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| Exposé à Tanger de la présidente nationale de l’AMDH sur le droit de protestation au Maroc |
La présidente de l’Association marocaine des droits humains AMDH, Khadija Riyadi, se trouvait vendredi 14 janvier à Tanger où elle a animé au Centre Ibn Batouta des Enseignants, une rencontre sur le «droit de protestation au Maroc».
Un événement on ne peut plus opportun, ayant coïncidé au moment de sa célébration avec l’annonce par les médias du monde entier de la fuite du dictateur Ben Ali après la vague de manifestations que la Tunisie a connues dernièrement, et dont la répression violente s’est soldée par plusieurs dizaines de morts à la mémoire desquels une minute de silence a été observée au début de la rencontre.
Le président de la section locale de l’AMDH, Me Abdelmounaïm Rifaï, a rappelé la tenue d’une conférence de presse une semaine auparavant, justement pour dénoncer le non respect par les autorités locales de Tanger du droit de protestation pacifique pourtant garanti par la loi. En effet, la section tangéroise de l’AMDH s’est vu dernièrement interdire plusieurs manifestations pacifiques, soit de soutien à la cause palestinienne ou de commémoration de journées mondiales. Lorsque ces interdictions n’avaient pas été préalablement notifiées par écrit, invoquant des raisons sécuritaires, elles ont été appliquées in situ avec la dispersion à coups de matraques.
Dans son exposé, Khadija Riyadi a essayé de mettre l’accent sur les excès de l’approche sécuritaire qui prévaut chez les responsables Marocains, mettant en garde contre la répression qui pourrait conduire aux heurts et à l’émergence de la violence.
La présidente de l’AMDH a insisté en outre sur la légalité de convoquer des arrêts protestataires au Maroc, indiquant que les autorités n’ont pas le droit de les interdire et que leur organisation n’est pas assujettie à une autorisation quelconque, invoquant à cet effet les dispositions de la loi et la jurisprudence marocaine.
Mettant en relief les critères de l’intervention des forces de l’ordre, Khadija Riyadi a rappelé qu’ils représentent un service public, payé par le contribuable, qui est sensé le protéger au lieu de l’agresser, faisant valoir par là que lesdits critères ne sont pas justifiables dans la mesure où les protestations pacifiques ne constituent aucun danger ni pour la sécurité publique ni pour l’intégrité physique des éléments des forces de l’ordre.
Un débat très animé a suivi l’intervention de la présidente de l’AMDH qui a eu plusieurs éclairages sur le type de manifestations et protestations qui s’organisent à Tanger, ainsi que les incidents qui opposent parfois les manifestants aux forces de l’ordre qui chargent pour disperser généralement sans recourir aux sommations préalables stipulées dans le code des libertés publiques.
Abdel ilah Abbad
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