éducation et ne bénéficient pas d’une prise en charge adaptée à leurs problèmes.
L’autisme se caractérise par l’invisibilité, les troubles de la communication, les troubles de l’interaction sociale, les troubles du comportement, les troubles de la personnalité, les troubles alimentaires.
«L’autisme est un trouble du développement du très jeune enfant, souvent sévère, qui peut engendrer un handicap important», explique le docteur M’hamed Diouri, directeur de l’Institut Lalla Meryem pour enfants autistes de Tanger.
L’enfant autiste souffre d’un problème au niveau de la structuration de l’information reçue par ses sens. Il est incapable de se concentrer sur les informations fondamentales. Par exemple, dans un endroit bruyant, l’enfant autiste accorde autant d’importance aux bruits environnants qu’à la voix d’une personne lui adressant la parole. Il se trouve donc continuellement confronté à un véritable déluge de sons, d’images, d’odeurs, sans savoir quoi en faire.
Parmi les symptômes et diagnostic de la maladie chez le bébé, il y a le retard dans l’apparition du langage, l’évitement du regard et le repli sur lui-même, le privant du développement de sa créativité.
Quelques signes peuvent alerter les parents : le calme du bébé ; des insomnies sans pleurs ; un déficit du tonus; un bébé qui ne fixe pas son regard, et un bébé qui a l’air de ne pas entendre.
Chez l’enfant au moment de l’apparition du langage : enfant qui reste immobile ou qui effectue des gestes répétitifs; ne fait pas de phrase, ne prononce pas les mots en entier; manque d’intérêt pour les jeux, à l’exception des jeux de lumière, de sable ou d’eau.
Le diagnostic de l’autisme intervient avant l’âge de trois ans, mais bien souvent, les symptômes ne sont détectés qu’après 3 ans, à l’entrée en maternelle.
Aujourd’hui encore, en raison du manque de diagnostic adéquat et de services adaptés, de nombreuses personnes atteintes d’autisme ne bénéficient pas d’une prise en charge adaptée à leurs besoins.
L’expérience a pourtant démontré que le meilleur traitement pour les personnes autistes est une éducation précoce et spécialisée qui vise à rendre l’environnement plus accessible à la personne autiste et à combler les déficits particuliers de chacun.
«L’enfant autiste nécessite une prise en charge psychopédagogique et thérapeutique supervisée par un pédopsychiatre, un orthophoniste, un psychomotricien, un kinésithérapeute, un pédiatre et, bien entendu, les parents», explique Dr Diouri, soulignant le fait que ces apports auront plus d’effet s’ils interviennent le plus précocement possible.
« Plus le diagnostic est précoce, plus l’enfant a de chances de corriger petit à petit ses troubles de comportement », estime le médecin-directeur de l’Institut Lalla Meryem. A ce propos, la présidente de l’A.P.A.E.A, Mme Fadila El Majda, déplore le fait que la plupart de nos pédiatres ne soient pas formés pour opérer un diagnostic précoce de l’autisme chez le nourrisson ou le jeune enfant.
«Ces spécialistes de la santé infantile devraient avoir la capacité de diagnostiquer le mal de manière à en faire atténuer les effets», affirme Mme El Majda, considérant que cette spécialisation s’impose aujourd’hui comme une nécessité évidente et non pas comme un choix.
La présidente s’interroge, d’autre part, les larmes aux yeux, sur le devenir des jeunes autistes, une fois adultes. A ce sujet, elle avait déjà préconisé la création d’un centre régional pour aider ces jeunes, grâce à un encadrement adéquat, à acquérir un potentiel leur permettant une prise en charge partielle et une insertion relative dans la vie active.
Témoignage d’une mère en détresse
« A partir de six mois, j’ai remarqué que mon fils avait des troubles du comportement. A quinze mois, il faisait des crises d’épilepsie », confie la mère de Imad, 7 ans ; « Le diagnostic est venu à 4 ans lorsque le médecin m’a fait entendre le mot « autisme » pour la première fois : Imad ne peut ni aller aux toilettes, ni manger sans y être aidé. Il faut que je l’assiste dans tous ses gestes quotidiens», explique cette mère en détresse, ajoutant que l’état de son fils rend son intégration sociale extrêmement difficile.
Mais, la mère de Imad a, au moins, la chance si l’on peut dire, de savoir ce dont son fils souffre, ce qui n’est pas le cas de bien des parents.
L’autisme au Maroc
et dans le monde
«Il n’existe pas de statistiques exactes sur l’autisme au Maroc», affirme le Dr M’hamed Diouri, ajoutant qu’au niveau mondial, ce syndrome est 4 fois plus fréquent chez le garçon que chez la fille et touche environ 2 à 4 enfants sur 10 000. Des études cliniques ont démontré que 10 à 20 personnes sur 10.000 en présentent beaucoup de symptômes et pourraient donc être inclues dans le «continuum autistique».
Au Maroc, les patients vivant avec des symptômes de cette pathologie, seraient de 60 000 environ ».
L’autisme est effectivement une pathologie très mal connue au Maroc, mais, malgré les insuffisances, elle est de mieux en mieux prise en charge. Cette maladie, longtemps méconnue dans le monde, fait que les spécialistes ont du mal à s’entendre sur le traitement le mieux approprié.
En France, les psychiatres parlent en général de psychose, c’est pour cette raison que les enfants autistes sont le plus souvent placés dans des établissements spécialisés. Alors qu’en Amérique du Nord, on s’accorde à dire que ce dont ils ont besoin, c’est un accompagnement adapté intégrant les milieux scolaire et familial. C’est sur cette philosophie que repose souvent le travail des différentes associations pour enfants autistes au Maroc.
M. ABOUABDILLAH
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